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Certains y voient la vierge et d’autres le démon..

Jean-Luc Mélenchon a vu la vierge dans le drapeau européen et a demandé pour cela sa suppression des estrades. Bien qu’un peu tardive, JLM ayant été député européen, cette révélation témoigne d’une spiritualité exigeante et ouverte à toutes les clartés, ce qui ne doit jamais manquer d’être salué.

De spiritualité, non plus que de symbolisme, on ne discute point. Un mien ami, au demeurant très spirituel et trouvant en toute chose une dose salvatrice de dérision, voyait dans tous les panneaux routiers triangulaires une allusion au sexe de la femme et appelait pour cela à les supprimer radicalement du bord des routes.

A la suite de JL Mélenchon, cette même radicalité se porte aujourd’hui sur la question de la laïcité. Selon @le_gofira (site moins connu mais également impartial que son presque homonyme), c’est aujourd’hui plusieurs députés d’opposition, pas les mêmes, qui s’élèvent au Parlement contre les sous-entendus maçonniques du panneau « Attention Ecole ». Sa forme triangulaire, déjà dénoncée de longue date par mon ami, associée à des silhouettes d’enfants, serait insidieusement propre à influencer de jeunes cerveaux et à les détourner de l’enseignement confessionnel, voire à les conduire à dénier les racines chrétiennes de la France.

Les uns voient la vierge, les autres le diable, les troisièmes ne voient rien. D’autres enfin, comme Vaclav Havel ne voient dans le drapeau européen, comme dans l’hymne européen, que la capacité des hommes à s’unir et, à l’occasion, à regarder les étoiles.

 

 

 

Logement social : un modèle au coeur du progrès social et de l’emploi

Le logement est notre place sur la terre, comme l’emploi notre place dans la société. Le «logement social » institution modèle est au cœur de l’un comme de l’autre. Cent cinquante ans d’âge mais toujours au cœur de l’innovation, de l’anticipation et, ce qui n’est pas négligeable, d’une gestion saine et responsable, sans actionnaires à satisfaire et avec une pleine conscience de son utilité.

Hier à Bordeaux, les débats économiques de @sudouest ont été l’occasion de décliner à l’échelon régional, l’inquiétude de l’ensemble des acteurs du secteur. Des interventions brillant par leur solidité et leur complémentarité auxquelles je rends hommage.

Cinquante pour cent des locataires du logement social appartiennent à la tranche des 25% les plus pauvres de notre pays. Sans lui, 11 millions de Français seraient à la rue, privés d’une part de leur identité et de leur dignité. Dans la région NouvelleAquitaine, ce sont 600 000 locataires qui comptent sur leur bailleur pour le présent comme pour l’avenir. Ce sont ces locataires qui seront les premiers pénalisés  par la décision subreptice, venue brutalement et sans concertation de faire payer au secteur la baisse de 5% des APL. Une facture de 1 milliard 800 0000 euros pour l’ensemble du secteur qui le prive, si rien n’est fait, de toute capacité d’investissement (réhabilitation, construction) alors que rarement le besoin n’a été si grand sur l’ensemble du territoire.

Bordeaux en est l’exemple, qui tarde à progresser pour atteindre le seuil minimal de 25% de logements sociaux, mais aussi les territoires ruraux ou semi-ruraux avec l’urgence de la réhabilitation des petits bourgs.

L’emploi est lourdement concerné par cette décision que l’on espère non définitive ; emploi dans le bâtiment puisque l’habitat social représente globalement 12% de toute l’activité du secteur (30% en nouvelleAquitaine) ; emploi aussi de l’ensemble des Français, car il ne peut y avoir de mobilité, si l’on n’a aucune chance de trouver un logement accessible dans la zone où l’on déniche un emploi.

C’est un effet domino lourd d’inquiétudes que provoque cette mesure : moins de construction, monisme réhabilitation, moins d’innovation, moins d’emplois dans le bâtiment qu’il s’agisse de grosses entreprises ou de PME), moins de mobilité… Et Hélas les effets dominos ne se font jamais que dans un sens et les pièces ne remontent jamais.

