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J’atterris -au sens figuré- après quatre jours intenses, principalement à Paris et principalement occupés du projet de loi sur la réforme des retraites que nous examinions en commission.

Principalement mais non seulement. Les dossiers à boucler à l’Assemblée avant la courte pause ménagée entre deux sessions « extraordinaires », le mélange entre les engagements de rentrée qui se profilent déjà, le fond continu du quotidien politique et le planning du jour ont constitué une sorte de brouhaha qui met à l’épreuve notre capacité à passer d’un sujet à l’autre tout en essayant de rester souverain dans chacun. C’est un peu par vengeance que j’intitule ce billet « dans la paix du jardin », jardin où j’ouvre à l’instant, comme un grand livre, mon ordi, avec l’espoir que les avatars et désagréments qui ont interdit l’accès à ce blog pendant une partie de ces quatre jours voudront bien ne pas se reproduire.

La paix, c’est trop dire. Les hélicoptères du tour de France ronflent au dessus de la ville, l’agitation est à portée d’oreille, le programme de la soirée n’est pas clos. Mais.. La paix se déclare, tout autant que la guerre !

Quelques flashes de ces quatre jours. Un entretien en tête à tête avec Robert Badinter autour des intégristes de tous poils et obédiences et de leur capacité de nuisance. Ils naissent pour lui de l’affaiblissement des religions. j’ai ajouté que, nés de leurs pertes d’audiences, ils étaient en marche pour les détruire au profit d’un chaos fait de haine et de violence. Entretien qui ne se résume pas en deux lignes et sur lequel je reviendrai.

Au cours du débat sur les retraites, la figure proéminente du député PS des Landes Alain Vidalies. Figure réservée, presque bougonne, dont l’autorité tient à ce qu’elle ne s’exprime jamais pour rien, ni jamais à l’excès. Il prend un sujet, il dit ce qui est, il rappelle ce qui doit être et il conclut. C’est court, bourru, décisif. On se tait pour l’écouter, on tarde à prendre la parole pour lui succéder.

Comme d’hab et comme on se doute, je l’apprécie d’autant plus que nos visions convergent en tous points sur un sujet majeur, situé au coeur même de la politique et de la gestion d’un pays : le travail.

Premier instrument de socialisation, d’intégration, de valorisation, de partage, le travail dont nous devons défendre pied à pied qu’il puisse être tout cela pour le plus grand nombre et non l’exact contraire. Le travail qui donne de la force et non celui qui casse ou qui use, qui humilie, qui abaisse au lieu de faire progresser.

Vaste programme, aurait dit le Général. Je me souviens que ce sujet était celui du concours général de français l’année où je l’ai passé (non, je n’ai pas eu le premier prix mais le premier accessit et j’essaye depuis de me rattraper !). Il m’amuserait de retrouver ma copie d’alors. Ce n’aurait pas dû être en réalité un sujet de français mais de philosophie tant il est fondamental, radical.

La réforme des retraites pose une fois de plus ce même sujet : quel place pour le travail dans la durée d’une vie ? Quelle importance de la prise en compte de ses rigueurs, de ses risques, des conditions où il s’éxerce ? Et plus encore l’enjeu majeur de faire que cette réforme constitue un pas en avant et non un pas en arrière après près d’un siècle de progrès social et sanitaire.

Voilà, un pot pourri d’idées qui ne me laissent pas tranquille et que j’ai versé en vrac dans cet intervalle de paix décrétée dans le vert de mon jardin.

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