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Le travail : une valeur de gauche

Le travail est fondamentalement une valeur de gauche ; émancipation des femmes, moteur de l’ascenseur social au siècle dernier, symbole du partage et de l’échange qui est la base d’une société humaine, thérapeute de la finitude de la condition humaine, il est, depuis que ce mot existe, au cœur du socialisme.

Pour cela, nous ne pouvons que partager le principe du revenu de solidarité active.

Mais parce-que nous respectons le travail, nous ne voulons pas qu’il soit source d’inégalités, nous ne voulons pas qu’il soit synonyme de précarité et de pauvreté ; nous voulons qu’il soit digne, durable, et à l’origine d’un juste salaire.

Pour cela, il n’est pas question de contrer le RSA, mais de le compléter.

1- le RSA ne donne pas de travail, il le prête en étant générateur de temps partie et d’emplois précaires

Le RSA intéresse grandement les secteurs en tension mais, comme nous le savons tous, ces secteurs sont majoritairement vecteurs d’emplois précaires et de temps partiel. L’expérience a été faite dans le Nord où, par exemple, une entreprise qui avait besoin d’intérimaires a sauté sur le dispositif. Partout, les emplois RSA risquent d’être des petits boulots, générateurs de petits salaires et de vulnérabilité durable.

Il faut l’accompagner de mesures dissuasives en direction du temps partiel subi et ne l’autoriser que si l’employé le demande

La solidarité doit être active, bien sûr, mais l’activité doit être solidaire.

2- Le RSA ne crée pas l’emploi et ne lève aucun des freins qui en séparent.

Il n’améliore pas le retour à l’emploi, même s’il en améliore un peu les conditions financières ; il faut l’accompagner de mesures relatives aux gardes d’enfant, à la santé, -et nous en mesurons l’importance aujourd’hui où on apprend que 40% des Français retardent ou limitent des soins-, au transport, au suivi personnalisé ; il faut qu’il soit un dispositif complet, par une formule.

3- Le RSA est générateur d’inégalités

– entre ceux qui travaillent, selon qu’ils ont plus ou moins de 25 ans On ne peut considérer autrement le travail de l’un et le travail de l’autre, et nous vous demanderons d’étendre aux jeunes ayant un emploi le bénéfice du RSA.

Parallèlement, n’est-il pas temps aussi de mettre en place une mission parlementaire d’information sur l’emploi et le pouvoir d’achat des jeunes, notamment ceux en situation de rupture familiale, et de trouver pour eux des solutions ?

– Et bien sûr, dans une entreprise, entre celui qui recevra le SMIC pour 35 heures et celui qui le recevra pour 20 heures ; soyons honnêtes, cette inégalité de revenus pouvait exister entre l’un qui travaille et l’autre non, mais c’est une raison de plus d’aller à l’encontre d’un abus de temps partiel.

Et qu’en est-il, avec précision et certitude, entre deux temps pleins occupant un travail payé au SMIC, l’un passé par la case RSA, l’autre pas ?

4- Le RSA « laisse les plus pauvres sur le bord du chemin » ; nos collègues de droite usent et abusent de cette formule, elle a ici tout son sens : les personnes exclues du retour à l’emploi ne connaissent aucun bonus, alors même que leurs revenus se dégradent.

Il faut l’accompagner de mesures d’insertion sociale s’accompagnant d’un plus financier ; c’est aussi de l’activité même si ce n’est pas de l’emploi.

5- Le RSA doit être viable , et nous avons besoin sur ce point d’un complément d’information sur les moyens alloués pour sa mise en œuvre et leur répartition :

-2000 emplois sont demandés par les 123 CAF ; seront-ils satisfaits ?

-Vers lequel des acteurs du dispositif iront les 150 millions de frais de fonctionnement prévus ?

-Parmi ces acteurs, quel sera le pilote de l’avion ?

6 – Enfin, ce qu’il faut compléter aussi, c’est son financement Votre gouvernement ne sera entendu, compris, que s’il est équitable. Est-ce opportun aujourd’hui de sanctuariser le bouclier fiscal et d’exclure de l’effort de solidarité les plus riches ?

Monsieur le Haut Commissaire, pardonnez-moi cette familiarité : les idées sont bonnes, l’élève plein de bonne volonté, mais en travaux pratiques : peut mieux faire!

voici la structure de mon intervention d’hier à l’Assemblée telle que nous sommes invitées à la remettre à la presse, très ramassée, très minutée, ce qui fait toute sa difficulté

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