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bonsoir

Je rentre tard d’un long meeting au Grand Parc, autour du député européen communiste Francis Wurz. Interventions et commentaires du public ont été nombreux, proches des réalités, sans tension. Peut-être est-ce la voix très calme de Francis Wurz qui a donné le ton, il n’y a eu ni aggressivité, ni interpellation mais au contraire une volonté véritable d’améliorer la vie de tous. J’ai accueilli public et orateurs en ma qualité d’élue territoriale. Le Grand Parc est l’exemple de la politique à deux vitesses des mandatures Juppé-Martin, et je n’ai eu qu’à faire la liste des équipements qui ont fermé pendant ces dix ans, et de ceux dont l’état est plus que médiocre. C’est le contraire que nous voulons pour nos quartiers.

Il est tard. Une journée de plus a été avalée sans que j’ai eu vraiment le temps d’en prendre conscience. Je cherche, comme souvent, comme presque tous les soirs, avant de quitter cette journée ce qui en a fait la substance. Je crois que c’est cette couleur calme et presque uniforme : à l’hôpital, il n’y avait pas de nouvelle catastrophique, les résultats des scanners étaient bons, aucun de ces drames qui poignent le coeur quelque souveraineté qu’on affiche. Tout à l’heure cette réunion un peu longue mais globalement cordiale. Alors pourquoi cette diffuse inquiétude, non violente elle aussi, ce regret à me séparer de la journée sans que quelque chose d’autre se passe ?

Je le sais bien en réalité mais cela paraîtra sans doute d’une certaine vanité, au double sens de ce terme (prétention et vacuité). Je n’ai rien fait non plus qui me satisfasse vraiment, dont je puisse dire que cela marque les heures passées ; dans ces lignes elles-mêmes, rien que je pourrais souligner si je le lisais. Je comprends si bien ceux qui ne sont pas contents d’eux-mêmes et si mal ceux qui le sont toujours.

Bonsoir, bonsoir à cette journée et à ceux qui en ont partagé avec moi quelques instants sur l’écran transparent de leur ordi.

L’égalité républicaine

L’invitée du blog est aujourd’hui Naïma Charai, conseillère régionale Elle s’exprime sur les discriminations, domaine où elle est engagée, auprès d’Alain Rousset

Merci à tous de participer à ce blog, non seulement par vos commentaires, mais sous la forme de cette « carte blanche » , consacrée à un sujet de votre choix un sujet de votre choix. Texte à envoyer à l’adresse du webmaster, ou directement à michele.delaunay2@wanadoo.fr

(suite…)

Dimanche pré-électoral

Retour très tardif du marché du Colbert où nous êtions nombreux, dans l’air doré et tiède, à vouloir expliquer aux Bordelais que, non, malgré le titre de Sud-Ouest d’hier (j’y reviendrai) les élections n’étaient pas passées et qu’elles avaient bien lieu la semaine prochaine ! Repas « municipal » avec une grande partie de notre liste autour d’huitres, de saucisses chaudes et de fromage artisanal. Moment sympathique : beaucoup venaient nous parler, prenaient une chaise et partageaient un coup de vin blanc. La conversation tournait beaucoup autour du sondage publié hier.

J’ai hésité à en parler dans ce blog de dimanche. J’ai envie davantage de me réjouir de l’harmonie entre le bleu de Delft du ciel, la lumière douce, presque poudrée, et cette chaleur d’automne si particulière, si fragile qui donne envie de ne pas en laisser perdre un instant. Le journal d’hier est à côté de moi : au-dessus d’une grande photo d’Alain Juppé, un grand titre « Juppé à 54% » (sous entendu : Juppé passe à 54%). Plusieurs personnes nous ont dit, qu’un instant, elle s’étaient interrogées « est-ce que les élections sont passées ? ». Ces personnes étaient éclairées, mais combien d’autres, plus incertaines sur les jours de scrutin, voyant de loin les piles de Sud-Ouest et les vitrines des buralistes, ont dû le penser vraiment ? La petite photo des autres candidats en cartouche confirme l’impression : c’est bien une première page de lendemain de scrutin.

Le chiffre qui interpelle, c’est que deux Bordelais sur trois pensent que la démission du conseil municipal n’était pas justifiée et que Juppé aurait du attendre la date normale du scrutin. On est réconforté, pour douter tout de suite après de la minceur de la sanction politique. J’écoutais ce matin citer à France-Culture cette belle phrase du Marquis de Sade « Français, encore un effort si vous voulez être républicains ! ». Je l’applique volontiers aux Bordelais. Puissent-ils faire cet effort dans les huit jours qui restent !

Je ne commenterai bien sûr pas l’ensemble du sondage, qui comprend en particulier l’indice de popularité et de bonne opinion des personnalités politiques bordelaises. Comment 25% des personnes interrogées peuvent-ils ne pas savoir qui est Alain Rousset, quand il s’exprime régulièrement à la télévision et que sa photo est largement dans notre quotidien régional ? J’ai des ébauches de réponse mais qui m’améneraient à trop de digressions, en particulier sur un de mes sujets favoris : la télé.

Dans les commentaires de Sud-Ouest (Dominique de Laage), je retiens un point très curieux. Comparant le résultat de notre liste tel que le donnent les 600 personnes sondées, aux résultats des élections municipales de 2001, il note notre probable progression par rapport au score de Gilles Savary. Mais curieusement, il n’attribue la concurrence des listes Teisseire et Karfa Diallo qu’à celle d’Hurmic ! En réalité six listes étaient présentes à gauche en 2001, et non trois comme aujourd’hui, et Savary a payé l’éparpillement des voix de gauche. Ce que 2002 a répété en pire. Nous avons péché de ne pas savoir l’interpréter dès 2001.

Voilà typiquement un billet de dimanche pré-électoral ! Pourtant l’air est si doux entre les fenêtres grandes ouvertes. La journée n’est pas très loin de finir alors que je voudrais qu’elle commence à peine. Qui, qui mettra à son programme un doublement de la durée des journées de dimanche, et des journées gratuites pour l’achat de trois barils de n’importe quoi. Qui en aura l’audace, en même temps que le pouvoir ?

Qui pourra répondre, à la demande, en apparence pas très socialiste, mais en réalité universelle, de Madame du Barry « s’il vous plait, encore une minute, Monsieur le Bourreau ! » ?

« Une » après-midi de dimanche

Je viens de répondre en hâte au commentaire fait par Marie au billet précédent. « Que le temps est court » disais-je en la quittant. Que le temps est court en effet, que les dimanches sont brefs ! Ce matin, tractage de notre programme municipal au marché du Colbert sous un soleil amical mais déjà marqué par l’automne. Beaucoup de contacts, une conversation fort intéressante sur la comptabilité du vote blanc, évoquée à plusieurs reprises dans ce blog.

Cet après-midi, avalé par « les choses de la vie ». J’aurais dû écrire au féminin « cette après-midi » car ce fut une après-midi de femme, dans sa concrétude, qu’au demeurant j’aime bien et que je fais avec plaisir, avec ces qualités multi-séculaires des femmes qui m’interrogent chaque fois, mais je me retrouve très bête, presque en fin de journée, et la semaine qui attend et « mon cartable qui n’est pas prêt »…

Je l’ai dit déjà souvent : la vie des femmes est multiple et c’est leur force. Mais, de temps en temps, il arrive que les héroines soient fatiguées !