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Le tabac fait aujourd’hui des ravages chez les jeunes et en tout premier lieu chez les jeunes filles.

Pourquoi ?

Bien sûr les drogues et les conduites addictives augmentent en fréquence de manière générale. Mais cette addiction là, sur cette cible-là, a un sens et une gravité, particulières.

Fumer, depuis des décennies, est synonyme d’émancipation. Dès les années 1925-30, des femmes à cheveux courts s’affichaient cigarette, et bien souvent porte-cigarette, au bec. Cette assimilation n’a pas disparue mais s’est beaucoup affadie. Soixante-huit est passé par là, les femmes ont fait d’autres conquêtes.

Les jeunes filles aujourd’hui fument pour ne pas manger. C’est aussi brutal que cela. Les diktats de minceur, les jeans « slim » ou « super slim », l’oukase des cuisses qui ne se touchent pas (thigh gap) qui impose quasiment la maigreur, entrainent des conduites anorexiques qui conduisent bien souvent à la maladie elle-même . L’anorexie mentale est d’ailleurs de plus en plus souvent considérée comme une conduite addictive particulière que le tabac, quelquefois l’alcoolisme, vient soutenir en jouant comme une « co-morbidité ».

Deux addictions sont plus difficiles à vaincre encore qu’une seule. Au bout de quelques mois, le mal est fait : le tabac est devenu un besoin et le sevrage deviendra très difficile, quand même il est tenté, d’autant qu’il est à risque de prise de poids.

Résultat : le cancer du poumon chez la femme explose. Il est aujourd’hui en tête et de loin des cancers qui augmentent en fréquence, dépassant maintenant le mélanome (cancer cutané favorisé par l’exposition solaire).

Pouvons-nous rester sans rien faire ? Continuer  de contempler à la porte des lycées adolescentes et adolescents sortant à chaque pause « pour en griller une » ? Demain, nous pourrons être mis en cause pour non assistance à personne en danger. Et ce sera justifié.

C’est pour moi un des enjeux majeurs du féminisme pragmatique, du féminisme de terrain. A égalité avec un autre : les régressions des droits et libertés des femmes pour des motifs sociaux, culturels ou cultuels. Tout cela dépasse infiniment la question de dire « madame LA Ministre » ou « LE Ministre », ou d’utiliser le beau mot de « Mademoiselle »; Pour tout cela, le temps et l’usage feront leur oeuvre même si je suis en faveur d’une féminisation chaque fois qu’elle ne brutalise pas la langue, ce qui est au demeurant exceptionnel.

Envers ces jeunes, garçons ou filles, la meilleure, la seule arme, est l’augmentation notable des prix. C’est sans doute le moteur principal de mon action à l’Assemblée et des amendements que j’ai proposé. La meilleure manière de rompre une addiction, de faire prévaloir sa liberté, c’est de ne pas y entrer.

C’est bête à dire : je souhaite que les femmes soient libres, in-dépendantes et qu’elles ne ruinent pas le gain de longévité qu’elles ont gagné par leur pugnacité et leur résistance à toutes les étapes de la vie.

Comments 8 comments

  1. 29/10/2014 at 11:54 Marc

    Les associations féministes saisiront elles cette chance d’action concrète ? je croyais toujours que les femmes fumaient moins que les hommes. La parité n’a pas que du bon.

  2. 29/10/2014 at 12:33 Louis

    Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que depuis quelques années, les femmes fument plus que le hommes. Au travail, j’ai eu quelquefois des conflits avec des fumeurs invétérés : c’était toujours des fumeuses … Très souvent mères de familles, et même une qui avait eu un cancer du sein !

  3. 29/10/2014 at 15:23 sylvie

    Cette information va sûrement faire un tabac : A Nice une vieille dame de 98 ans expulsée de son domicile par la police pour cause de loyers impayés
    Ne peut on pas trouver de solution(s) avant d’en arriver à cette extrémité ?

