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L’augmentation vertigineuse des prix de l’immobilier dans les grandes villes constitue une alerte économique, fiscale et sociale de première grandeur.

Une constatation d’abord : la majorité des Français vivent aujourd’hui dans les grandes villes, et une importante part d’entre eux à Paris. Cet état de fait s’accentue régulièrement et continuera de s’accentuer.

Le premier constat est surtout valable pour les plus grandes de nos villes : l’augmentation de l’immobillier ancien veut d’abord dire qu’il est majoritairement acheté par les étrangers qui tirent les prix vers le haut. Une cause : nous ne produisons plus assez de richesse pour pouvoir acheter nous-mêmes. Deux conséquences : nous cédons la plus belle partie de nos villes à des capitaux qui ne sont pas les nôtres et nous désertifions les centres villes car ces achats correspondent le plus souvent à des résidences temporaires. « Désertifier » n’est sans doute pas le bon mot étant donné la densité dans les centres villes. Mais nous les privons de vie réelle.

Deuxième constat, sans doute le plus cruel. Seul le patrimoine peut désormais acheter. Les logements anciens de centre ville qui sont encore achetés par ceux qui habitent et qui travaillent dans ces villes, le sont par ceux qui possèdent déjà des biens et dont les moyens financiers leur permettent de les échanger pour un plus grand ou un mieux situé en revendant le précédent. Rarissimes sont ceux qui peuvent acheter « ex nihilo ». Les prix ont atteint de tels niveaux que même l’emprunt sur de très longues durées ne permet plus d’y accéder.

Parallèlement à ce constat, nous avons subi en 2007 une baisse des droits de succession. Je dis bien « subi », car ceux-ci sont une des armes principales de redistribution de la fortune. L’impôt actuellement taxe notablement le patrimoine mais faiblement sa transmission. Le bouclier fiscal empêche que la taxation du patrimoine amène à sa vente et la redistribution connait ainsi une lourde panne.

Les conséquences fiscales sont évidentes et nous devrons plancher très vite, si nous accédons au pouvoir, sur une réforme globale donnant du sens à la redistribution.

La troisième conséquence est la plus grave en profondeur. La bulle immobilière est un formidable agent de ghettoisation et d’exclusion sociale. Elle est aussi un agent de révolte et un vecteur de déflagration sociale. Qui ne l’entendra pas la prendra en pleine figure.

Que faire ? La loi peut-elle quelque chose ? En partie sans doute, par une politique de réserve foncière, de priorité absolue de vente des biens d’Etat et des biens communaux à destination du logement conventionné. En étendant les contraintes du PLH (20% d’habitat social dans chaque ville) aux quartiers. Il ne sert en effet de rien d’imposer cette règle à l’ensemble du territoire d’une commune, quand celle-ci a déjà des zones d’habitat social. Comme à Bordeaux, c’est là que la municipalité en construit (très insuffisamment), mais cela ne règle en rien la question des ghettos.

Une fois encore aussi par une politique fiscale tout à l’envers de celle que ce gouvernement a déjà faite et menace d’aggraver.

Enfin, bien évidemment, en votant.

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