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Bon d’accord, j’ai un léger différend avec Ségolène. Léger n’est qu’une litote : un lourd différend.

Avant d’expliquer quel différend, une remarque : une des faiblesses du blog est que le billet qui vient clairement en prolongement d’un autre lui fait suite, parce qu’il s’affiche en ordre chronologique. Ce billet-ci vient après ce billet-là qui le précède, alors que ce billet-ci devrait suivre ce billet-là qui n’est avant ce billet-ci que parce qu’il venu moins tard. Les Girondins (1791-93) auraient dit : ce ci-devant est un ci-après.

Tout ça pour dire que je ne fais que continuer le billet précédent.

Je reviens à mon lourd différend : quand Ségolène parle des points essentiels de son programme ou des préoccupations des Français, elle ne parle jamais de la santé. La laïcité, oui, l’environnement et tout ce que nous connaissons bien, mais la santé, elle moins que d’autres, mais en réalité tous, oublient de la situer au premier plan des enjeux de ce XXIième siècle, lequel débute sous des auspices pas toujours tellement sympathiques.

Pourquoi ? Parce que la santé n’est toujours pas entendue, comme elle devrait l’être, comme le plus sexy de nos sujets de conversation et de préoccupation. Dès que vous parlez « santé », j’en ai encore fait l’expérience auprès d’un député européen parmi mes favoris, on vous répond « sécurité sociale », « maladie », « invalidité », « cancer » et des tas d’autres bons trucs qui donnent envie de passer son chemin. Si la santé n’évoque qu’arthrose, oeil de perdrix, orgelet, bubons et pustules, comment pourra-t-elle être sexy ?

J’insiste sur un léger détail : la santé, c’est tout le contraire. C’est l’autonomie, la beauté, la force, l’envie, le désir (toutes les formes du désir), la respiration, l’inspiration (toutes les formes d’inspiration), et même ce drôle de truc, qui n’est finalement qu’un gros muscle et, en tous cas, un outil : l’intelligence.

Est-ce que, dit comme ça, on n’y regarde pas à deux fois ? Est-ce, dit comme ça, on n’a pas envie de s’en faire une copine (de la santé, pas obligatoirement de Ségolène) avant de déclarer qu’elle n’est pas sexy ?

Pour ma part, pour avoir expérimenté sur le terrain qu’elle est notre meilleure condition de liberté, je me suis farouchement rangée de son côté, comme qui dirait dans sa motion.

A vous de dire si, cette fois, il s’agit de la santé ou de Ségolène.

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