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L’écrivain Leon Tolstoï, O combien prolixe, O combien écrivain, avouait que dès que venait la saison des moissons, il était irrésistiblement attiré par les champs et le travail avec ses paysans. On a des photos de lui, jusqu’à un âge avancé, charriant les gerbes au milieu d’un grand concours de moujiks, comme les propriétaires russes savaient alors en avoir.

Sa table de travail était désertée. Excusez du peu, le frais soleil de ce matin, vif et prometteur comme un fruit vert, a fait de moi dès le lever une adepte du grand Tolstoï. Ne manquaient que les hectares, les blés, les paysans courbés, et deux ou trois autres détails, comme d’avoir laissé le manuscrit d’Anna Karénine sur mon bureau… Mais l’ardeur était la même. J’ai roulé les pots de crassula, taillé, coupé, redressé, nettoyé, et me revoilà à ma table avec les statistiques concernant la jeunesse à examiner, interpréter et mettre en perspective avec les propositions du pacte présidentiel. Comme Tolstoï, j’ai assez fort envie de faire valoir mes droits au grand air, aux travaux sinon des champs des bouts de jardin et d’ajouter au pacte une 101ème proposition : donner au printemps la priorité à la campagne (la vraie, la verte) sur la campagne électorale. Une sorte de trève des jardiniers, reconnue par l’assurance sociale.

J’en ai parlé et ça va déjà mieux. Il n’y a meilleur traitement qu’un petit bout d’écriture. Ce n’est pas une remarque si légère. Je crois qu’une grande part des manifestations de violence sont dues à une insuffisante maîtrise des autres moyens d’expression. L’éducation, la culture, encore et toujours.

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