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La reprise de la session parlementaire aujourd’hui marque le retour des départs très matinaux vers Paris chaque semaine. Ils sont devenus une sorte de rituel, très sensible aux changements de saison qui décorent et illuminent très différemment le tunnel de paysages où roule le train. C’est le grand prodige de la nature que ce mélange d’immuabilité (le paysage est en réalité le même, le cycle des saisons est fixe depuis des millénaires) et de variabilité extrême qui fait que d’un jour ou d’une heure à l’autre, tout change.

Quasi-rituel aussi un morceau de conversation, partagé avec l’un ou l’autre de ces voyageurs du matin. Aucun de ceux-là ne va à Paris pour visiter la tour Eiffel ou le Grand Bon Marché. Les ordinateurs s’ouvrent avant le départ du train, le journal cache les visages, les serviettes noires attendent aux pieds comme des serviteurs fidèles. Reconnaissons-le, la parité est bien mal représentée et dans mon wagon présentement, j’aperçois plus de crânes chauves que de chevelures bouclées (à vrai dire ce matin aucune chevelure bouclée).

L’échange était tout à l’heure avec Bernard Fath, maire de Léognan et conseiller général. Bernard disparaissait dans une double page de Sud Ouest consacrée à la LGV qui le préoccupe beaucoup : elle traversera son canton et l’on devine que cela n’ira pas sans retentissements ou réclamations territoriales.

Le ciel s’éclaircit au dessus des toits d’Angoulème, en partie blanchis de neige. Bernard est retourné dans son journal, moi dans mon ordi et maintenant dans une pile d’articles et de dossiers que je réserve à ces trois heures suspendues deux fois par semaine entre mes deux villes de résidence.

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