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Dans mon billet juste précédent, j’exprimais que la qualité d’un discours se mesurait à l’aune de la force qu’il donnait à ceux auxquels il était destiné. Le discours de François Hollande au Bourget, de ce point de vue comme de tous les autres, est alors de tout premier niveau.

Peu de politiques, de gauche comme de droite, ont cette force de donner de la force. C’est une qualité essentielle, c’est une qualité exceptionnelle. Et dont le fondement, très simple, est peut-être d’être soi-même et d’être auteur en même temps que porteur du discours.

Après un « brain storming » avec son équipe la plus proche, François Hollande a écrit lui-même ce discours, de la fibre dont il est construit, de la main qui est la sienne. Il ne pouvait en être autrement de sa part. A La Rochelle, sur le terrain, je l’ai écouté maintes fois : jamais il n’a été autrement. Pas toujours peut-être à ce niveau exceptionnel du Bourget, mais toujours si généreux de lui-même que cet élan qui ne tient pas qu’au choix des mots ni à la force de la langue se transmettait à ceux qui l’écoutaient.

« L’homme politique le plus doué de sa génération ». Les mots sont de Ségolène Royal et ils sont vrais. Qualités humaines, attention à l’autre, courage, détermination, et en plus de cela intelligence, vive, pétillante, joyeuse, amicale, François est doué, doté. L’intelligence, que j’ai placée en dernier, n’est qu’un outil au service des qualités placées avant elles, mais reconnaissons que quand elle manque, le cerveau, ce spectateur pincé dès qu’il n’est plus acteur, a du mal à adhérer.

François a tout cela et le discours du Bourget vient une fois de plus de nous le montrer. Amical, selon sa nature, magistral selon la mission qu’il s’est assignée. J’ose à peine dire : comparez avec la lecture des discours de Guaino par Sarkozy. La voix, le stimulus d’être en haut de l’affiche, ont un instant (trop long) fait illusion. La voix, le parler, se sont « remplis de craie » comme disent les Allemands parlant du grand méchant loup voulant séduire le petit chaperon rouge et plus personne ne trouve ni plaisir, ni force à écouter Sarkozy. Mais ce n’est déjà plus la question.

Un petit amusement pourtant : imaginer, en ce moment même, la cellule riposte de l’Elysée plancher sur les éléments de langage à distribuer aux Ministres, aux élus et jusqu’aux préfets pour dénigrer le discours de Hollande. Heureusement, la plupart de ceux- là sont déjà chauves.

La question n’est pas non plus : François peut-il gagner ? Elle est aujourd’hui une affirmation : il doit gagner. Lui seul, lui seul peut rendre palpable ce désir, cette exigence de nous mobiliser tous pour reconstruire notre pays, lui faire retrouver, non le rêve (je suis des grincheux qui ont critiqué le mot), mais la force de prendre chacun notre part de responsabilité pour redonner toute sa grandeur, non seulement à la fonction présidentielle, mais au rôle de chacun de nous.

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