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Certains hommes politiques me font penser à ces hommes bizarres, durs dans leur profession, redresseurs de tort à l’extérieur et… Qui filent doux à la maison. Curieusement ces hommes politiques, ces va-t-en guerre du verbe -et quelquefois pas- que, ces grands imprécateurs universels, sont d’ailleurs toujours des hommes

Mais, bon, l’heure n’est pas à ce type de mise en discussion des aléas et des faiblesses de la masculinitude, mais bien à un examen pondéré et respectueux de la proposition de loi adoptée hier 22 décembre à l’Assemblée : il s’agit de la loi «visant à « réprimer la contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi». Au bout du viseur : le génocide arménien.

Cette loi est-elle opportune ? Nous avons, avec raison, reconnu en 2006 le génocide arménien. Chaque génocide est une énorme pierre noire dans l’histoire de la bête humaine, qu’il ne s’agit pas de contourner, sur lequel il n’est pas question de fermer les yeux et qui impose un respect que rien ne pourra dissoudre; ni atténuer pour les victimes et pour leurs descendants comme pour tous ceux qui se sentent leurs frères. Un siècle presque après cette horreur que fut le génocide arménien et que bien d’autres ont suivi, ce sont ces sentiments qui nous animent.

Ces seuls sentiments, même au moment où j’exprime mon regret du vote de cette propotion de loi.

Mon regret plus grand encore de sa présentation en période électorale avec le double éternel objectif des politicards de petit niveau : rallier les suffrages d’une communauté et détourner le regard des électeurs de la somme d’échecs dont on est comptable.

Ce n’est pas à la hauteur de la situation de notre pays, ce n’est pas à la hauteur de la situation de l’Europe.Car c’est bien aussi d’Europe qu’il s’agit quand nos relations avec ce pays fier qu’est la Turquie sont en jeu.

Faut-il marquer d’un nouveau fer rouge les jeunes Turcs dont ni eux-mêmes ni leurs parents n’ont eu quoi que ce soit à voir avec le génocide arménien? Faut-il; une fois encore, faire dire l’histoire aux tribunaux et non aux historiens ?

Non. S’abstenir en ce moment de cette loi aurait été d’une urgente nécessité. Cela aurait évité aussi à Alain Juppé une de ces phrases cassantes qui n’ont sans doute fait qu’aggraver le ressenti du peuple turc: « j’invite la Turquie à ne pas surréagir ». Erdogan pas plus qu’aucun autre des responsables de ce pays peut-il n’être pas froissé de cette « invitation » de Maître Juppé ?

Il invite la Turquie à ne pas sur-réagir. Eh bien moi, députée récente et qu’il juge sans doute « par effraction », je l’invite à inviter son gouvernement à ne pas sur-mal-agir

N’est il pas numéro 2 du gouvernement ? N’est-il pas celui sans qui rien n’arrive, sans qui rien ne se décide, à la fois l’oreille du Président et sa voix de tête ? N’est-il pas à défaut du grand, le petit bachibouzouk de ce gouvernement gribouille ?

Je sais qu’Alain Juppé était défavorable à la présentation de cette proposition de loi ump et je lui en rend raison. Mais jusque dans son domaine, celui des afffaires étrangères, n’a-t-il pas la capacité d’élever la voix et d’inviter fermement ses commensaux à ne pas faire n’importe quoi, lui qui prétend à l’extérieur faire tomber les dictateurs ?

L’avenir est dans la rigueur. Pas la rigueur économico-financière des marchés, mais dans la rigueur tout court, celle du caractère et de l’intelligence.

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