  4. 29/10/2014 at 15:53 Michele

    Hélas Louis vous avez raison. Les femmes st aujourd’hui en passe de prendre la tête du peloton toujours grandissant des fumeurs. Elles redoutent de s’arrêter par crainte de prendre du poids. Disons le : s’arrêter est très difficile et il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par un soutien psychologique, voire medicamenteux

  5. 29/10/2014 at 21:20 Laurent

    Celà paraît malheureux de dire ça, mais à celà il faut y ajouter le ou les 9 mois de grossesse où lutter contre le tabagisme chez la future maman fumeuse devrait être de la part du corps médical et du ministère de la santé une priorité forte.
    Et pour toutes ces femmes qui utilisent la pilule contraceptive acquise de haute lutte si on y « associe » de près ou de loin le droit à l’avortement, fumer peut devenir mortel en augmentant le risque cardiovasculaire notablement surtout à la suite d’une contraception orale de longue durée (environ 15 ans). La pilule contraceptive (qui abaissent pas à pas la fluidité du sang) associée au tabac décuple ce risque. Plus qu’une addition de risques, c’est une multiplication des risques de chacun pris séparément.
    Autrement dit, il y a du pain sur la planche. Cependant augmenter le prix du paquet peut s’avérer insuffisant car il est difficile de se débarrasser de l’addiction sans patchs à la nicotine. Après tout, le glucose contenu dans le saccharose est aussi une addiction (consommé sans modération) qui mène lentement au diabète de type 2 qui est chronique jusqu’à la mort: or les traitements antidiabétiques sont coûteux et tous remboursés par la sécurité sociale! Alors pourquoi pas un sevrage classique aux patchs à la nicotine remboursé au moins pour 6 mois et pas à hauteur de 50 euros (soit 40 à 45 jours de patchs bien insuffisants pour réussir le sevrage).
    Enfin, si le thigh gap est une réalité, il y a aussi une augmentation très significative de l’obésité (Indice de masse corporelle = taille en CM divisé par (poids en KG)au carré compris entre 25 et 30 et au delà)): il suffit de voir toutes ces personnes dont jeunes filles décomplexées en mini-jupes se promener dans la rue ou ailleurs… Là encore le coût pour la sécurité sociale existe et n’est pas mince pour le coup!

    C’est pourquoi il ne serait pas digne à fortiori d’un acteur de la santé assermenté d’augmenter le paquet de cigarettes (et autres produits apparentés) sans penser au coût d’un sevrage digne de ce nom et donc sans penser à son remboursement en bonne et due forme par la S. Sociale… Au moins 1 sevrage de 6 mois par an par exemple.

  6. 31/10/2014 at 18:48 Laurent

    Je vous salue chère députée et chers lecteurs (incluant le gente féminine: tant de femmes battues et décédées sous le coup de maris, concubins violents…): vous aurez sans doute corrigé: L’indice de masse corporelle, c’est bien sûr le poids divisé par la taille en mètre élevée au carré!
    Voilà, c’est tout. Encouragements Michèle Delaunay pour réussir à faire voter votre projet (pensez au remboursement du sevrage nicotinique)! Simple question de gestion médicalisée alors qu’A. Juppé ne connaît que celle comptable…

  7. 03/11/2014 at 11:07 Michele

    Les mesures anti tabac doivent obligatoirement être accompagnées d’un meilleur accompagnement de la période de sevrage. Rien n’est plus dur qu’arrêter de fumer et un soutien psychologique doit bien souvent être conseillé. C’est un coût bien sûr mais l’Etat doit pouvoir prendre en charge la prévention de ce qui est un mal plus grand.

  8. 03/11/2014 at 11:10 Michele

    Notons que les femmes « en boite » utilisent souvent aussi l’alcool comme remplaçant des aliments. Connaissant l’apport calorique de l’alcool (voir

    https://geopolis.francetvinfo.fr/bureau-londres/2014/10/31/un-verre-dalcool-un-burger-letude-qui-va-peser-sur-vos-soirees.html

    les femmes boivent souvent sans aucun aliment d’accompagnement ce qui augmente l’effet drogue et réduit l’apport calorique total. C’est bien évidemment particulièrement dangereux)

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