ici, non, c’est non

En Belgique (où l’euthanasie est encadrée mais légale), une femme de 24 ans, sans maladie physique mais en état de dépression, va être accompagnée (aidée) dans la mort pour répondre à sa demande.

J’écris cela sur la foi d’un papier de la Suddeustche Zeitung de ce jour, illustrant le débat sur l’euthanasie qui s’instaure en Allemagne. Ce journal n’a pas l’habitude d’écrire n’importe quoi mais je ne connais rien de tout ce qui ce cache derrière ma phrase introductive.

Qui d’entre nous n’a pas eu à un moment ou un autre envie de mourir ? Ou, plus justement, combien sommes nous à avoir eu cette envie ? Le chiffre n’est évidemment pas connu mais quel qu’il soit, il explique mon refus de cet « accompagnement dans la mort ».

Je laisse les faits bruts, sans autre commentaire. Pour moi, c’est simple, c’est non. Pour autant, je sais qu’aucune loi ne couvrira la totalité des situations de détresse (et toute mort est détresse). Mais, ici, non, c’est non. A quoi serviraient sinon la médecine et ses progrès ?

« Faire de la politique autrement »

L’expression est usée jusqu’à la corde. Pas un rendez-vous électoral sans que, de la gauche extrême à la droite extrême, il n’y ait un(e) candidat(e) pour le promettre et le jurer. Pas une défaite massive sans qu’un parti ou un autre ne réentonne le couplet « il faut faire de la politique autrement ». Pas un non plus pour continuer, dès le lendemain, ses anciennes pratiques.

N’ayant jamais, nulle part, utilisé l’expression, j’y crois encore et depuis les dix années où je suis « pour de vrai » en politique (c’est à dire élue à une élection uninominale), j’essaye. Ma première manifestation publique a été sur le « Bien vieillir »(2004), ma prochaine, demain 29 juin 2015, sur le tabac.

Des sujets qui concernent tout le monde, dans tous les partis et, au moins autant, hors d’eux. Des sujets aussi dont personne n’est exclu et où je n’accepte aucun manichéisme. Des élus, des ministres de droite et de gauche s’y sont investis. En ce qui concerne le tabac, la balance penche fortement en faveur de la gauche et je ne souffrirais pas à l’excès que cela se confirme. Mais ce n’est vraiment pas le sujet. Le sujet, c’est d’avancer.

Quand j’ai été élue députée, je me suis promis que mon -ou mes- mandat(s) serviraient -entre autres- à une cause : la sortie du tabac, la réduction du nombre de cancers effroyables dont il est la cause et de la mortalité, supérieure à toute autre cause , qu’il génère dans tous les pays. Une manière de faire le lien entre mon métier de médecin hospitalier dans le civil  et ma vie politique.

Demain, nous organisons en partenariat avec la Ligue contre le cancer, la Croix rouge, l’Alliance contre le tabac (toutes associations qui ne se commettent pas avec la politique partisane) un débat sur les politiques (au sens universel) du tabac. Notre pays est lanterne rouge en terme de prévalence du tabagisme (une personne sur trois), il n’est que temps d’y regarder de plus près.

Un exemple concret de « faire de la politique autrement » . Deux télévisions nationales seront présentes pour illustrer cet enjeu. Est-ce que ça marche de ne taper sur personne, hors de ceux qui ne font rien et de ceux qui empêchent de faire ? Est-ce que l’idée que la sortie du tabac est d’égale importance politique que l’abolition de la peine de mort, peut se partager et peut tous nous réunir ?

C’est bête, mais j’y crois. RV demain lundi soir à l’Athénée à Bordeaux (18h 30). On en parle, en toute liberté, sans a priori, ni frontières, ni tabous.

 

Débanaliser le tabac

Le mot n’est pas trop joli « débanaliser » mais il est sans doute le plus proche de son objet. Ce n’est certainement pas la même chose de fumer une cigarette que de mâcher un chewing gum à la menthe ou de sucer une pastille de réglisse. Tout juste, ces habitudes se rapprochent-elles par un brin de stade oral subsistant en chacun de nous, mais la différence majeure demeure : la cigarette, comme les autres produits du tabac, est le toxique le plus toxique de ceux que nous consommons et le produit addictif le plus addictogène de tous.

A côté des « 5 piliers politiques » de la sortie du tabac, les mesures de débanalisation ont cet intérêt de montrer que fumer n’est pas un acte innocent ni pour soi, ni pour son entourage. Par leur convergence, elles font prendre conscience des différents niveaux et des différents modes de toxicité des produits du tabac. L’opinion se saisit de l’une ou de l’autre, puis d’une autre encore et la perception du risque finit par l’emporter.

On connaît ces mesures : interdiction de fumer à l’intérieur d’une voiture où il y a des enfants, dans les aires de jeux, sur les plages et les lieux sportifs, toutes mesures qui viennent compléter l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Certaines visent d’abord la population jeune : obligation d’un titre d’identité pour prouver sa majorité quand on achète du tabac que j’ai fait adopter lors de la dernière loi de santé, interdiction des addictifs parfumés…

Certaines mesures ont pour cible les mégots et leurs dégâts environnementaux comme par exemple l’amende de 65 euros  instituée par Anne Hidalgo, Maire de Paris, si l’on jette des mégots dans la rue. J’incite Alain Juppé à faire de même à Bordeaux, ne serait-ce qu’en appliquant la loi générale qui prévoit une amende de 15 euros pour tout déchet jeté sur la voie publique. Pour l’instant, pas de réponse positive alors que je sais qu’il partage le souci de l’augmentation du tabagisme.

