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La Tribune, le 7 octobre 2009, p.3

Pourquoi le Parti socialiste demande-t-il le retrait du projet de loi d’ouverture des paris en ligne ?

Michèle Delaunay : Avec le jeu en ligne, nous changeons de dimension, car le joueur jouera de chez lui. On ajoute l’addiction à l’écran (il y a des enfants qui passent de 10 à 15 heures par jour sur Internet) à l’addiction au jeu. On sait que beaucoup de ces joueurs en ligne sont surtout des inactifs et que 42% des joueurs pathologiques (quand cela relève de la maladie psychiatrique) ou problématiques (qui dépensent plus qu’ils ne gagnent) sont des chômeurs. Les jeux en ligne représentent une forme de jeux plus risqués que les traditionnels jeux de grattage ou le PMU.

Pourtant, le gouvernement justifie ce texte par sa volonté de pouvoir contrôler le marché…

Michèle Delaunay : C’est faux. Le gouvernement sait bien que le contrôle n’est pas possible sur Internet. L’addiction au jeu est proportionnelle à l’offre. Plus l’offre augmente, plus la demande augmente. Des études ont été faites sur les machines à sous. Ce n’est pas le cas pour d’autres addictions comme l’alcool par exemple. Pourquoi les futurs opérateurs veulent-ils absolument une loi ? Pour pouvoir faire de la publicité, être sur les maillots des joueurs de foot, etc. Donc en augmentant le nombre de joueurs, on augmente d’autant le nombre de joueurs pathologiques. Dans tous les CHU, il y a des services d’addictologie. Ce n’était pas le cas il y a dix ans.

Que préconisez-vous ?

Michèle Delaunay : Nous proposons de confier la prévention à un organisme indépendant et de limiter les pertes de jeu. Il faut aussi que la publicité soit régie de la même façon que l’alcool l’est avec la loi Evin.

Propos recueillis par Sandrine Cassini

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