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Chaque année, depuis que je vais à la Rochelle, les médias imposent un thême avant que l’Université ait commencé. Il y a eu « Devine qui vient dîner ce soir ? » (Il s’agissait de Jospin, et nous étions supposés deviner derrière sa venue ou sa non venue s’il serait candidat). Une autre année « Fabius, c’est oui ou c’est non ? ». C’était cette fois le référendum au traité constitutionnel qui agitait les esprits. Et dernièrement « Hollande : l’adieu aux armes » qui ouvrait sur notre magistral congrès de Reims.

Eh bien, cette année, ce sont les primaires. Martine se proncera-t-elle ? Ratifiera-t-elle ? Le suspense est, à dire vrai, insoutenable et il va monter en puissance et, une année encore, obscurcir totalement le contenu des ateliers, les discussions, le fond. A quoi sert le fond ? Si on l’appelle ainsi, c’est bien pour qu’il y reste ! Pourquoi s’inquiéter de sujets qui n’intéressent guère qu’une soixantaine de millions de Français.

Les primaires, oui, ça c’est un bon truc. Pour tout vous dire, au marché d’Hossegor, à la Benauge, on me tirait par la manche pour me demander « Etes-vous favorable aux primaires ? Comment les voyez-vous ? Allez-vous enfin vous prononcer, nous ne pouvons rester plus longtemps dans le doute et l’inquiétude ».

L’interrogation populaire qui touche à l’obsession et qui ne fera que s’acccutiser avec les problèmes de rentrée, la nécessité où est un -ou une- Socialiste de répondre aux préoccupations quotidiennes des Français, me poussent aujourd’hui à m’exprimer : d’accord ou pas, au point où nous en sommes, les primaires sont désormais inévitables. D’ailleurs, elles ont clairement commencé avec la gesticulation médiatique de nos plus beaux quadras et quinquas depuis quelques mois. Que font-ils d’autre qu’engranger de la notoriété ? L’important, disait Talleyrand n’est pas qu’on dise du bien ou du mal de vous, c’est qu’on en parle.

Alors, pas follement enthousiaste ? En tout cas pleine d’interrogations : comment les organiser ? Qui votera réellement ? Est-ce que nous ne nous retrouverons pas finalement entre socialistes et para-socialistes, avec des candidats à gauche comme au milieu, et Sarko, tranquille, en face ?

La plus importante est celle-ci, exprimée d’ailleurs avec sa maîtrise habituelle par Laurent Fabius. C’est l’opinion et les médias qui décideront du lauréat. Pas le travail de fond, pas la force des convictions, pas la morale personnelle, pas la puissance du caractère, pas la représentativité réelle de la personnalité et du parcours des candidats. Autant de spécificités démodées chez nous, quasi-ringardes, mais que les Etats-Unis avec leurs habituelles quinze années d’avance, ont remis en selle il y peu et de belle manière.

Le rôle des partis, et bien sûr au premier rang pour moi, du Parti Socialiste, est d’ emporter l’opinion derrière eux. Le danger principal des primaires, c’est que ce soit l’opinion qui fasse désormais le Parti Socialiste.

Mais quoi : « Si on te viole et que tu ne puisses l’éviter, tâche au moins d’y prendre plaisir ». Ce n’est probablement pas un proverbe chinois, mais c’est un de mes maîtres en médecine qui me l’a enseigné alors que j’étais toute débutante. En médecine, il est de peu d’intérêt. En politique, Il sert beaucoup.

Essayons donc de faire des primaires le meilleur. Et d’attendre, sans excès de fièvre, dimanche, les déclarations de Martine.

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