Les boomers vieillissent, les dons et legs, c’est tendance !

Je ne le sais qu’avec trop de clarté : les (baby)boomers entrent, sans fanatisme excessif, dans le champ de l’âge. Faisant partie de cette honorable et nombreuse congrégation, cette vérité incontestable bien que désagréable ne m’a pas échappé.

Il n’y a pas qu’à moi. Cette rentrée est bercée sur les ondes par un appel aux dons et legs. Apprentis d’Auteuil, Fondation de France, rivalisent d’encouragements à une vieillesse heureuse, délivrée de la culpabilité de n’être plus utile en arrêtant de vivre. Tous proposent au boomer la pérennité dans l’action. Dialogues édifiants de couples unis, dynamiques et en forme mais… on ne sait jamais ! « Toi et moi, nous continuerons d’être ensemble et nous vivrons au travers de jeunes chercheurs ou de pauvres et gentils apprentis remis sur le chemin de l’effort ».

Ce ton un peu moqueur n’est pas de mise. Le rôle des associations de solidarité ne fera que grandir dans les années à venir et il y a en effet une morale à les soutenir, de son vivant comme après. Une question cependant : qui pense à faire des dons ou legs à l’Etat, pour qu’il sauvegarde son service public, paye lui aussi des chercheurs, équipe les hôpitaux.. ?

Pourquoi n’y a-t-il là aucune incitation, aucune explication, présentant des destinations possibles, leur intérêt, garantissant leur usage ? C’est pour moi une véritable option. Reste à la matérialiser, à la rendre amicale et sûre, à lui éviter toute option politicienne. Oui l’hôpital où l’un des vôtres a été bien soigné peut recevoir des dons, même ciblés sur une action qui vous tient à coeur. Oui, l’Ecole, oui l’Université, oui, le labo de recherche.

La République nous appartient. Prenons en soin.

 

 

 

Strass, paillettes et responsabilité

Jour de rentrée prévue pour moi que l’actualité accélère. « Le Président de la République demande à Manuel Valls de former un nouveau Gouvernement, en cohérence avec les objectifs qu’il a fixés ».

Simple, concis, rapide. Obligatoire : François Hollande ne devait pas laisser le temps libre à chacun de faire sa « rentrée politique », autre exception culturelle française, à l’instar du remaniement lui-même. Le concours des « petites phrases », des déclarations d’équilibristes de la ligne jaune était lancé et aurait culminé à l’Université d’été du Parti socialiste à la Rochelle dans 3 jours. Je reste cependant confiante : elles ne manqueront pas totalement sur le parvis de « l’Encan ». Notons au passage que la dénomination du lieu où se tient notre Université ne manque pas à cette heure d’une brindille d’humour.

Vingt-quatre heures ont été données à Manuel Valls pour proposer ce qui constituera très probablement un remaniement limité, ne donnant guère d’espoirs à tous ceux qui sont en ce moment même en train d’envoyer coups de téléphone et SMS pour ne pas manquer cette session de septembre des candidats-Ministres.

Mais tout cela n’est qu’écume des jours. Le temps est à la responsabilité . Y a-t-il meilleur gage d’amour durable, particulièrement en politique ? Les Français mesurent, à des degrés de précision divers, la gravité de la situation du pays : chômage, désindustrialisation, panne de l’investissement, fragilisation des institutions .. Que faire et comment ?

Tout peut être dit mais pas n’importe comment et Montebourg est radicalement fautif de la forme intentionnellement provocante plus que du fond de ce qu’il a exprimé. Aurait-il dit  dans un cénacle ad hoc, même micros ouverts : « Nous plaiderons, en accord avec le Président de la République, pour qu’une politique européenne d’investissement et de croissance soit parallèlement menée à celle de la réduction des déficits » Ou encore: « Ne devons-nous pas envisager que les dépenses d’investissement soient exclues de la règle des 3% ? ». C’était plus techno, moins strass et paillettes sous le soleil de Frangy et l’admiration des foules, mais ça passait. Et, de vous à moi, la pensée montebourgienne est-elle en vérité si éloignée de ces phrases mesurées ?

