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La grand-mère d’Emmanuel Macron

La grand-mère d’Emmanuel Macron a quelque ressemblance avec ma mère à moi. Normal peut-être car les deux ont, ou auraient, un âge assez voisin.

Hier, lors de l’ « émission politique » qui lui était consacrée, Macron a raconté que cette grand mère lui disait « Mets chaque jour toute ton énergie dans ce que tu veux atteindre, et ne te réjouis que quand tu l’as atteint ».
Ma maman me parait avoir été fabriquée du même bois. Elle disait quant à elle « Fais chaque jour le maximum de ce que tu peux (pour atteindre ton but), que tu l’atteignes ou pas, tu n’auras pas de reproches à te faire ».
Les deux phrases ne sont pas tout à fait similaires. L’une ouvre la possibilité que l’on n’atteigne pas le but, l’autre non ; mais les deux phrases ne dédouanent en aucun cas d’un investissement maximum si l’on veut atteindre un but que l’on suppose élevé.
C’est le genre de trucs qui vous suivent toute une vie, et ne la simplifient pas vraiment…

« On va s’en débarrasser cette fois ! »

C’est devant un parterre d’affidés qui tenaient bivouac sur un trottoir de la place Gambetta à Bordeaux qu’Alain Juppé a pris la parole pour dire tout le bien qu’il pensait de la candidate Les Républicains qui m’est opposée pour l’élection législative. Toute la majorité municipale était là, ce qu’il faut de personnel municipal, de membres du parti et de courtisans ordinaires.

Jusque-là, rien que de normal ou du moins d’habituel. Quelques phrases pour la candidate, davantage pour la députée en titre (ma pomme en l’occurrence)  qui a, outre le grand tort d’être d’une autre tendance politique que lui, mais aussi de l’avoir délogé de son mandat en 2007, puis d’être réélue en 2012, Alain Juppé s’étant retiré sans panache trois semaines avant le scrutin, les sondages lui étant défavorables. Ce retrait a été d’ailleurs curieusement gommé de toutes ses biographies comme des centaines d’articles qui lui ont été consacré en préparation des primaires de la droite…

On aurait pu attendre quelques éléments politiques pour motiver son choix et soutenir son discours. Un seul en fait est pour lui déterminant me concernant. Si le journal « sudouest » ne le mentionnait pas, on n’aurait sans doute pas cru la phrase dans la bouche d’un ancien Premier Ministre, qui se positionne en homme d’Etat

-« On va bien finir par s’en débarrasser cette fois ! » *

Alain Juppé souffre d’une maladie incurable : le vinaigre lui coule dans les veines. Le mépris lui vient aux lèvres comme un tic de langage, un bégaiement incontrôlable de la pensée. Nous en souffrons régulièrement au Conseil Municipal, où par exemple il parle systématiquement à sa voisine et dauphine quand nous prenons la parole pour bien montrer le peu de cas qu’il fait de son opposition. En 2007, entre les deux tours de la législative, Ségolène Royal était venue avec moi sur le terrain, entrainant derrière une foule qui croissait à chaque pas. Alain Juppé avait déclaré à la presse qui en avait fait un titre  « la candidate socialiste a fait venir le SAMU« . Trois jours après, il était battu.

Pour autant, je demeurerai dans mon attitude de respect, eu égard à ses fonctions. A l’issue de la Primaire qui l’avait vu largement distancé par François Fillon, j’avais demandé à notre groupe de n’y faire aucune allusion et de s’abstenir d’une opposition trop vigoureuse. Tous, sauf un, nous nous y étions conformés. De même et quoi qu’il en dise je ne l’attaque jamais « ad hominem », non plus que sur des questions privées ou passées. Cela aussi me parait relever de l’éthique en politique.

