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Orthographe et calcul mental

Deux scientifiques ont fait une grande étude pour étudier les facteurs qui prédisent dans le jeune âge la réussite scolaire, et un bon cursus professionnel. Deux élements crèvent le plafond : être bon en calcul mental et connaître l’orthographe ! Cela parait si élémentaire, si évident (les grands-mères de nos grands-mères l’auraient dit) qu’ils ont appelé cela « la mémoire de travail ». La formule est plus nouvelle que « connaître son orthographe », qu’utilisaient les vieux instituteurs.

Reste que c’est vrai ! Et que cela revient au facteur essentiel qui est en danger en l’état actuel de la société : la capacité d’attention, et d’une manière plus globale, la maîtrise de soi. Je reviens aux scientifiques. Un ouvrage magistral d’un Américain (Roy Baumeister), « Losing control », démontre comment et pourquoi « la perte du contrôle de soi est la pathologie sociale majeure du temps présent ». Cette phrase est la première du livre, malheureusement non traduit en français. Jeux, tabac, télé, alcool, violence, tout à la fois causes et symptomes. Voilà un vrai sujet de vraie politique.

Je me rends compte que je dis de plus en plus souvent dans ces billets « j’y reviendrai », parce que je les écris vite et que je ne traite pas un sujet de manière aussi approfondie qu’il le mériterait. J’effleure. C’est le genre du blog : un jeu rapide de balles que l’on lance et renvoie. Merci à tous ceux qui jouent avec moi !

Question de notoriété (17)

Une lettre aux militants de Bordeaux (évoquée dans les commentaires du billet précédent) fait état du manque général de notoriété des élus municipaux PS, disant que le meilleur d’entre nous ne dépassait pas 5%.

Ne sachant à qui exactement est destinée la lettre, je suis obligée de rétablir dans ce blog les chiffres du sondage Sofres (celui qui a donné Juppé vainqueur à 54% et s’est avéré juste dans presque tous ses chiffres)

. Delaunay, bonne opinion 35%, notoriété 56% (et non 5 %!)

. Hurmic  » 25%  » 44%

. Respaud  » 23%  » 40%

Que ce manque de précision (et même un peu plus) est déplaisant ! Je me souviens de ceux qui disaient avant la désignation que les sondages ne devaient pas dicter notre choix. J’avais, dans celui qu’a diligenté par le parti socialiste, le double exactement de Jacques sur les deux critères évoqués. Je n’en ai pas fait état.

Soyons loyaux, soyons forts, soyons unis !

Coup de grisou (16)

Coup de grisou intense après les résultats du scrutin municipal, que je n’arrive à extérioriser que ce soir. Hier, aujourd’hui (aujourd’hui à vrai dire j’étais à l’hosto, les enjeux sont d’un autre ordre), j’ai gardé « the stiff upper lip », « la lèvre supérieure raide » que recommandaient les militaires britanniques sur tous les terrains de bataille.

Eh bien, ce soir, tout simplement je suis tristou et cafardou. Disons-le tout de go, après avoir entendu presque chaque personne au centre social du Grand Parc (d’où je reviens), me dire que j’avais eu grand tort de me retirer de la candidature à la tête de liste ; parce que je m’interroge sur ce qu’aurait pu être mon apport si je ne l’avais pas fait. J’ai beaucoup souhaité -ce blog en porte la trace dans les archives des mois précédents- mener une liste d’union en face d’Alain Juppé. Je suis sûre que chacun comprend que je m’interroge.

Parce que, parce que…. Parce que sans doute je suis plus faite de questions que de réponses. C’est une de mes blagues favorites pourtant quand quelqu’un dit dans une salle de réunion « Avez-vous des questions ? » , je dis en écho « non, je n’ai que des réponses ». Tout le monde reste médusé. La blague est plus profonde qu’il n’y parait.

Chaque candidat porte une campagne différente. L’important a été pour moi d’être aux côtés de Jacques, complémentaire, proche, amicale, attentive. Je sais, je sais maintenant, après quelques années, peu nombreuses, mais découpées dans la maturité de mon âge et de ma vie professionnelle, ce que je peux apporter au parti socialiste, et plus important à ce qu’on appelle la gauche. Je sais aussi que l’un et l’autre ne sont pas exempts de pesanteurs, de difficultés à être pleinement en prise sur le monde qui va à une vitesse inégalée au cours des siècles précédents. Nous devons en toutes choses nous situer en tête de la modernité. Relisant (souvent) Jean Jaurès, le resituant dans son siècle, je mesure chaque fois combien il était à l’avant des idées. A-t-il jamais été moins compris des mineurs de Carmeaux ?

