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Madame, nous vous aimons..

Hommage national à Simone Veil dans la cour des Invalides. Placé, comme ce fut le cas des hommages précédents (Stephane Hessel, Pierre Mauroy..) sous le signe de la grandeur, mais cette fois et avec justesse, Emmanuel Macron, a souhaité le préciser et le relier à la personnalité  remarquable de Simone Veil. De tout cela, je souhaite que ce blog conserve la trace.

Tous, et plus encore, toutes, nous nous associons à cet hommage, et même si ce rôle ne fut pas signalé souvent, je le fais aujourd’hui à la Ministre de la santé, qui, grande fumeuse comme l’était le President Jacques Chirac, fit du tabac une de ses causes.

Européenne, qui déclarait quelques mois à peine après sa sortie des camps que « rien ne se ferait en Europe sans l’Allemagne et ne manifesta jamais de signes de haine envers ce peuple; porteuse de la loi sur l’avortement sur laquelle aucun gouvernement n’est jamais revenu et ne reviendra. Juive avec honneur et, une fois encore avec grandeur, quand elle condamna l’adoption par chaque écolier français d’un enfant victime de la shoah, laquelle avait été décidée par Nicolas Sarkozy.

Elle, savait ce que porter la mémoire d’un drame, signifiait.

Fichu caractère, amie et belle pratiquante de la langue française, pouvons-nous dire d’elle autre chose que ce qu’a dit Ormesson en conclusion de son discours d’accueil à l’académie

– « Madame, nous vous aimons… »

 

Sans cravate, sans culotte ou… sans pantalon ?

Jean Luc Mélenchon a fait le buzz plusieurs jours durant en déclarant que désormais les « sans cravate » seraient à l’Assemblée les dignes successeurs des « sans culotte ».

Moins révolutionnaire peut-être, mais plus spirituelle, Michèle Alliot Marie avait en son temps installé une petite révolution à l’Assemblée, dont les effets perdurent aujourd’hui dans un consensus général et pacifique.

L’interdiction du pantalon pour les femmes au sein de l’hémicycle n’a été levée que très récemment, alors même d’ailleurs que l’usage de ce vêtement était largement installé. La pionnière fut la Ministre biarrote à l’occasion de son premier portefeuille ministériel. Elle était alors une belle jeune femme très regardée et elle usait volontiers de ce privilège. Elle s’aventure ainsi un jour vers la tribune où elle allait s’exprimer dans un élégant tailleur pantalon…

Elle approchait des premières marches, qu’un huissier s’approche d’elle :

-« Madame la Ministre, puis-je vous rappeler que le pantalon est interdit dans cette enceinte … »

Michèle Alliot-Marie se retourne aussitôt vers ses collègues et lance, à très haute voix pour que chacun l’entende :

– « Qu’à cela ne tienne, Monsieur l’huissier, voulez-vous que je l’enlève ?  »

Rires étouffés mais généraux : le pantalon féminin avait fait son entrée dans la chambre haute … Il y demeure et pour ma part, je préfère cette façon de faire la révolution, à celle, péremptoire, du tribun Mélenchon..

 

Obsolescence politique programmée

Une vraie tristesse, presque une blessure d’avoir vu le groupe parlementaire fait de 30 députés qui se sont présentés avec courage sous l’étiquette « parti socialiste » renoncer à ce beau mot pour désigner leur groupe.

Leur choix de « nouvelle gauche » est insipide et surtout éminemment périssable : en politique tout ce qui est « nouveau » disparait à courte échéance. « Nouvelle donne », « nouvelle voix », « nouvelle voie ».. n’ont pas fait long feu. L’obsolescence de « nouvelle gauche » n’est pas moins programmée.

Et puis quelle impression désastreuse de débandade, d’abandon de ce qui est le noyau de l’atome socialiste : les valeurs d’égalité, l’universalité et la prestigieuse histoire de conquête sociale que de grands noms et de grands moment illustrent !