Hamon se serait-il abstenu de déclarer sa « proximité » aux « frondeurs » sous le prétexte éminemment noble de se concentrer sur la rentrée scolaire, cela aurait été compris même des plus à gauche de ses partisans. Benoît est à la tête du Ministère majeur, emblématique de la gauche et de la priorité à la jeunesse du Gouvernement, tout le monde aurait compris qu’il ne s’en déroute. Gabriel Garcia Marquez a eu cette formule  percutante : « Il n’y a plus grand acte révolutionnaire que de faire au mieux ce pourquoi on est le moins mal fait ». Plus brutalement exprimé : « Chacun à son poste et au boulot ! ».

Je n’hésite pas à dire que j’ai de l’estime et de l’amitié pour ces deux Ministres. Montebourg a mis son brio au service de la Silver Economie et sans lui, nous n’aurions jamais pu en lancer la filière. Benoît est sincère, pétillant, sans peur, nous nous sommes entendus parfaitement et sa loi « conso » a apporté de vraies avancées, mais que n’a-t-il lu davantage Garcia Marquez !..

Il y a derrière tout cela, en plus de la course à la « rentrée » la plus médiatisée, une (trop) évidente préparation du prochain Congrès du Parti Socialiste où chacun comptera ses troupes. L’enjeu n’est pas à la hauteur de la situation. Les Français se moquent du Congrès du Parti Socialiste et, à l’heure où nous sommes, ils ont raison.

Le pari de Hollande est risqué. Lui que certain(e) Ministre dit « peu prompt à décider et préférant que la situation le fasse pour lui », vient de démontrer sa réactivité et son  courage. Le Gouvernement qui va se former devra recevoir la confiance du Parlement. Le risque d’une dissolution se profile derrière ce vote s’il venait à être négatif. Ce qui a des chances raisonnables de peser positivement sur le choix des députés.

Le risque serait grand en effet. Le pire d’ailleurs n’étant pas celui d’ une chambre bleu horizon, mais d’une chambre bleu Marine, ou du moins, fortement teintée. Personne ne se précipite d’ailleurs pour l’appeler de ses vœux, pas même ceux qui à droite paraissaient ces dernières semaines avoir trouvé l’œuf de Colomb de la croissance et de l’écoute universelle de la voix de la France.

L’heure est à la responsabilité maximale. De chacun dans son expression, de tous dans sa remise au travail.  Les Français doivent sentir la classe politique toute entière pénétrée de la conscience de la gravité de l’état de la France et de la volonté de ne pas y ajouter. Les petites phrases aujourd’hui discréditent, le manichéisme d’où qu’il vienne n’est plus cru. Espérons en la semaine à venir : décidément, il faut vraiment aimer la politique, elle ne le rend pas toujours.

 

 

 

 

 

Les trente pleureuses

Ce n’est pas pour moi un sujet d’enthousiasme, mais il faut bien envisager la réalité : les trente glorieuses de la natalité seront demain les trente pleureuses de la mortalité. Les 18 millions de (baby)-boomers dont j’ai l’honneur de faire partie entrent aujourd’hui dans le champ de l’âge. Viendra le temps où ils en sortiront, non sans quelques bouleversements..

Le nombre de décès annuel, stable dans notre pays depuis les années 50, va augmenter rapidement (il commence tout juste à « frémir ») pour redescendre dans les années 2040-50 dessinant une courbe que l’on compare au célèbre dessin du Petit Prince de « l’éléphant dans le boa ». Pendant les 30 ans à venir, fin de vie et mort, vont croître en importance numérique et il y a fort à penser que cela remette en question  assez profondément la place que l’une et l’autre ont aujourd’hui dans notre société.

Près de 80% des décès surviennent aujourd’hui en milieu hospitalier, souvent à l’issue d’une prise en charge plus ou moins continue et prolongée mais bien souvent aussi, à la suite d’une hospitalisation d’urgence dans les dernières heures. Ceci est bien souvent délétère, les services d’urgence étant un lieu bien peu approprié à l’accompagnement des dernières heures de la vie.

