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Dimanche sans manifestation, ni célébration. Selon le principe que ce qui est rare est précieux, j’apprécie à sa valeur cette matinée sans heurts et le plaisir de ne parler de rien d’autre que de la vie qui va. Plaisir pas toujours si inoffensif qu’il n’y parait : c’est quelquefois en écrivant ainsi, sans savoir où l’on va, que l’on fait les plus étranges rencontres.

Sur mon bureau, trois bulbes de jacinthe réunis dans une petite soupière. Ils sont à peine éclos, attendrissants d’efforts pour faire sortir de cette bogue rugueuse et grise un bouquet vigoureux de pousses vertes. L’hiver n’est pas là encore que les bulbes jouent les agents secrets de ce qui viendra après lui.

Autour de moi, le silence, privilège entre les privilèges, et quelques chants d’oiseaux épars, sans conviction et sans entrain. La journée va se partager au petit bonheur entre le travail de bureau et les « choses de la vie ». Avant hier, lors de l’inauguration des nouveaux locaux de « promo-femmes », la charismatique nouvelle présidente de l’association a entamé son discours en déclarant « qu’elle ne savait pas faire de discours ». S’en est suivi un remarquable exposé sur l’histoire, les valeurs et l’avenir de cette belle association, le tout exprimé avec charme et conviction.

J’ai répondu en disant qu’elle avait fini de me convaincre de ce que je crois de longue date : les femmes savent tout faire et c’est la multiplicité de leur vie, bien plus que la génétique, qui leur fait ce cadeau quelquefois empoisonné.

Mon chien, qui est une chienne, approuve d’un battement de queue.

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