 

  • journal sud-ouest, le 5 avril 2017 (l’un de nous était aussi présent et l’a entendu)

Grand âge : une droite forte avec les faibles, faible avec les forts

Le 30 mars 2017 a été pour moi une matinée « âge et autonomie » en 2 séquences très différentes.
La première dans la très grande salle du Vigean à Eysines pour les assises du vieillissement organisées par la CNSA et le conseil du Département de la Gironde autour de son Président JL Gleyze.
J’ai présenté les apports de la loi que j’ai eu l’honneur d’élaborer : augmentation de l’APA jusqu’à 60% et, en moyenne de 15%, plan des métiers de l’autonomie, augmentation des bas salaires, prise en charge des indemnités kilométriques … Un public de professionnel très constructif et très nombreux.
Changement de décor dans une salle de conférence du Grand Stade en face de professionnels du syndicat des maisons de retraite privées, le SYNERPA. Thème « le grand âge en campagne » autour des programmes des trois candidats Hamon, Macron et Fillon.
Représentant le parti « les Républicains », mon confrère et collègue au conseil municipal de Bordeaux Nicolas Brugère a défendu l’inacceptable recours aux assurances privées pour prendre en charge la grande perte d’autonomie et la maladie d’Alzheimer. En dehors même du parti pris d’iniquité sociale de cette mesure et de l’aveu même des assureurs, le coût pour l’assuré sera supérieur à une assurance publique et détournera donc les faibles revenus de cette sécurité.
Solange Menival a présenté le programme d’Emmanuel Macron centré par les initiatives des territoires. J’ai salué le programme de @benoithamon, tout en y ajoutant ma touche personnelle que vous trouverez détaillée dans mon programme législatif. La perte d’autonomie liée à la longévité est bien un nouveau risque que la solidarité publique doit assumer et je ferai des propositions de financement.
Il y a des jours où, plus que d’autres encore, on sait pourquoi on est de gauche et pourquoi on combat une droite « dure pour les faibles, faible avec les forts »

« Macron ne se mouille pas »

C’est en ma qualité de correspondante* de @le_gofira que j’étais ce matin dès la première heure au pied du pont de Kehl** où Emmanuel Macron avait convoqué la presse européenne.

Temps frisquet, courtes bourrasques de pluie, l’emblématique fleuve européen qu’est le Rhin agité de soubresauts et de courants contraires, dessinait un long ruban soucieux. Une demi-heure d’attente et de conciliabules interrogatifs entre les journalistes ; premiers clichés, quelques essais de sons et d’éclairage. La voiture du candidat arrive, se gare et celui-ci descend posément, se tourne vers la presse, serre quelques mains, sourit sous les flashes des photographes, avant de tourner les talons pour résolument s’engager vers le fleuve. Un étrange silence s’installe. Sur l’autre berge, on devine un deuxième attroupement, des micros, des caméras, des camions porteurs d’antennes. Une sorte d’interrogation générale s’étend comme une brume sur les eaux grises de ce prime matin.

Et c’est dans le silence que Macron s’avance. Un pas, puis l’autre, sur les eaux, sans détourner le regard, ni accorder à quiconque le moindre signe.

Il marche, marche encore, et arrivé à mi-distance des deux rives, hésite un instant entre amont et aval de ce fleuve lourd d’histoire… Puis brusquement fait demi-tour, rejoignant la rive française où l’attendent micros et caméras. Sans un mot, mais rayonnant toujours de son légendaire sourire, il remonte dans sa voiture et repart.

C’est en exclusivité et avant toute publication que je suis dès maintenant en mesure de rendre compte des premiers commentaires politiques de mes confrères.

BFMTV : « Sous le pont de l’Europe**, Macron fait demi-tour et rate son rendez-vous avec l’Histoire » . Fillon, la minute d’après, enfonce le trait : « Imagine-t-on le Général de Gaulle s’arrêter à mi-chemin ? » .

Objectif, le correspondant du @monde.fr  en Allemagne s’interroge sur la signification de ce moment inhabituel et la position variable du SPD  « Venait-il saluer Martin Schulz ou la chancelière ? . Réponse de la Frankfurter « Macron bat en retrait avant même de mettre le pied en Allemagne ».

