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Je suis bouleversée d’entendre (à l’instant) un débat sur France-Inter où deux des sujets clefs sont, bien évidemment, Mitterrand et Jean Sarkozy.

Devant les micros, Patrick Balkany, Jean-Marie Colombani, François Rebsamen, Maurice Szafran. Un seul pour dire que, dans la première « affaire », la responsabilité ne revenait pas à Mitterrand mais à celui qui l’avait nommé. Mais surtout, concernant Jean Sarkozy, pas un, pas un seul pour parler de la situation des jeunes de l’âge de Jean Sarkozy, en France aujourd’hui, pas un seul pour parler d’exemplarité républicaine, pas un seul pour dire qu’être élu dans les Hauts-de-Seine quand on est ump et fils du président de la République ump est une auréole de petite gloire.

Que Patrick Balkany dont le fils Alexandre, au même âge que JS possède une société de jeux en ligne, parle à propos du fils de Nicolas Sarkozy de « Mozart qu’on assassine », que pouvait-on attendre d’autre ? Je cite « J’ai connu son père au même âge, il est encore plus talentueux, lui seul peut avoir cette vision d’avenir pour un lieu où se décide l’avenir de la France » (les derniers mots sont approximatifs). Mais, pour gérer ce temple des marchands, ce budget considérable, il faut non seulement du talent, mais surtout du caractère, et en avoir fait preuve !

Que Jean-Marie Colombani, ex-directeur du Monde, ait entonné les trompettes de la renommée, c’est décevant, très décevant, mais il ne fut jamais ni Beuve-Méry, ni Mauriac. Mais que François Rebsamen, numéro deux du Parti Socialiste il y a peu, n’ait à aucun moment mis en perspective cette nomination avec la désespérance des jeunes, avec les belles paroles de Laurent Vauquiez, avec le petit plan de Martin Hirsch, qu’il n’ait à aucun moment dit que, s’il avait 23 ans, qu’il se sentait du talent, pas forcément moins de talent que le jeune Sarkozy, il aurait envie de hurler ou de casser quelque chose, cela, oui, m’a bouleversé. Où sont les socialistes s’ils ne s’exonèrent pas de l’écume de people-ocratie, de cette espèce de nombrilisme suraigü qui fait que l’on ne voit plus autour de soi que les gens dont on parle dans les médias ?

Un seul était proche de ce que je peux penser : Maurice Szafran. Pondéré et donnant à cette nomination tout son poids et sa valeur symbolique.

Je le dis simplement : cette nomination, sa concordance avec le texte légalisant les jeux d’argent en ligne, marquent pour moi un tournant assez violent. On ne m’a en particulier jamais trouvé dans mes paroles non plus que dans les nombreuses centaines de billets de ce blog, pour émettre des réserves ou des critiques à l’égard d’un responsable socialiste. Mais, même cela, est secondaire.

L’important est plus grave, plus profond, plus radical, qu’il ne s’agit pas d’exprimer dans les quelques lignes d’un billet d’humeur.

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