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Ce sont les mots mêmes de Robert Badinter : « il y a en politique des moments de grâce, reconnaissons-le bien rares, où toutes les sensibilités se retrouvent, où toutes les dissensions sont dépassées ; de ces moments, on ne peut s’empêcher d’exprimer de la gratitude »

Ces mots s’adressaient tout à l’heure à Philippe Madrelle, Président du Conseil général qui a eu la très belle et heureuse idée de demander au Sénateur des Hauts-de-Seine de bien vouloir baptiser de son nom l’amphithéâtre du nouveau bâtiment de notre institution.

Ils s’adressent maintenant à Robert Badinter lui-même, de ma part et je crois de celle de tous les auditeurs présents : il nous a donné, par ses paroles, par le naturel, la conviction, la hauteur et en même temps la simplicité avec lesquels il les a prononcées un de ces rares moments de grâce.

Evocation du moment historique où a été votée au Sénat, à main levées, l’abolition de la peine de mort. Le vote n’avait rien d’acquis : deux ans auparavant un texte d’Alain Peyrefitte confirmant au contraire la peine de mort avait été voté par la même assemblée. L’éloquence de Badinter, mettant chacun en face de sa conscience, a fait tomber, petits groupes par petits groupes, les résistances des non-abolitionnistes. « Le troisième matin du débat, Robert Schuman est venu me voir : si le vote survient rapidement, il est acquis ». Badinter a demandé une suspension de séance, fait part de l’assurance de Schuman, demandé qu’on accélère les choses et que ne soit pas demandé un scrutin public. « A onze heures 58 –j’ai regardé la pendule- on a voté l’abolition ».

Je note ce moment d’histoire pour me souvenir de la manière dont il nous l’a fait partager. Evoquant ses liens avec l’Aquitaine, il a mis au premier rang Condorcet, auquel il a consacré à quatre mains avec sa femmes Elisabeth une très belle biographie, et les Girondins dont Condorcet était très proche. «Plusieurs étaient avocats, tous très éloquents, hommes de paix .. » . J’ai consacré plusieurs billets de ce blog aux Girondins, et je suis souvent émue à l’idée que, nous, députés PS de la Gironde, en sommes les successeurs.

« On connaît en politique des défaites et des victoires. Mais une seule chose compte quand, après l’une ou l’autre, on se retourne sur ce qu’on a fait, c’est d’avoir servi la République ».

C’est, sinon les mots exacts, mais en tout cas le sens du viatique que Robert Badinter nous a donné dans les derniers mots de son discours. Tous, nous en avons été émus et reconnaissants.

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