Déjà en nombre très insuffisant aujourd’hui, les structures de soins palliatifs seront incapables de répondre à l’élévation de la mortalité et des exigences que nous devons avoir de l’accompagnement de la fin de vie. Voilà une première conséquence, sans doute la plus urgente à prendre en considération : augmenter le nombre et améliorer la répartition des unités et équipes mobiles pour que chacun puisse y avoir accès, en particulier au domicile et en EHPAD.

Les boomers sont aujourd’hui très nombreux à accompagner leurs parents dans le grand âge. Quand ils l’atteindront eux-mêmes, le nombre d’aidants potentiels auprès d’eux sera relativement beaucoup plus faible. De même, les professionnels des métiers de l’autonomie manqueront gravement si nous ne savons pas anticiper en créant des emplois et des structures en nombre suffisant.

Les économistes voient la question tout autrement. Les plus de 60 ans d’aujourd’hui sont pour 72 % d’entre eux propriétaires de leur logement et globalement (mais non bien sûr en totalité) leur situation matérielle est favorable. L’on prévoit donc, à leur mort, un afflux de biens fonciers sur le marché immobiliser, une vente forte d’ « actifs financiers » et un déséquilibre des marchés.  Il faudrait assurément anticiper en facilitant les donations précoces aux enfants ET aux petits enfants, dont beaucoup sont en situation plus problématique que les générations qui les précèdent.

Tout cela se passera dans un contexte économique très éloigné de celui des « trente glorieuses » qui, outre la natalité, furent des années de forte croissance économique. Rien ne permet de prévoir que cette croissance reviendra. Au contraire, elle restera probablement faible dans tout le continent européen. Ce qui ne facilite pas la résolution de l’équation.

Voilà qui paraît très froid et un peu cruel.  En vérité, c’est s’abstenir de s’en préoccuper qui le serait. Les jeunes générations ont aujourd’hui un accès beaucoup plus difficile que leurs parents ou grands-parents au logement et au crédit.  Les schémas traditionnels économiques, financiers, fiscaux n’ont plus cours à l’aune de cette « transition démographique » qui va tout basculer. Qui en parle ?

Ma génération est aujourd’hui quasi expérimentale de ce que sera le monde de demain. Elle a été en 68 la génération de l’émancipation.  Elle commence aujourd’hui d’être celle qui a à inventer un nouveau mode de vivre l’âge et à  re-penser la place de la fin de vie dans la société.

Vaste programme, dirait le Général.

 

 

 

 

« Bref, tout passera par l’innovation » (« Il faut aimer la politique XII »)

Une fois n’est pas coutume, j’emprunte à Alain Juppé, le titre de ce 12 ième épisode d’ « Il faut aimer la politique ». On l’a vu, ce feuilleton d’un amour (brièvement) contrarié va par « sauts et gambades », selon l’actualité et selon les réactions qu’il suscite. C’est l’absence de toute règle du jeu que je me suis fixée en entamant la série.

Tout passera donc par l’innovation  : voilà au moins une certitude que nous partageons. A monde nouveau, idées neuves et mots nouveaux. Un monde où le poids relatif des continents aura basculé, où les 50 millions de réfugiés que nous connaissons aujourd’hui s’augmenteront des réfugiés climatiques, où un milliard d’humains aura plus de 60 ans et où les vieux vivront autant que les nouveaux-nés en 1850. Un monde où… Tout ce que nous ne savons pas encore et dont seul l’indéracinable instinct de survie des humains nous protège peut-être.

La vitesse des changements, des acquisitions comme sans doute des pertes, s’accélère continument. Les innovations ne sont plus des transformations mais des ruptures (le numérique par exemple), envoyant à la casse des milliards d’objets. Mais qu’en est-il des raisonnements, des idées, des conceptions avec lesquelles nous nous débrouillons du réel ?

