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Une structure scientifique internationale* fait aujourd’hui un point épidémiologique de la situation de la pandémie aux USA. Parmi les données, la réduction de l’espérance de vie moyenne de 1,13 année ; pour mémoire 6 mois en France et un an au Royaume Uni.

Plus grave encore pour les Etats Unis, cette perte d’espérance de vie est 3 fois supérieure pour les latinos et les noirs, effaçant tous les efforts de réduction de ces inégalités lors des 2 décennies précédentes (en particulier avec l’Obama Care). Ces chiffres effrayants pour une grande démocratie sur-développée pourraient provoquer la réaction « Merci, Donald Trump ! », mais le problème est plus grave encore : dans ce domaine, les conquêtes sont plus lentes et plus difficiles que les naufrages.

Il est urgent d’étudier aujourd’hui les facteurs de la mortalité liée au Covid ; dans les EHPAD d’abord, mais aussi selon les particularités des territoires. C’est ce que je voudrais que nous fassions dans le cadre du gérontopole Nouvelle Aquitaine qui réunit des territoires très variés : métropoles (urbain dense), rural avec bourgs et petites villes, zones à forte densité immigrée. L’étude peut être plus ambitieuse encore : comparaisons entre deux régions, deux pays… Et cela sera sans doute réalisé tellement les interrogations sont fortes.

Des éléments très différents interfèrent : densité des territoires, niveau moyen de revenus, données socio-culturelles et niveau de santé prééxistant . Pour ce dernier on sait que plus il est mauvais, plus il s’aggrave en face d’un nouvel élément.

La pandémie est à la fois un révélateur, un activateur de dégradation et.. un professeur. Nous avons beaucoup à apprendre et beaucoup à faire évoluer. Un autre exemple en est les EHPAD qui abritent 1% de la population et comptent pour 50% de la mortalité (45% dans la dernière période). La nécessite de rebâtir le modèle des EHPAD apparaît comme une évidence. Les armes pour réduire les inégalités de santé sont connues : elles sont multiples et intriquées et constituent un chantier considérable. Ce doit être en tout cas l’axe central des politiques publiques dans tous nos pays. Une amère satisfaction pour moi : toute ma vie politique a été axée sur la santé, cinq petites lettres qui recouvrent des domaines multiples.

Comme il faut toujours « voir la jolie oreille d’une femme laide », espérons que cet affreux covid amplifiera notre capacité à mettre définitivement la vie humaine au centre de la politique.

*pnas.org

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