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Et bien oui, nous en sommes-là. Comparez le discours de Grenoble à la traduction – imparfaite- qui m’a été envoyée d’extraits du discours d’Haakon de Norvège après la tuerie d’Utoya. D’un côté un machiavel de province, électoraliste et bassement populiste, flattant les instincts primaires d’un peuple qui majoritairement ne l’est pas ; de l’autre, un prince familier de son peuple, peu nombreux il est vrai, mais habitué à une grande simplicité de vie, aux valeurs solides de ceux qui vivent dans des climats austères et des pays étendus; D’un côté un populisme de bas étage, jouant sur les mots clefs de la haine larvée, des petites rancoeurs et de l’ordinaire des looseurs patentés. De l’autre, un jeune homme, blessé au fond de son coeur à l’égal de chaque Norvégien, après ce jour leur pays a perdu sa virginité » selon le beau titre du « Monde ». Y’a pas plus républicaine que moi, mais quelquefois on se prend à douter…

« Ce soir, ceux qui ont voulu nous punir sont punis plus encore. En réponse à leur acte, ils ne trouveront que des rues marquées par l’amour, par la volonté de demeurer ce que nous sommes (..)

Nous voulons répondre à la haine par la proximité. Nous voulons réponde à la haine par la cohésion. Nous voulons montrer où nous en sommes. La Norvège est un pays en deuil. Nous pensons à tous ceux qui sont en deuil, à tous ceux qui ont perdu un enfant, un proche.

Ceux qui se trouvaient à Utoya et au quartier gouvernemental, ont été des cibles du terrorisme. Mais ce terrorisme nous a tous également touchés. Il y aura un avant et un après le 22 juillet. Et après ce jour, nous ne pourrons plus jamais nous permettre d’estimer que nos opinions, nos postures sont sans signification. Nous devons nous rencontrer tous les jours et être ainsi armés, par cette conscience, pour défendre cette société libre et ouverte que nous aimons tant.

Ce soir nos rues sont pleines d’amour et de fraternité. Nous nous trouvons devant un choix. Nous ne pouvons pas faire revenir ce qui est perdu. Mais nous pouvons nous décider ce que cela signifiera pour notre société et pour chacun d’entre nous. Nous pouvons nous décider que désormais, plus que jamais, personne ne sera seul. Nous pouvons décider que nous vivrons véritablement, profondément ensemble. pour que personne doive être seul. Nous pouvons décider que nos lois, nos choix, nos exigences ne seront pas modifiées

Chacun a à prendre cette décision, personnellement, au profond de sa conscience. Vous, moi, ensemble, tous les jours, nous aurons à nous acquitter d’un devoir. Ce devoir, nous devrons l’accomplir lorsque nous serons ensemble pour dîner, chez nous, à la cantine, dans nos associations, hommes et femmes, à la campagne et en ville.

Nous voulons une Norvège dans laquelle nous vivons ensemble dans une communauté où nous avons la liberté d’avoir des opinions et de les exprimer. Où nous considérons chacune de nos différences comme une chance. Dans laquelle la liberté est plus forte que la peur. Ce soir, je vous le dis, nos rues sont pleines d’amour. »

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