Les mesures d’interdiction de publicité pour le tabac (directe ou déguisée) sont à la fois des mesures majeures et des mesures de débanalisation. Elles sont de moins en moins respectées du fait de l’insuffisance des contrôles et des sanctions. J’espère que l’on ne continuera pas en ce sens.

Nous parlerons de ces deux niveaux de législation dans la lutte contre le tabac demain lundi 29 juin 18h30, à l’athénée municipal de Bordeaux. L’objet n’est certainement pas d’interdire (trop tard et il faudrait le faire dans tous les pays voisins) mais pour que la conscience du risque prévale et que la raison l’emporte. En Australie, moins de 15% de la population fume. Plus du double chez nous.

Rien ne sera cependant possible sans l’adhésion de l’opinion : c’est l’objet de ce débat sur les politiques du tabac et leurs freins. Soyons nombreux à le partager.

 

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Crânes d’oeuf, ceux qui sont chauves à l’intérieur de leur tête

Une courte citation de mon compte-rendu de mandat parue dans « Sud Ouest » m’a valu moultes remarques et interrogations.

La citation ou supposée telle car il s’agissait d’une parole libre, sans calcul d’aucune formule, était « les crânes d’œuf prolifèrent à tous les étages ».

Le microcosme bordelais s’en est ému, la parution dans Sud Ouest était faite pour cela. « S’agit-il d’Alain Juppé ? ». Alain Juppé lui-même ne m’a pas contactée, ce qui ne fut pas le cas de Matthieu Rouveyre, « S’agit-il donc de moi ? », mais qui fut celui de Jean-Luc Gleyse qui, s’il l’a lue dans notre excellent quotidien régional, en a souri sans y voir une quelconque malignité à son égard, ni à celui de quiconque.

S’agissait-il du journaliste lui-même qui, percé au plus intime de lui-même (le poil capillaire est d’une grande sensibilité dans la gente masculine, au point que l’un de nos collègues députés le préféra à tout autre exercice de la médecine) ?

Que nenni… Ni Juppé, ni Rouveyre, pas davantage Benoit ou Jean-Luc. « Crâne d’œuf »  désigne de symbolique façon « ceux qui sont chauves à l’intérieur de leur tête » . La parole est de Prévert mais les poètes de la Renaissance l’avaient déjà esquissée.  Ces chauves–là  sont partout. A Bordeaux, ils font des plans de circulation ; dans les Ministères (d’autrefois..), il arrivent à faire payer par trois institutions différentes ce qui devrait relever d’une seule. Adeptes du mille-feuilles, territorial ou pas, de la banane courbe alors qu’on aurait pu la faire droite, de la formule absconse, des comités Theodule ou pas, ils ont souvent plus de diplômes que de bon sens, s’entre-cooptent, se microcosment et  se multiplient telles paramécies dans un bocal.

Rassurés, Alain, Matthieu, Benoit, tant d’autres ?

Conférence-débat « Sortir du tabac en 2030″ Lundi 29 juin à 18h30

A l’Assemblée nationale je suis très impliquée sur les sujets de santé et ces derniers mois j’ai beaucoup travaillé pour faire évoluer nos politiques de lutte contre le tabagisme, puisque la France est la lanterne rouge de l’Europe en matière de prévalence du tabac. Notre pays compte 13 millions de fumeurs (près de 30% des jeunes et des adultes), et les dégâts sanitaires et financiers sont colossaux : 78.000 décès par an, et un coût pour la société de 47 milliards d’Euros.

Les stratégies commerciales et marketing – pas toujours légales – des géants du tabac nous obligent à nous doter de mesures fortes pour éviter aux jeunes d’entrer dans le tabagisme.  Ainsi la loi de modernisation de notre système de santé, qui vient d’être votée à l’Assemblée, apporte plusieurs avancées dont la mise en place du paquet neutre, porteur d’un message sanitaire couvrant 65% de sa surface d’ici mai 2016 . Parmi les amendements que j’ai proposés, ont été adoptés l’interdiction de l’installation d’un nouveau débit de tabac à proximité d’un établissement scolaire ou d’un établissement de formation ou de loisirs pour les jeunes et l’exigence de présentation d’un titre d’identité pour que les jeunes voulant acheter du tabac prouvent leur majorité.

Il reste aujourd’hui à assumer l’objectif de sortie du tabac d’ici 2030.

Dans le prolongement de mon action à l’Assemblée et au-delà d’elle, j’organise, en partenariat avec la Ligue contre le cancer, la Croix-Rouge française, l’Alliance contre le tabac et AGIR33 une série d’évènements. Le premier aura lieu le 29 juin prochain à l’Athénée à 18h30, et sera consacré aux politiques nationales et européennes du tabac ainsi qu’aux freins qui les retardent ou les empêchent.

Il est bien sûr très largement ouvert à tous.

Invitation

Sortir du tabac en 2030
Fiscalité, harmonisation européenne, action de groupe, lutte contre le commerce illicite et l’influence des lobbies

Michèle DELAUNAY, Députée de la Gironde, ancien Ministre

en partenariat et avec la participation de :

Yves BUR, Président de l’Alliance contre le tabac et député honoraire,
Pr Albert HIRSCH, Administrateur de la Ligue contre le Cancer,

et avec le soutien de la Croix-Rouge française

vous invitent à une réunion publique Lundi 29 Juin 2015 à 18h30

à l’Athénée Joseph Wresinski, place Saint Christoly à Bordeaux

 

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