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Lui aussi a changé..

La page de garde du « Monde » électronique apparait sur mon ordinateur et me tient informée en temps réel et dans un bienfaisant silence du brouhaha du monde, le monde sans majuscule, le monde tout court, le monde immense.

Je n’ai pu m’empêcher de sourire en découvrant le leit-motif du discours d’investiture de Nicolas Sarkozy. « J’ai changé… ». J’ai changé parce que j’ai connu le doute (incroyable !), l’épreuve personnelle (incroyable encore, je croyais qu’il ne devait plus en parler)…

Je passe sur toutes les raisons qui l’ont fait changer, qui tiennent une bonne page. Sans doute y avait-il à faire. La liste se conclut par une phrase que je laisse à votre méditation « la grandeur de l’homme, c’est son humanité ». Ca c’est fort ! Le petit Nicolas a eu raison d’en appeler aux mânes du grand Blaise Pascal dans son introduction : trouver une raison de cette incontestable profondeur à la grandeur de l’homme, ça c’est la marque d’un vrai philosophe.

Tous ces hommes de l’UMP qui mettent toute leur énergie à nous convaincre qu’ils ont changé, ça ne me laisse pas sans interrogation : ou le besoin était bien grand, ou le changement est bien incertain.

La Galette du canton Grand Parc-Jardin Public

La grande salle de la mairie de quartier était pleine (220 à 250 personnes), l’atmosphère chaleureuse, et la galette bonne ! Une fête simple et amicale pour célébrer l’année nouvelle qui va être si décisive pour notre pays, notre ville et notre canton. Nous votons quatre fois en 2007, six dans les dix-huit mois qui viennent, et ceci déterminera la manière dont nous voulons véritablement entrer dans le XXIème siècle.

A Bordeaux, c’est à deux femmes qu’est confié un enjeu considérable : les élections législatives. Beatrice Desaigues qui était bien sûr présente à la Galette dans la première circonscription, et moi dans la seconde, la « circonscription des deux rives » qui englobe tout le centre de Bordeaux et la Bastide. Circonscription emblématique géographiquement, puisque elle est la seule purement bordelaise, emblématique politiquement puisqu’ elle est détenue par la droite depuis 62 ans, et que la candidat de droite est Alain Juppé.

Si nous l’emportons, l’avenir de Bordeaux ne sera plus le même.

Nous avons échangé beaucoup de voeux mais aussi de volonté d’être à la hauteur de ces différents enjeux !

Ethique

Un mot, avant que la course de l’actualité nous le fasse oublier. Comme beaucoup d’entre vous sans doute, j’ai été très choquée du « Un million d’euros pour la Corse » que Nicolas Sarkozy a apporté dans son bagage en allant visiter l’Ile.

N’est-il pas candidat déclaré et bientôt investi à l’élection présidentielle ? Qu’est-ce que ce mélange des genres ? Va-t-il faire le tour des départements avec une enveloppe pour chacun… que devra honorer le prochain gouvernement ?

Je plaide (à plusieurs reprises dans ce blog) pour que le PS s’honore de mettre en place en son sein un comité d’éthique pour sanctionner les manquements à l’esprit des lois et à la déontologie. A Bordeaux comme au plan national l’UMP n’est pas avare de ces manquements, mais la même exigence serait de mise dans nos rangs.

Espérons que Nicolas Sarkozy, dès son investiture, se retirera de son poste de ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, gardien de l’ordre, républicain et démocratique y compris.

Filles et fils de don Quichotte (5)

La charge évocatrice des la littérature une fois encore démontrée… Don Quichotte, qui n’avait à ma connaissance qu’un ami (Sancho) et une vieille jument (ransinante) a maintenant des enfants, plus nombreux chaque jour.

Nombreux à Bordeaux en cette fin de matinée grisâtre et mollement pluvieuse. Les tentes ont poussé d’un coup, petits champignons ronds autour des dernières cabanes du marché de noël et du très beau manège des allées de Tourny. « Le peuple, c’est tout le monde », m’a dit Madeleine qui est une des voix de ce blog (je ne sais comment dire: commentatrice est faux, vos prises de paroles sont beaucoup que des commentaires). Le peuple, en effet c’est tout le monde, ceux que j’appelle les citoyens, ceux que je voudrais appeler tout simplement les humains, les frères humains, selon les mots de François Villon, aussi définitifs que ceux de Cervantès.

La force de l’action des enfants de don Quichotte, est double : faire prendre conscience de la profondeur du problème des pas/mal/ou trop chers/logés. Exercer une pression sur les pouvoirs publics, qui comme on le voit chaque jour ne bougent que sous l’action d’une forte poussée se conformant ainsi scrupuleusement au principe d’Archimède. Les petites tentes rondes font beaucoup plus qu’abriter, bien sommairement et bien insuffisamment, les SDDT (sans domiciles du tout) de nos villes.