La politique n’est pas loin. Le texte où Alain Juppé déclare sa candidature pourrait être écrit à n’importe laquelle des décennies précédentes par n’importe quel candidat de droite, de gauche ou du milieu, appelant au rassemblement, à la confiance, à l’effort, au nouvel élan, à la prise en compte d’enjeux nouveaux…

Ce n’est pas une critique : nous (la gauche) sommes capables de faire bien pire. Juppé est normalien, a écrit le texte lui-même (même sa « tentation de Venise » est du même ton), quoique prenant conseil afin de s’assurer que tous les mots-clefs soient bien cochés : le texte est parfait. Sauf… que personne n’en retient rien, si ce n’est une impression de confort rassurant ; si ce texte avait été exprimé oralement, chacun aurait depuis son début vaqué à ses occupations.

Le moment n’était pas non plus à ce qu’Alain Juppé esquisse un programme. Tout cela est évidence. Et pourtant, en le lisant, et même en le relisant, je me suis interrogée : où est l’innovation, où est le mot ou l’idée nouvelle, où est la flamme indispensable au regard des difficultés qui attendent un Président putatif, dans ce texte convenu ?

Il ne peut y avoir nouvelles idées sans nouveaux mots. J’ai la certitude que l’un va avec l’autre. Boileau le disait déjà : « Ce qui se conçoit bien… ». Celui qui porte une idée en lui la voit progressivement se construire, s’affiner, s’inscrire dans le possible, et le mot vient au bout de cette maturation.

Reconnaissons-le : ce peut-être l’inverse. Un mot vient et éclaire un magma de réflexions qui ne trouvaient pas leur ligne directrice. C’est comme une lumière qui s’allume.

Dans le texte de Juppé (comme dans tant d’autres), nul mot, nulle expression, nulle phrase qui fasse lever les oreilles et se dire intérieurement: « Oui, c’est ça, c’est ça dont nous avons besoin ».

Or la politique, l’avenir de la politique, est à ce prix. Eclairer, donner corps à ce que nous cherchons confusément. Poser le doigt sur les enjeux informulés qui nous préoccupent (dont fait partie la transition démographique et ses trois dimensions : individuelle, sociale et sociétale). Pouvoir se dire, comme quelquefois en lisant un écrivain: « Oui, c’est ça, ça exactement ».

Notre société inquiète, souffrant de la souffrance des autres (ces milliers de morts, partout, le retour de la barbarie..), alourdie de ses difficultés propres, cherche -non pas La Lumière, elle est d’un autre ordre- mais des lumières, des paroles, des gestes qui, à mille lieux de tout « communicant », nous montre qu’un homme est habité de la fonction à laquelle il prétend, fût-elle infiniment plus modeste que celle de chef d’un Etat plus que millénaire.

Il faut en effet beaucoup aimer la politique, car à cela, seuls beaucoup de souffrance, d’interrogation et de doute permettent d’arriver.

 

La santé, c’est de la politique (« Il faut aimer la politiqueXI)

S’il y a un domaine, UN, qui doit faire aimer la politique, c’est la santé. Je suis de parti pris j’en conviens, mes antécédents professionnels ne plaident pas de ce point de vue en ma faveur, mais je crois aussi pouvoir en faire la démonstration.

Ministère fondamentalement politique, sans doute celui que j’aurais préféré, non pas plus mais autant, que celui qui a été le mien, même si cette dimension n’apparaît pas au premier abord. Il concerne un des plus gros budgets de l’Etat (la Sécurité Sociale n’est pas stricto sensu un « budget de l’Etat » et pour cela bénéficie d’une loi de finances spécifique mais elle n’est pas pour cela politiquement « off shore »). Et en parallèle, ce beau Ministère régit le premier souci, le premier outil de chaque Français : sa santé.

La maladie relève d’abord de la médecine, la santé de la politique. C’est la politique qui peut réduire les inégalités de santé, lesquelles relèvent beaucoup moins de la génétique ou du hasard que de facteurs bien concrets où le politique a un rôle décisif : conditions de vie, logement, alimentation, information et éducation. Et bien sûr : revenus.

L’évolution de la pathologie qui bascule chaque jour davantage des maladies infectieuses (bactéries, virus)* ou des maladies lésionnelles (malformations, tumeurs..)* vers les maladies comportementales (addictions, troubles du comportement alimentaire..) alourdit chaque jour le poids du politique dans l’état de santé, ses succès, ses échecs. Chaque jour, ce Ministère devient plus déterminant et m’est avis qu’à lui seul il peut faire basculer l’opinion dans la considération pour la politique ou dans son désamour total.