Ces députés socialistes ne sont que trente : raison de plus pour ne pas jouer « petit bras ». Les députés girondins de la révolution étaient moins nombreux encore mais ils demeurent et demeurerons dans l’Histoire quand « Nouvelle gauche » ne laissera pas la trace d’un ongle.

 

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Mettre la campagne en ville

En mai 68, fleurirent des slogans merveilleux dont l’un fait aujourd’hui bon office, en le modifiant tant soit peu : « Mettre les villes à la campagne ».

C’est aujourd’hui « Mettre la campagne en ville » qui peut rendre cette dernière vivable et lui permettre de conjuguer santé et agrément. Les efforts de « densification urbaine » des procureurs de l’écologie sacrifient bien souvent les espaces végétalisés à l’appétit des promoteurs. Exemple à Bordeaux dans le quartier hier bien nommé du « Grand Parc » où se concentrent les efforts de rattrapage du retard de la ville en logement social, au détriment de l’aération et de la disposition « sans vis-à-vis » du bâti.

Le projet de végétalisation urbaine que j’ai présenté à l’occasion des élections législatives à la fois dans mon bilan (pour les propositions déjà faites à Bordeaux) et dans mon programme  fait aujourd’hui des émules sur les médias sociaux : la canicule de la semaine qui vient de s’achever a rappelé brusquement les avantages de l’ombre. Qui dit « ombre » dit de préférence « arbre » à « mur » et la fraîcheur ne se trouve guère dans la minéralisation urbaine dont le Maire de Bordeaux n’a que trop abusé.

La santé a aussi beaucoup à voir avec les espaces naturels et les scientifiques ont démontré que vivre à leur proximité était facteur de longévité et de santé. Outre l’ombre, arbres et arbustes oxygènent l’air, reposent la vue, amortissent les bruits, apaisent et rafraîchissent. Le jardinage a été identifié comme une activité décisive contre le vieillissement, à la fois par l’activité physique qu’il procure mais aussi parce qu’il est un investissement sur l’avenir, capacité qui protège du repli.

La nature est aussi une grande enseignante : elle élargit le vocabulaire, apprend le cycle des jours et des saisons, fait découvrir le jeu fugitif des couleurs et des odeurs. Pas d’artiste, qu’il soit peintre, musicien ou écrivain, qui n’ait trouvé en elle son fond de connaissances. Je plaide pour une ville qui soit non seulement verte mais botanique, où l’on indique le nom des plantes, des arbres le long des rues. On n’aime bien que ce qu’on sait nommer et le goût de la nature se développe en en apprenant le langage. Je préfère une « avenue des micocouliers » à une « place Stalingrad », tout en rendant hommage au poids de souffrances que porte le nom de cette ville.

Agriculture et jardinage urbains, récupération des eaux pluviales, compostage public, végétalisation des voies et des rues, murs de lierre accueillants aux oiseaux nicheurs, fontaines et bassins .. Et si la politique retrouvait la fraîcheur des slogans d’il y a 50 ans ?

 

Mais que vient faire la corrida dans l’écologie ?

Le nouveau Ministre d’Etat, Nicolas Hulot, vient de donner sa première grande déclaration programmatique : pollution, boues rouges et … Corrida !

Mais que vient donc faire la corrida dans les compétences de son Ministère et dans les siennes ? Les grandes prairies andalouses où sont élevés les « toros » de corrida sont elles moins écologiques que les étables XXL où sont condamnés à vivre les bovins des élevages français ? Et quand bien même, la question du bien être animal relève me semble-t-il du Ministère de l’agriculture.

Le débat que j’ouvre par cette question n’est pas « pour ou contre la corrida » mais bien celui des attributions du Ministre-reporter vedette de la télévision. L’intitulé exact de son Ministère est « Ministère de la transition écologique et solidaire », ce qui mériterait précision. J’ai pensé d’abord à une solidarité inter-humaine, laquelle manque beaucoup dans ce gouvernement (familles, âge, exclusion..) mais peut-être s’agit-il d’une solidarité plus cosmique entre  règne animal et végétal.