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Les promeneurs du matin ne sont pas des Hossegorois ordinaires. Amis de la plage quand elle est vide, arpenteurs de dunes quand seuls quelques gros chiens la dévalent et n’aimant devant eux sur le sable que les hiéroglyphes laissées par les oiseaux. Bref, ils sont tout au contraire des autres qui se pressent « en ville » quand eux tardent à rentrer de leur promenade et qui s’amassent sur le sable quand ils n’y sont plus depuis longtemps.

Le promeneur du matin a une autre plaisante caractéristique : il salue son congénère quand il le croise, comme autrefois les paysans sur les chemins de campagne. Bien souvent, il a un chien, tournoyant autour de lui, flairant en bord d’écume des relans de poissons marins, allant bruyamment saluer lui aussi tout ce qui jappe ou aboye à une demi-lieue à la ronde. Le promeneur du matin s’encquiert souvent de la race ou de la bonne santé du chien de l’autre promeneur, évoque un chien semblable qu’avait son grand oncle ou un autre encore qui se promenait avec lui avant d’être écrasé par un tracteur.

Le promeneur du matin connait depuis deux ou trois décennies une variété rapide : le joggeur du matin. Celui-ci ne bavarde pas, il souffre, les pieds demi-enfoncés dans le sable toujours trop mou pour ses performances, le regard fixé sur un point loin devant où certainement lui est promise une récompense visible de lui seul.

Le joggeur du matin, majoritairement masculin, n’est pas mauvais bougre pour autant et il est souvent joli garçon. Quoi que… Depuis que la mode s’est répandue de cette race éprise, sinon d’absolu, de rapidité qui comme on sait est toute de relativité, la joggeur du matin a vieilli, et les nounours soufflants et grisonnants sont de plus en plus nombreux entre les apprentis Carl Lewis.

Une variété nouvelle, rencontrée plusieurs fois cette semaine, est le joggeur du matin entrainant à ses côtés, en laisse ou pas, son chien qui pourtant aimerait si fort musarder d’un bris de lame à un autre canidé. Remarquons que l’inverse n’est jamais vrai et qu’aucun chien à cette heure n’a été vu faisant courir son maître à l’insu de son plé gré comme disait il y a peu un célèbre joggeur sur roues.

Au retour, le (ou la) promeneur du matin regarde du haut de la dune, tel le sage, la plage se remplir et la chaleur s’étendre lourdement.

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