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Les « plans » affichent rarement de mauvaises intentions ; je me réjouis pourtant sans réserve de l’axe majeur qui a été choisi pour le deuxième plan cancer : la réduction des inégalités devant la maladie.

Sans réserve, mais non sans crainte : la réduction des inégalités en face de la santé et des soins n’est pas le point fort de ce gouvernement. Les franchises médicales, l’absence de toute action pour réduire les dépassements d’honoraires, contraignent un nombre croissant de Français à renoncer aux soins ou à les retarder et j’ai interpellé hier la Ministre dans l’hémicycle en particulier sur ce point.

Autre crainte : la modestie des ambitions en matière de dépistage.

Une inégalité fondamentale en face du cancer est l’accès au dépistage, comme le montrent les résultats du dépistage organisé du cancer du sein : moins de 50% des femmes entre 50 et 75 ans sont dépistées et ce sont celles qui sont les plus pauvres et les plus isolées qui sont majoritairement touchées.

Le plan cancer ne prévoit qu’un objectif de deux femmes sur trois accédant au dépistage pour l’année 2013. Cela signifie : laisser perdurer une criante inégalité.

Que faut-il faire ? Enfin, généraliser le dépistage à 100% des femmes, le rendre obligatoire, ce qui ne signifie aucunement punir ou pénaliser les femmes qui n’y sont pas allées, mais au contraire déclencher en leur faveur une stratégie graduée de rappels allant jusqu’à la visite au domicile de travailleurs sociaux. De telle manière qu’aucune femme, dans les limites d’âge où le cancer est particulièrement fréquent, ne perde de chance de guérison. Obligation n’est pas sanction : ce caractère « obligatoire » sera en fait partagé par l’Etat, obligé de tout mettre en oeuvre pour faciliter l’accès de la femme au dépistage, et par la femme, finalement convaincue de la nécessite de s’y rendre.

Le dépistage est le vaccin des maladies qui n’ont pas de vaccin. Et pour cela, nous devrions enfin franchir la barrière qui interdit actuellement de rendre obligatoire tout acte médical à l’exception de ceux qui concernent les maladies infectieuses.

C’est la condition pour obtenir un progrès substantiel en terme de santé publique. C’est aussi la possibilité d’économies non moins substantielles : un cancer grave évité, ce sont des dizaines de journées d’hospitalisation, des examens coûteux, des traitements longs et eux aussi onéreux, qui sont également évités.

Que faut-il pour cela ? Une vraie volonté politique et j’ai pour ma part besoin du soutien de l’opinion pour essayer de la communiquer à gauche comme à droite.

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