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On en arriverait presque à donner raison à ceux qui se sont élevés contre Maastricht -dont le regretté Philippe Seguin- et contre le traité constitutionnel européen. L’Europe ignore décidément nos traditions, notre culture et nos particularismes locaux.

Une directive européenne en préparation risque aujourd’hui de mettre à mal des siècles de savoir-faire et de science oenologique. Pour d’obscurs motifs de protection du consommateur et de sécurité alimentaire, voilà qu’il est aujourd’hui question d’imposer une date de péremption au vin de Bordeaux.

Bien sûr, il y a des abus. On connait des caves où des bouteilles centenaires sont encore réputées buvables. On connait des restaurants parisiens ou des bouteilles de mon âge sont offertes à la dégustation de touristes ultra-fortunés au prix de dix ou quinze mille euros ! Et à Bordeaux même, des vinothèques exposent des bouteilles et des magnums ayant à l’évidence dépassé l’âge de la retraite, même prorogé de deux ans. Qui peut garantir à cet âge qu’un germe fâcheux ou quelques microgrammes de cette « bouillie bordelaise » qui protégeait nos vignes de la pollution fongique ne se soit dégradé en un dérivé hautement toxique ? Tout cela bien sûr ne peut totalement être ignoré ou négligé.

Quant à imposer sur chaque bouteille, sur chaque étiquette, une date de péremption nettement lisible, en deux langues puisque notre produit phare est largement exporté, je dois, moi-même qui suis une européenne convaincue et une ardente défenseure de la santé publique, trouver cela excessif. L’Europe doit aussi prendre en considération les conséquences économiques possibles d’une telle mesure sur nos territoires.

Toujours désireuse d’être à l’origine d’actions concertées avec notre municipalité quand il s’agit de défendre Bordeaux, je me propose de contacter l’adjointe Sonia Dubourg Lavroff, présidente de la Maison de l’Europe Bordeaux-Aquitaine, pour que nous demandions de concert des garanties sur la taille de l’inscription et surtout, bien sûr, sur les délais imposés, afin de défendre la sécurité alimentaire mais aussi une tradition et un art qui n’ont plus besoin de démontrer leur excellence.

Je compte aussi grandement sur notre amie commune Catherine Lalumière, ancienne secrétaire générale du Conseil de l’Europe, pour mener avec nous cette action. Je suis sûre en outre de pouvoir compter sans réserve sur celui qui reste pour nous le député européen par excellence, Gilles Savary. En connaisseur Il saura plaider pour les bienfaits de nos produits et témoigner de leur bonification en prenant de l’âge.

La demande en réalité viendrait, non des Européens eux mêmes mais des Chinois, premiers importateurs depuis peu de nos vins, qui auraient préféré agir par l’intermédiaire d’un intense lobbying européen que directement sur notre gouvernement dont ils craignent les fausses promesses. Quel qu’en soit l’auteur, nous devons aujourd’hui tous nous mobiliser et je ne pensais pas si bien dire en écrivant dans mes documents de campagne que chaque Bordelais avait aujourd’hui dans les mains une part de l’avenir de notre pays et de sa qualité de vie.

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