Quel enjeu, quelle responsabilité! J’en donne un exemple : la politique anti-tabac. Cet exemple peut être décliné pour d’autres dossiers, il constitue une véritable question de cours qu’aucun Gouvernement n’est parvenu jusque-là à régir, dans notre pays comme dans l’ensemble de l’Europe.

Soixante-treize mille morts par an dans la seule France et combien de pathologies chroniques, invalidantes, réductrices, de l’insuffisance respiratoire à l’artérite qui coûtent à ceux qui en sont touchés la joie d’une vie « normale » et au budget de la sécurité sociale une part majoritaire de son déficit.

Je demanderai à l’Assemblée (où viendra prochainement la « loi de santé ») que soit réalisé un rapport sur le coût sanitaire du tabac, même une fois déduites les recettes liées aux taxes sur le produit. Je n’ose avancer de chiffres mais traduit en écoles et en Universités, sa réduction redonnerait du sens et des moyens à la politique.

On le sait, le coût global de la médecine, médicaments, autres traitements, méthodes d’examens, techniques diverses, a augmenté de manière exponentielle. Deux exemples parmi des milliers.

Quand j’ai commencé mes études de médecine, on décelait les tumeurs pulmonaires par des radios simples dont le coût était équivalent à 60 à 100 euros. Puis ce fût le scanner (500 euros). Et enfin le Pet-scan (2000 euros). (Tous ces chiffres à moduler selon le nombre de clichés, d’incidences.. , les proportions demeurant justes).

Aujourd’hui, des médicaments tels que les anticorps monoclonaux, coûtent 1000 à 2000 euros l’ampoule. Le traitement d’un psoriasis sévère revient à 60 000 euros par an…

Nous allons à coup sûr dans le mur sans des décisions fortes, le renoncement à des remboursements inutiles et inflationnistes (la plupart des transports médicaux, mais pas eux seulement), le remembrement du système de santé et… la responsabilisation de chacun.

Faut-il faire bénéficier d’un meilleur remboursement un obèse qui a fait l’effort de perdre du poids de manière significative ? Qui a réduit ou abandonné l’alcool ? Cela est en cours d’expérimentation dans certains pays et je l’approuve.

Et j’en viens au tabac. Même chose que pour l’alcool pour ceux qui parviennent à interrompre leur consommation mais il y a plus. Nous ne pouvons pas continuer à porter le fardeau des addictions les plus toxiques sans revoir nos logiciels, y compris certains principes de la sécurité sociale de 45, élaborée dans un tout autre contexte. Il y faut du courage et la volonté de dépasser nos frontières.

Le prix du tabac doit être calculé au regard de son coût pour la société, selon un principe qui est de l’ordre de celui du « pollueur-payeur ». On comprend qu’il puisse y avoir une taxe sur les camions pour l’entretien des autoroutes. De manière beaucoup plus indispensable encore, le prix du tabac ne peut continuer à être fixé sans considération de son coût sanitaire et social. Nous arriverons sans cela à ne plus pouvoir (voire même pouvoir) payer des soins de haut niveau à l’ensemble des malades.

Soyons optimistes : gageons que le premier pays qui aura ce courage entraînera les autres. Cette politique sera d’autant plus efficace qu’elle sera européenne.

Les critiques ne manqueront pas et la première sera d’effectuer une sélection par l’argent. Ne serait-il pas plus dramatique de réserver les techniques ou les médicaments innovants et coûteux à ceux qui pourraient les payer, ou payer une assurance individuelle inabordable pour la plupart ?

L’enjeu est du même ordre que sortir un jour du nucléaire. Si les instances européennes avaient un programme « sortir du tabac en 2030 », elle serait plus lisible, plus humaine, plus compréhensible de tous.

Il faut aimer la politique : elle seule peut cela, à condition d’une volonté qui transparaisse dans chaque décision et aussi d’un langage et d’un visage plus humains, plus proches du réel et de la vie.

 

 

 

 

 

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