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« Il faut tenir ! »

Le « Monde » et sa page électronique s’invitent décidément de manière régulière dans le blog. En ouvrant mon ordi à l’instant, les premiers mots de Ségolène Royal devant le bureau national du PS, transformé en conseil de campagne. La salle était pleine, discours, conseils et commentaires avaient commencé avant son arrivée . Trois mots : « il faut tenir ! ».

Tout est dit. Pas un mot des petits débats, des interrogations qui planaient ici ou là, un ordre simple, et pourrait-on s’amuser à dire, un ordre juste. En tout cas, un ordre, de ceux que l’on se fait à soi même volontiers par gros temps ou ciel de cafard.

Un micro avait été ouvert dans la salle, l’enregistrement a été transmis au journal « le Monde » qui en restitue l’essentiel. Elle a dit ce qu’il faut dire, fait ce qu’il faut faire : ne pas s’attarder, poser des actions, être soi.

Soyons nous-mêmes. Rien de moins et, si possible, un peu plus.

Ma grand-mère, l’écologie et la bêtise durable

Ma grand-mère était une formidable écologiste et ne le savait pas. En réalité je suis de parti pris : mes deux grands-pères l’étaient aussi, comme leurs parents respectifs. Tous savaient qu’il faut une réserve de pluie quand on est agriculteur, qu’on éteint la chandelle quand on sort d’une pièce et qu’on couvre l’âtre pour la nuit. Tout ce monde, campagnard pourtant, aurait souscrit à « La charte de l’écologie urbaine » qui nous a été présentée aujourd’hui en Conseil Municipal par le premier écologiste de l’UMP, Alain Juppé.

Le vocabulaire est important, et permet d’habiller de vêtements nouveaux ce qui s’appelait autrefois tout simplement le bon sens. Les trente pages de cette charte ne contiennent à vrai dire aucune innovation. Nous avions sur notre banc la charte de la ville de Rennes près de dix ans plus tôt, les propositions qui nous sont faites aujourd’hui y étaient incluses. A Rennes comme à la municipalité de Bordeaux on va réduire désormais le nombre de milliers de ramettes de papier qu’on utilise dans les services, on luttera contre les fuites d’eau (c’est mon ami Gaüzère qui a souligné cette démarche innovante), on conseillera de rouler à pied ou en vélo… Excellent, aurait dit ma Grand-mère l’écologiste ! Excellent, mais certainement pas élémentaire puisque tout cela est « durable ».

Ca, ma grand-mère n’y avait pas pensé : elle appelait économie ce qu’on appelle « développement », mais pas n’importe quel développement, celui qui est « durable ». Ma grand-mère ne parlait pas anglais, et d’ailleurs ceux qui ont traduit le mot « sustainable », pas beaucoup mieux. D’accord « soutenable », traduction littérale de « sustainable » (qu’on peut porter sans risque, qu’on peut assumer) n’est pas bien compréhensible en français. Mais « durable » est carrément un contresens. Il y a dans le document municipal que nous a soumis Alain Juppé une phrase dont je cherche désespérément toujours le sens « il faut faire la ville durable sur elle même ». Dessus, dessous, j’ai cherché, je n’ai pas trouvé ce qu’était une ville durable sur elle même et j’en appelle aux amis du blog. La bêtise durable, ça oui, je sais ce que c’est, et je garantis qu’elle est non seulement durable, mais éternelle.

Je ne suis pas restée en reste question « bon sens durable ». Plusieurs pages du document municipal sont consacrées à la gestion des bâtiments. En éco-langue « comment faire qu’une maison ou un bâtiment soit durable sur lui même ? ».

Bonne question… Pas un mot dans le doc, des ascenseurs de plusieurs tonnes pour élever d’un étage une pimprenelle d’un dizième de quintal. J’étais juste avant le conseil municipal dans un bâtiment public où personne ne savait où était l’escalier. Juré ! Et donc la pimprenelle, ça a été moi. Ma grand-mère n’aurait pas été contente.

Pas un mot non plus, du principal économiseur d’énergie que procure la construction la plus simple (type la maison de ma grand-mère) ou le bon sens le plus simple encore…

Vous brûlez ? Vous donnez votre langue au chat ?

Et bien cet économiseur d’énergie incroyablement efficace, c’est l’éco-volet ! Je n’ose pas dire « le volet », car j’aurais carrément l’air d’une pomme, d’une qui a rien compris à l’écologie durable. En ce moment même, on dépose des volets dans les bâtiments du Grand Parc malgré les alertes que j’ai faites à plusieurs reprises après la grande canicule. Ce soir encore, je suis passée devant plusieurs bâtiments publics, largement chauffés qui ne disposent d’aucun moyen d’obturer de vastes parois vitrées pendant les nuits d’hiver ou de protéger de la chaleur l’été.

J’ai donc demandé que le document comprenne un chapitre des bonnes pratiques de la construction et de la gestion des bâtiments incluant l’existence de volets et l’incitation à les fermer chaque soir. C’est moins cher que la géothermie, moins encombrant que les panneaux solaires, moins bruyant que les éoliennes, plus sûr que le bio-carburant 3/4 choux-raves, 1/4 jus de carottes. Et pour peu qu’on les prenne en bon bois de chez nous, c’est garanti durable.

Chiche, qu’avec des trucs comme ça, si Jacques Chirac était informé, il me nommerait moi aussi sa grande écologue. Et ma grand-mère avec moi.