Je ne suis ni Jean, ni Jeanne, ni Pierre, ni Paul. Je suis moi. Et je suis en politique pour que chacun puisse dire la même chose et sentir qu’il compte, qu’il a un rôle, qu’il doit le mener à son meilleur, et que les moyens doivent lui en être donnés.

Petit secret en effet, confidence entre les confidences : au pire d’un coup de grisou, se demander pourquoi on est là, qu’est-ce qu’on veut vraiment, le dire ou mieux encore l’écrire.

Ca marche. La plupart du temps.

Abstention

Alain Juppé a affirmé hier soir que le taux d’abstention était faible pour une élection municipale partielle. En réalité il est au contraire le « deuxième plus fort » des quatorze municipales partielles survenues depuis un an (villes de plus de 3500 habitants)

Le champion est Goussainville : 41 % de participation au lieu de 44 hier à Bordeaux . Mais tout proche de nous, à Gujan Mestras : 57%

Et rappelons Balkany se représentant après sa condamnation : 53%, Mellick à Béthune : 58%

Notre faible taux Bordelais confirme cette décrédibilisation du scrutin que j’évoquais dans le billet précédent.

Lendemain d’élection

Je rentre d’une « double-matinée », hôpital d’abord (où je retourne), Conseil général en deuxième mi-temps. Je dis cela pour expliquer la brièveté de cette première analyse.

Les résultats de ce scrutin sont avant tout pour moi l’objet d’interrogations.

1 – Comment faire mieux percevoir l’impérieux besoin où nous sommes d’une pratique républicaine ferme ? Dans le désordre de notre société, dans les enjeux du monde, la République doit être l’épine dorsale de l’action politique et de la vie citoyenne. Cela a été le sens de notre dénonciation des manquements d’Alain Juppé à cette règle, lui qui pourtant s’attribue un destin national et devrait avoir une double obligation de rigueur. Les Bordelais l’ont compris, mais ne l’ont pas traduit en votes. Beaucoup se sont dits « puisque les dés sont à ce point pipés, pourquoi nous déplacer ? ».

C’est au demeurant une grosse responsabilité d’Alain Juppé d’avoir décrédibilisé ce scrutin municipal, pourtant le plus cher au coeur des citoyens. Jamais le taux d’abstention n’a été aussi fort dans une municipale à Bordeaux .

2 – Comment améliorer nos résultats ? Nous avons augmenté notre nombre de voix, gagné un siège mais nous n’avons pas contrecarré le bon pourcentage d’Alain Juppé. Donc comment progresser ?

Deux premières pistes de réflexion :

– consolider l’image du PS à Bordeaux. Pour cela un point décisif : bannir toute intervention publique tirant contre notre propre camp et condamner ceux qui en prennent le risque pour des intérêts qui leur sont personnels. Je plaide au PS pour la création d’un comité d’éthique susceptible de statuer sur ces interventions malencontreuses. Dans notre parti, comme dans notre pays, à Bordeaux comme ailleurs, personne ne se sauvera seul. Chaque pas fait en arrière pour le groupe fait reculer la position de chacun.

– être plus visibles dans nos prises de parole, dans nos actions. Je voudrais que chacun prenne en charge un sujet où il sait avoir de l’expertise, bosse les dossiers, en fasse le point dans nos réunions, s’exprime dans nos quotidiens. Je voudrais que nos sections s’ouvrent et reçoivent des experts extérieurs, organisent des rencontres et une fois encore en rendent compte dans les médias. Je vais casser les pieds à tout le monde : je crois qu’on ne travaille jamais assez.

Je suis déjà en retard pour repartir à l’hosto. Je le dis simplement : j’aimerais continuer à m’interroger, tellement j’en sens la nécessité pour nous tous. Les points que j’ai soulevé paraissent bien généraux. Ils ne sont pas sans rapport avec cette campagne.Il y en a bien d’autres. Nous ne ferons pas l’économie de la réflexion et de propositions.