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Plan pauvreté : bonne copie qu’il reste à… enrichir !

Bonne note à la copie du Président de la République concernant le plan pauvreté. Mais comme pour tous les candidats à un examen auquel ils ne se sont pas frottés encore : demande à être confirmé en fin d’année ; en l’occurrence, en fin de quinquennat.

Un candidat plus tendu, plus nerveux qu’à l’habitude, quelquefois presque sarkozien dans son expression et ses mimiques, preuve qu’il n’est pas sur ce sujet aussi assuré que sur tant d’autres. Voyons-le comme une preuve de détermination et d’exigence, y compris vis à vis de lui-même.

Je partage à 100% toutes les mesures concernant la petite enfance, l’acquisition du langage et celle de la langue (voire de 2). Les jeunes cerveaux souffrent doublement de la privation sous n’importe quelle forme, mais ils sont capables d’apprendre et d’acquérir en proportion. Bravo !
Manque seulement l’urgente nécessité de la mixité sociale et scolaire dans les quartiers où habitent majoritairement ces très jeunes. Des établissements d’excellence implantés dans les banlieues ?

Même bonne note pour l’incitation et l’accompagnement à l’activité et au travail. Je suis si totalement convaincue que l’activité sous toutes ses formes est la clef que l’on ait 7 à 77 ans pour ne pas jouer à ce sujet les faux derches.

Ca se gâte pour ceux qui n’ont plus de chance d’y accéder. Les vieux en priorité. Vivre les dernières années de sa vie pauvre et devant se priver est un scandale humain et éthique. Pas de 2ème chance, pas de petits boulots, pas de prime de rentrée pour les âgés isolés (ce qui va en proportion avec la pauvreté). Certes le minimum vieillesse a été augmenté mais il faut une action globale et concertée.

Ça se gâte aussi pour ceux qui n’ont plus la capacité de prendre l’ascenseur de la participation, de l’activité quelle qu’elle soit. Copie à compléter donc, mais certainement pas à condamner de principe.

L’enseignement précoce d’une langue voisine : une proposition pour l’Europe

L’élection européenne approche et nous n’entendons toujours parler que d’éventuelles têtes de listes, d’alliances entre partis, de combinaisons diverses… Bref, le « nouveau monde » et surtout le nouveau Parlement européen ne sont pas pour demain..

Pour ma part, je ne voterai qu’à la condition de propositions concrètes, précises et mobilisatrices susceptibles de donner corps à l’Europe. Si du moins un parti ou un groupe parvient à en formuler.

L’une des idées qui me tient à coeur depuis des lustres est l’enseignement précoce et systématisé d’une langue européenne. Ce que le linguiste Claude Hagège appelle une « langue voisine ».

Serons-nous jamais naturellement, maternellement européens sans posséder au moins l’une de ces langues voisines et sans l’avoir appris dès le très jeune âge ?

Ce n’est en réalité ni le plus difficile, ni même le plus coûteux des projets européens mais ce serait certainement le plus décisif. Imaginons que dans chaque école, dès les petites classes, soit introduit l’enseignement « maternel » d’une langue européenne  pour ensuite se développer tout au long de la scolarité. Chaque enfant, puis chaque étudiant saurait qu’il a une double identité : celle de son pays, et celle de son continent. C’est la seule vraie forte parade contre la tentation du repli identitaire que nous voyons partout se développer.

Il ne s’agit pas d’un projet démesuré. Il peut être réalisé grâce à des échanges entre les pays de professeurs*  capables d’enseigner dans le pays d’accueil leur langue de manière « maternelle » . Voilà qui ne serait pas d’un coût démesuré et cet « Erasmus enseignant » aurait les mêmes remarquables effets que les Erasmus étudiants. Cet enseignement précoce devrait évidemment être poursuivi et développé dans le primaire et le secondaire et confié alors aux professeurs actuels de langues.

La volonté d’innover, de créer, d’inventer, de bousculer manque à l’Europe comme aux Gouvernements et à leurs systèmes d’éducation. Jean Monnet aurait lui-même prononcé « si c’était à refaire, je commencerais par la culture ». L’authenticité de la phrase est incertaine mais l’idée dit bien à la fois l’unité culturelle et la  diversité linguistique de l’Europe. Le Ministre Blanquer a ici l’occasion de se mettre dans ces pas en défendant une Europe des langues et de la culture ; proposition, d’envergure, décisive pour combler le plus grand manque du « traité constitutionnel européen » , lequel ne contenait pas un mot sur la diversité des langues européennes et moins encore, sur leur enseignement.

 

en pratique le plus souvent d’institutrices pratiquant au niveau de l’école maternelle

 

 

L’abord des écoles, espaces sans tabac

L’abord des écoles, espaces sans tabac (question écrite au Maire de Bordeaux)

La démission de Nicolas Hulot doit être pour chacun de nous un appel à prendre des décisions concrètes pour la protection de l’environnement et la santé publique, pièces maîtresse du développement durable.

A l’occasion de la rentrée des classes, nous vous demandons d’interdire de fumer devant les écoles de notre ville en déclarant leurs abords « espaces sans tabac » comme cela a été fait dans les parcs de Bordeaux pour des espaces restreints.

Saluons à cette occasion l’initiative des élèves de la ville d’Yvetot qui ont formulé de leur propre initiative cette demande à leur Maire, lequel les a entendus en prenant la décision que nous vous suggérons. Plusieurs autres municipalités ont d’ailleurs fait de même.

Cette décision sera bénéfique à la fois pour les parents qui viennent chercher leurs enfants à l’école mais aussi pour les jeunes eux-mêmes qui sauront y voir un message d’alerte et de débanalisation du tabac en direction de leurs parents comme, plus tard, d’eux-mêmes.