Les paroles d’Hugues Martin (tiens, pourquoi Hugues Martin, où est Alain Juppé ?) dans Sud-Ouest ce matin m’ont sidérée. Il accuse le mouvement « de prendre en otage une population en difficulté »; « C’est indécent… ».

« Indécent » est un de ses mots favoris. Indécent en effet de vouloir abriter, porter au grand jour la détresse de ceux qui n’ont plus un lieu, une place, un refuge et un rempart sur terre. Indécent, en effet, de ne pas se suffire des mesures municipales (quelles mesures ?), du repas « des plus démunis », une fois par an… Tout cela, ajoute-t-il « répond largement »aux besoins immédiats. Ce « largement » est une perle absolue, que ne paraissaient pas apprécier à sa juste valeur ceux qui étaient ce matin allées de Tourny, et qui mettaient leur prénom sur la tente qui allaient bien mal les abriter pour les jours à venir.

Initiative et responsabilité sociale des citoyens : le logement (4)

Je le reconnais, voilà un titre façon « le Monde » il y a une vingtaine d’années : austère et descriptif. Cette notion d’initiative et de responsabilité sociale des citoyens fait partie des quelques idées auxquelles je m’accroche. Les lecteurs du blog en ont déjà eu de nombreux échos.

L’actualité des mois précédents illustre grandement cette notion : de la réévaluation des pensions des « tirailleurs sénégalais » après le film « Indigène » à l’activisme de ces dernières 48 heures en faveur du logement, l’actualité politique est boostée par des initiatives et des actions citoyennes. Pour dire mieux, le gouvernement actuel ne fait d’avancées que sous la pression des citoyens et le relais de media. Un autre exemple est la conversion rapide des élus UMP -jusque dans notre ville- à un écologisme militant après le livre de Nicolas Hulot et le film d’Al Gore. Au passage : quand les politiques redeviendront-ils des montreurs de chemin plutôt que des suiveurs de media ?

Je m’éloigne de mon objet principal : le logement. Facteur numéro 1 de la « santé sociale », concrétisation de notre place sur terre, comme le métier concrétise notre place dans la société, le logement est entrain de devenir le facteur numéro 1 de la discrimination et de la souffrance sociale. Les villes, qui ont des été des lieux de rassemblement et de mélange se « ghettoisent ». Autrefois la ségrégation sociale se manifestait principalement par l’étage d’habitation. L’étage « noble » était le premier, voir le second, le rez de chaussée était réservé aux services et aux commerces, les derniers étages aux « chambres de bonne ». On était malgré tout proches. Où est maintenant la proximité entre des quartiers à 100% d’habitat social et des quartiers à 0% ; des villes entières comme Neuilly à 2,5% quand Nicolas Sarkozy en était le maire ?

Comment se sentir bien, se développer et s’instruire bien si l’on est un enfant, dans un appartement de 60 ou 80 m2 où l’on est cinq ou six personnes, avec une télé qui marche en permanence et un canapé devant faisant office de lieu de repas ???

Mais la discrimination majuscule, c’est bien sûr l’absence de logement. Une des visiteuses de ma permanence, en grande difficulté malgré sa formation et son intelligence, me disait il y a très peu : « je ne vais pas pouvoir maintenir mon appartement ? Mon fils est à l’école, que ferons-nous ? ». L’expression « maintenir mon appartement » m’a marquée. C’est le dernier bastion permettant où s’accrocher.

La bataille du « droit opposable », si rondement menée sous l’effet de la concurrence Chirac-Villepin ne me laisse pas sans interrogations. Je ne parle pas de la concurrence en question : pour elle, je n’ai que des réponses.

Mon interrogation tient au mot « opposable » et à ce qu’il recouvre ou parait recouvrir, car je ne suis pas sûre qu’il soit clairement défini. Faire une procédure contre l’Etat, est-ce bien la clef du problème, ou plutôt est-ce la meilleure manière de le résoudre ? Le moyen de pression sur les pouvoirs publics est positif, nous en avons la preuve -et c’est pour cela que je suis partagée dans ma position-, mais son application n’est pas obligatoirement positive (quel logement ? quel hébergement? Où cela ?), ni rapide. Droit au logement n’est pas synonyme de droit à la procédure.

Il me semble que des mesures concrêtes telles que celles que vient de proposer Ségolène Royal dans ses voeux (service public de la caution, surtaxation des logements inoccupés, établissements immobiliers d’Etat…) constituent une réponse plus posée, plus réfléchie et somme toute plus positive . J’en appelle à vos avis, et à ceux qui autour de moi ont bien voulu constituer un groupe de travail et de propositions sur le sujet. Cette réflexion pragmatique est aussi de notre responsabilité sociale.