L’Humanité n’y va pas par quatre chemins en titrant sous une image de l’événement : « A quand la noyade ? » . Un éditorialiste ajoute « Macron marche sur des eaux troubles qui l’emporteront dès le premier tour« .

En référence à l’instant d’hésitation du marcheur entre amont et aval , Europe1 dégaine « Entre Baltique et  méditerranée, il va devoir choisir ! « . 

« La Croix » donne la parole au Cardinal Jean Vingt-Quatre : « Nul ne saurait ignorer l’allusion biblique de ce cette marche sur l’eau« .  Marine Le Pen met quant à elle un point final à tout débat sur la laïcité de cet étrange moment avec un magistral : « Nous, au moins, on sait nager.. »

Quant au « Point », le magazine,  fait sa couverture d’un gigantesque « Une fois encoreMacron ne se mouille pas »,  surimposé au visage du candidat.

La parole politique se lit et s’interprète à la guise de qui la reçoit. Qu’en est-il alors du silence …

 

*emploi fictif à salaire qui l’est aussi.. ** le pont de Kehl, entre Strasbourg et la rive allemande du Rhin s’appelle aussi « pont de l’Europe »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Eric de Montgolfier

Monsieur le Procureur,

C’était un honneur pour nous tous de vous rencontrer et de vous écouter hier à Bordeaux. Un honneur et un plaisir particulier pour moi de vous accueillir dans ma circonscription comme c’est l’usage d’une République que tous nous voulons exemplaires.

Je ne partage pas totalement à titre personnel votre rejet de la possibilité d’inéligibilité en cas de faute avérée d’un élu, mais votre point de vue m’a permis de regarder autrement la question et je vous en remercie. Comme vous et selon votre formule, je suis convaincue qu’ « en démocratie, le soupçon, c’est le pire » et qu’il peut être spécialement dramatique à l’encontre d’un Président en exercice.

Je voudrais éclairer ma position concernant l’exemplarité de la République. Elle concerne bien évidemment en premier lieu ceux qui se sont portés candidats à y assumer des responsabilités. Pour cette raison, j’ai été totalement favorable à la publication des patrimoines et à la dénonciation de tout conflit d’intérêt. Concernant le premier point, un des rares où nous ayons été très légèrement consultés en 2012, alors que je venais d’être nommée Ministre déléguée, j’y avais souscrit sans réserve mais avec une remarque « les Français s’y intéresseront le premier jour, puis oublieront et ne le porteront pas à notre crédit ». Ce fut le cas. La question du bilan du quinquennat et de la nécessité de le porter ou non était hors de mon champ de vision, comme vous l’avez un instant cru.

Lorsque j’ai évoqué le sujet, vous avez répondu « Vous avez été nombreux à être contre ». Je ne pense pas un seul instant que vous puissiez avoir été prévenu à mon endroit, mais je tiens à ce que, ni vous même, ni le public n’ait le moindre doute sur mon attitude d’alors, comme sur mon exigence d’exemplarité.

Un point qui m’est important est l’appel à l’exemplarité, plus justement à l’honnêteté et à la probité du Peuple lui même. Une personne du public vous a d’ailleurs interrogé sur l’enseignement des valeurs, la nécessité d’apprendre aux jeunes à distinguer le bien du mal. A cela aussi, je souscris.

Il est important de poser les problèmes avec hauteur, mais vous en conviendrez j’en suis sûre, il est important pour un élu qui se présente de nouveau au suffrage, que « le soupçon » n’entrave d’aucune façon ses paroles et son action.

Soyez assuré, Monsieur le Procureur, de mon respect et de mon admiration dans chacune des phases de votre carrière de magistrat. Bordeaux, comme moi même, aura toujours honneur et intérêt à vous recevoir.  MD