Le débat a été focalisé sur cette mesure hâtive du Gouvernement et ces effets, alors que nous aurions aimé mettre en valeur les avancées du logement social en matière de prise en compte de la transition démographique, du numérique et des économies d’énergies. Notons que cette mesure vient dans le projet de loi de finances (PLFSS) et qu’elle sera en contradiction totale du plan logement annoncé pour le printemps, lequel repose sur le « choc de l’offre » pour contrer l’enchérissement du foncier. Le choc sera pour le logement social, à l’inverse : ce sera celui du manque, particulièrement lourd et injuste pour ces 50% de locataires qui n’ont pas d’autre perspective, sinon des logements injustes dans le privé.

Collectivités, entreprises du batiment, PME, bailleurs et locataires, espérons que l’unité dont tous ont fait preuve hier à Bordeaux, comme la semaine dernière au congrès de l’ union HLM de Strasbourg,  fera positivement avancer le dossier.

 

 

Verte ou pas mûre ?

En Bavière l’écologie naît de l’amour et de la mise en valeur de la nature. Nulle surface bétonnée à outrance pour renvoyer la chaleur de mur à mur, pas ou peu de séparations entre les maisons pentues, si ce n’est des barrières très perméables d’arbustes fleuris, des arbres à profusion jusqu’aux abords de la ville et de larges tapis de gazons rustiques, si bien respectés, si bien entretenus qu’ils paraissent peints sur le brun des sols.

C’est cette écologie que j’aime et qui me fait parfois moquer des procureurs d’une écologie de contraintes et d’amendes. Certes, il faut des régles, il faut des lois, et ce n’est pas à « nos amis allemands » qu’on apprendra cette volonté d’ordre. Eux-mêmes disent volontiers « qu’en Allemagne, tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire, et inversement ». Ce qui d’ailleurs met à mal le préjugé qui affirme « que le livre de l’humour allemand est le plus court du monde ».

De ma fenêtre, le temps d’un week-end, à 15 kilometres du centre de Münich (2,5 millions d’habitants, c’est à dire plus de deux fois la métropole bordelaise), des champs, des prés, des sapins et naturellement posées au milieu d’eux, des dizaines de maisons, individuelles ou collectives, homogènes dans leur style traditionnel, bien que pleines de fantaisie et de modernité. Sur les toits pentus pour que la neige ne s’y amasse pas par trop lourds paquets, des panneaux solaires si nombreux, si bien logés, qu’ils paraissent déjà appartenir à la tradition locale.

Modèle allemand ? Bien sûr que non, pas partout, pas pour tout, mais modèle écologique sans aucun doute. Munich est en tête pour nombre de ses performances en ce domaine comme pour ses ambitions. Preuve que  l’écologie peut n’être pas une écologie de « Feldwebel » (caporal chef) et s’installer aussi efficacement dans la vie et la politique d’un territoire qu’une écologie de contraintes et d’interdictions.

Tabac : l’argent, rien que l’argent

Il est terrible de penser qu’il n’y a AUCUNE raison positive à fabriquer/vendre/consommer du tabac. Le « plaisir » de fumer n’est lié qu’au soulagement du besoin créé par l’addiction. Si la nicotine est en elle-même un psycho-stimulant, elle l’est de la même manière quand elle n’est pas brûlée et fumée et sa nocivité est alors beaucoup moindre (patch, gommes, vape..)
Elle demeure cependant addictive et l’INSERM a montré que le tabac fumé est plus addictif que l’héroïne. C’est de toutes les drogues, la plus dure au sens de l’addiction.
 
Les cigarettiers ajoutent au tabac plusieurs dizaines de substances destinées à multiplier ce pouvoir addictif. Les jeunes que nous voyons commencer à fumer mettrons une, deux ou trois décennies à se libérer de ce boulet, et chaque cigarette supplémentaire réduira leur espérance de vie de 11 minutes.
 