Les mégots ne s’accumuleront plus ainsi sur les trottoirs devant des établissements dont le but est l’éducation et qui ont comme nos collectivités un devoir d’exemplarité (pour mémoire, un seul mégot pollue pour 5 ans, 500 litres d’eau).

Cette mesure constituera un pas positif dans la démarche de « ville sans tabac » à laquelle nous devons d’ores et déjà réfléchir.

 

 

 

Michèle Delaunay

Et le groupe socialiste des élus municipaux

 

 

 

 

Environnement : des décisions concrètes, simples et mobilisatrices

La décision de Nicolas Hulot (qui ne manque pas de panache) sonne comme un appel à la responsabilité collective à changer individuellement nos comportements et politiquement à prendre des décisions concrètes, simples et mobilisatrices. Comme lui, je ne souhaite pas que cette démission soit l’occasion de polémiques, ni d’empoignades politiciennes mais qu’elle se traduise en actes.

La prompte réaction d’Alain Juppé qui fut on s’en souvient brièvement Ministre d’Etat en charge de l’écologie comme Nicolas Hulot, laisse augurer de sa part d’une meilleure écoute aux propositions liées à l’environnement (et donc à la santé) et au développement durable.

Pour ma part, j’avancerai plusieurs chantiers ; certains sont des ambitions, d’autres des urgences :

-la gratuité des transports publics (tellement plus utile et nécessaire aux Bordelais que le Grand Stade !)
-une politique « zéro déchet abandonné » (sur le modèle « zéro mégot », c’est à dire avec une sanction sous forme de contravention proportionnelle à l’abandon)
-un développement chiffré de la végétalisation de la ville avec deux objectifs : chaleur/pollution et biodiversité
-une ville sans tabac, c’est à dire sans consommation publique de tabac dans tous les lieux du même nom.

Nous avons besoin de « marqueurs forts » qui inscrivent notre métropole et notre ville franchement dans la bataille. Les mesures à la petite semaine s’additionnent (comme les « petits pas ») mais elles n’infléchissent ni les comportements, ni le cours du siècle.

Les non-parents

Rien n’est plus difficile à établir que le nombre de « non-parents » en France aujourd’hui. D’abord parce que des « non-parents » peuvent le devenir, naturellement ou par adoption, ensuite parce que les statistiques portent principalement sur la nuptialité (en couple ou pas), elle-même soumise à variation au cours de la vie. Enfin, parce que les limites permettant d’assurer qu’un non-parent peut devenir père ou mère biologiques ne sont pas les mêmes selon le sexe.

Par convention, on considère que ceux qui ont atteint 45 ans ont peu de chance de devenir parents. Avec force formules mathématiques, on établit qu’aujourd’hui 10% des hommes et 7% des femmes demeureront sans descendance. Pour les femmes nées en 1970, une étude de 2013 (elles ont alors 43 ans) estime que 14 et 18% d’entre elles n’auront pas d’enfants.

Ce pourcentage approximatif de « non-parents » a grandement évolué selon les périodes : 25% des femmes nées en 1900 sont demeurées sans enfants, ceci étant lié au nombre considérable d’hommes tués à la guerre. Ce taux n’a pas cessé de descendre jusqu’à l’après 2e guerre (naissances des boomers comprises) mais il a commencé de remonter dans les années 70 du fait de la pilule, de la légalisation de l’avortement, mais aussi du choix d’un nombre croissant de femmes de demeurer indépendantes et de « ne pas s’occuper de quelqu’un toute sa vie ». Si les « boomeuses » sont nées massivement, elles ne sont pas mères en proportion.

Les « non-parents » masculins sont aujourd’hui  approximativement 10% (12% chez les ouvriers et 11 % chez les agriculteurs, 7% chez les cadres et 30% pour les hommes n’ayant jamais travaillé). Il s’agit d’un groupe plus hétérogène encore que les femmes : choix individuel, préférences sexuelles, infertilité, isolement et/ou lourdeur du travail pour les agriculteurs et les ouvriers : autant de schémas très différents qui ne permettent d’isoler un groupe qu’en considérant les conséquences de cette non-parentalité.

Ces chiffres, malgré la marge d’incertitude qui les entoure, démontrent que les âgés isolés ne sont pas rares. Beaucoup, en plus d’être sans enfants, n’ont pas formé de couple ou sont séparés. Tous n’ont pas davantage de familles proches et certains « inventent » de nouveaux modèles de vie telles que la « maison des Babayagas » ou le projet de « maison de la diversité ». Mais ces options ne couvrent pas toutes les situations qui sont multiples et souvent délicates. Ces « sans famille » n’ont aussi que rarement organisé et prévu leur situation de « non-parent senior », certains comme les homosexuels masculins qui ont traversé la période où le SIDA était mortel, parce qu’ « ils ne pensaient pas vieillir ».

Pour ceux-là, bien évidemment se pose la question des proches aidants. Outre de ne pas être parents, si certains appartiennent à des communautés, nombreux sont ceux qui sont également éloignés de leurs collatéraux, voire de leurs ascendants.

La question de la perte d’autonomie et de l’accompagnement de ces non-parents mérite d’être plus clairement posée, ce qui n’est qu’exceptionnellement le cas. Aux Etats-Unis où l’on considère que 23% des « boomers » âgés sont seuls, ils sont appelés « elder orphans » ou « soloseniors » et des publicités pour des résidences services ou des résidences associatives les visent nominativement.

L’anticipation de la situation par les personnes elles-mêmes est bien sûr souhaitable (en particulier désignation d’une personne de confiance), elle n’est pas toujours aisée. Cela reste un champ à explorer bien davantage que nous le faisons.