Discours de Sarko, suite

Plus que jamais, il faut affirmer, réaffirmer et démontrer par les faits, les mesures prises, la négociation avec les forces syndicales : le travail est une valeur de gauche *. On a maintenant accès au texte écrit du discours de Nicolas Sarkozy et pas seulement aux notes prises par les journalistes. Il en donne la preuve.

Ses choix pour la « valorisation du travail » (la formule est décalquée de celle de Ségolène, au moins il sait lire) laissent pantois. Le premier exemple qu’il donne est le bouclier fiscal à 50%. Exemplaire, en effet, de la révalorisation, version UMP.

Mais qu’est-ce que « revaloriser le travail » ? A quoi est due cette « dévalorisation » fustigée par Sarkozy ?

Un premier point, dévastateur pour le moral de tous les travailleurs, c’est le différentiel des salaires. Que le PDG d’un grand groupe, avec ou sans stock options, puisse gagner 500 et jusqu’à 700 fois plus que son salarié au SMIC n’est pas acceptable. Qui en effet peut croire, peut accepter qu’une heure de la vie d’un homme vale 500 fois plus qu’une heure de la vie d’un autre ? Qui en effet peut demander au petit salarié de se retrousser les manches s’il sait que son travail est, à ce point, méprisé ? Rien n’a plus de valeur, la société vacille à être compréhensible.

Les exemples de cette dévaluation du travail ne sont pas à chercher dans les 35 heures, dont je n’ai pas été et dont je ne suis pas une fanatique. On y trouvera de petits éléments (mes infirmières devant trouver 10 minutes là, un quart d’heure ici pour arriver à absorber la diminution du temps de travail, alors qu’elles dépassent bien souvent leurs horaires, et qu’elles continuent de le faire).

Les exemples sont dans les conditions de travail et les bas salaires .

Ils sont dans cet irrespect du travail qui accompagne la politique de la droite, ou du moins que la politique de la droite ne cherche aucunement à freiner. Où est la valeur travail quand une jeune femme habitant Cenon a 20 heures de travail par semaine comme caissière à Auchan ; deux heures le matin, deux heures en milieu d’après-midi ? Où est le respect ?

Nous devrons nous battre sur les conditions de travail et le juste salaire. Oui, le travail est une valeur de gauche. Il a permis à l’ascenceur social de fonctionner, il a permis l’émancipation des femmes, il est notre place dans la société, comme le logement est notre place sur terre.

De l’amusement que j’évoquais dans le billet précédent, je suis passée en lisant le discours entier à ce fond de révolte qui est à l’intérieur de nombre d’entre nous. Nicolas Sarkozy parlant de morale et d’exemplarité dans l’exercice républicain.. Je n’aime jamais trop ces simplifications, mais Johny Hallyday, son ami, son soutien affiché, dont la fortune a été faite par les Français de tous niveaux qui achètent ses disques et qui délocalise cette fortune pour n’avoir rien à leur rendre…

nb : « Le travail, une valeur de gauche », était un des trois thêmes de ma campagne pour les élections législatives en 2004 (voir commentaire 4 du billet précédent)

Lui aussi a changé..

La page de garde du « Monde » électronique apparait sur mon ordinateur et me tient informée en temps réel et dans un bienfaisant silence du brouhaha du monde, le monde sans majuscule, le monde tout court, le monde immense.

Je n’ai pu m’empêcher de sourire en découvrant le leit-motif du discours d’investiture de Nicolas Sarkozy. « J’ai changé… ». J’ai changé parce que j’ai connu le doute (incroyable !), l’épreuve personnelle (incroyable encore, je croyais qu’il ne devait plus en parler)…

Je passe sur toutes les raisons qui l’ont fait changer, qui tiennent une bonne page. Sans doute y avait-il à faire. La liste se conclut par une phrase que je laisse à votre méditation « la grandeur de l’homme, c’est son humanité ». Ca c’est fort ! Le petit Nicolas a eu raison d’en appeler aux mânes du grand Blaise Pascal dans son introduction : trouver une raison de cette incontestable profondeur à la grandeur de l’homme, ça c’est la marque d’un vrai philosophe.

Tous ces hommes de l’UMP qui mettent toute leur énergie à nous convaincre qu’ils ont changé, ça ne me laisse pas sans interrogation : ou le besoin était bien grand, ou le changement est bien incertain.

La Galette du canton Grand Parc-Jardin Public

La grande salle de la mairie de quartier était pleine (220 à 250 personnes), l’atmosphère chaleureuse, et la galette bonne ! Une fête simple et amicale pour célébrer l’année nouvelle qui va être si décisive pour notre pays, notre ville et notre canton. Nous votons quatre fois en 2007, six dans les dix-huit mois qui viennent, et ceci déterminera la manière dont nous voulons véritablement entrer dans le XXIème siècle.

A Bordeaux, c’est à deux femmes qu’est confié un enjeu considérable : les élections législatives. Beatrice Desaigues qui était bien sûr présente à la Galette dans la première circonscription, et moi dans la seconde, la « circonscription des deux rives » qui englobe tout le centre de Bordeaux et la Bastide. Circonscription emblématique géographiquement, puisque elle est la seule purement bordelaise, emblématique politiquement puisqu’ elle est détenue par la droite depuis 62 ans, et que la candidat de droite est Alain Juppé.

Si nous l’emportons, l’avenir de Bordeaux ne sera plus le même.

Nous avons échangé beaucoup de voeux mais aussi de volonté d’être à la hauteur de ces différents enjeux !