A cette hécatombe, à cette privation de liberté, un seul motif : son haut rendement financier. Si la vie n’a pas de prix, la mort a un fort rapport, plus que tout autre produit. Côtée en bourse sous ce nom, elle ferait un malheur
 
J’ose dire que le profit est sans comparaison plus grand que celui du commerce des armes auquel, en cherchant bien, on peut trouver un intérêt, du moins dans des circonstances particulières. Pour parodier un de nos hommes politiques, c’est la force des armes qui a permis de dégager les nazis. C’est horrible, je sais, mais plus horrible encore le cynisme avec lequel nous supportons que l’on commercialise et tire profit d’un produit qui a tue millions d’humains chaque année et continue de plus belle à le faire.

Vous avez dit « hate food » ?

Qu’est-ce que la « hate food » : une nourriture grossière, compulsive et indigeste, que certains provoquent, dont beaucoup se repaissent et qui prend aujourd’hui un caractère épidémique, aussi difficile à contenir qu’à comprendre.

En bon français -le vocabulaire argotique en fait partie- on dirait « bouffe de merde ». L’argot a souvent raison.

Aux trois questions contenues dans ma première phrase (qui, pourquoi, comment), que répondre ? Tout interroge dans ce déversement quasi-pavlovien sur les médias sociaux ou les médias en ligne, de cette « nourriture grossière »  en réponse à un certain nombre de mots clefs, concernant la race, la religion, l’orientation sexuelle, l’engagement politique, mais aussi l’âge, le genre ou la condition sociale.. . Ce qui n’était, il y a relativement peu, que pratiques de groupes isolés ou extrêmes, connaît aujourd’hui un développement exponentiel, à l’égal de toutes les autres addictions.

Car, ces réactions, ces injures, ces attitudes ont en effet à voir avec l’addiction : besoin difficile à contenir, impression de soulagement après libération d’insultes ou de violences physiques, sentiment d’être plus fort et surtout d’appartenir à un groupe construit autour des mots clefs précédemment évoqués, immense difficulté à revenir à une pensée construite, exprimée et expliquée en termes logiques et à partir de faits..

Les causes de cette addiction nouvelle, sorte de boulimie de l’injure, sont aujourd’hui un véritable objet d’étude. Le sentiment de rejet, la difficulté à s’exprimer de manière logique, le fait de ne disposer que d’un vocabulaire insuffisant pour argumenter, l’absence d’horizons professionnels ou affectifs autres que cette appartenance quasi sectaire, entrent en jeu. Ceux qui se sentent vaincus, exclus, injustement privés du destin ou des responsabilités qu’ils auraient dû obtenir, utilisent toutes les variantes de l’injure, de la diffamation, de l’invective et de l’insulte pour marquer leur pouvoir et solidariser une communauté autour d’eux. L’approche de ces causes, quand elles sont perçues ou explicitées, attise la rancoeur et la fait déborder en propos d’autant plus haineux, violents et irréfléchis. Comme pour l’addiction, la dose doit augmenter régulièrement pour satisfaire le besoin.

C’est une interrogation majeure pour nos sociétés que le caractère épidémique de toutes les variantes des comportements addictifs. Des comportements alimentaires (et je n’utilise pas au hasard l’expression de hate food), aux drogues dures, au jeu, au sexe et à un moindre degré de gravité, aux écrans, ce qui a toujours existé est devenu aujourd’hui contagieux et épidémique, à la mesure des moyens de transmission qui leur sont offerts. Avec bien sûr en tête de peloton, les médias et en premier les médias dits sociaux, où sous le couvert d’anonymat, on peut menacer d’euthanasie, de viol, de sodomie, humilier les femmes, les noirs, les blancs, les pratiquants de n’importe quelle religion comme ceux qui n’en ont pas.

Je n’ai pas de solution, sauf une, très modeste : ne nourrissons d’aucune façon tout ce qui provoque ou entretient ce langage de haine et/ou de discrimination (les deux en général). Que les médias ferment les commentaires quand des propos haineux s’y introduisent, que chacun de nous, individuellement ne sollicite pas ces propos pour montrer qu’il a de l’audience et qu’une communauté d’imbéciles (au sens propre : « qui marche sans bâton pour le guider et le soutenir »), ne le retranscrivons pas, comme il m’arrive pourtant d’en avoir envie), restons dans, sinon dans la « bienveillance », mais dans la raison et le contrôle.