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« Heureux comme quand il pleut et que l’on sait un ami dehors ». Cet aphorisme d’un mien ami me fait rire chaque fois que je le prononce dans ma tête. Ce qui n’est pas rare. A vrai dire, j’ai la tête bavarde, et il ne faut s’étonner de me voir la mine réjouie ou lugubre sans motif apparent : je me raconte une histoire.

Mon aphorisme est une fois encore la preuve que l’humour ne va pas sans l’acuité d’une pointe de cynisme. Feint en général, ce qui ne le rend que plus fin. Le vieux Bergson a dit tout cela, mais il en était à peine besoin : nous le savons tous dans notre faible intérieur.

Ce week-end, grands jours de départ en vacances de ces malheureux franciliens qui s’entassent les uns sur les autres, les trains sont rares et bondés, les routes d’autant plus surchargées et les aéroports fermés. Scénario catastrophe auquel l’immense privilège d’avoir un jardin et ma nature casanière me donnent la chance d’échapper. Devant ma fenêtre à l’instant, tout n’est pas ordre, mais à coup sûr beauté ; tout n’est pas luxe (si ce n’est l’existence même du jardin), mais à coup sûr, calme et agrément.

Pour dire la vérité vraie, j’ai déclaré ce week-end période de grandes vacances. Et orienté tous mes soins, toutes mes préoccupations, tous mes efforts en direction du jardin. Les sacs de terre attendent en rangs serrés, les pots vidés et nettoyés sont prêts à accueillir boutures et nouvelles plantations. Le bonheur.

Tout cela dans un calme que je n’ose qualifier d’olympien. Il n’est pas du tout sûr que là haut, comme d’une manière générale dans les plus hautes sphères du pouvoir, disputes, vacarme et rancoeurs ne l’emportaient pas sur sérénité et recueillement. Et pour l’heure, je suis probablement mieux à mon aise dans mon jardin que dans celui de « la Lanterne » où notre vénéré Président a l’habitude de réunir sa cour.

« Tout le malheur des hommes vient de ce qu’ils ne savent pas se tenir en repos dans une chambre » disait Pascal, qui à l’évidence n’avait pas le goût du jardinage. Eût-il en effet changé la chambre en un jardin, que je souscrirais à ses propos. Encore faut-il avoir un jardin, un lieu à vivre dont le bruit, la télé, l’agitation, le manque de place ne vous chassent pas.

Et nous voilà clairement de retour dans la politique.

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