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20 Minutes, le 30 novembre 2009

« J’avais un emploi, je paye un loyer, des factures d’électricité et je cotise. Mais, aux yeux de l’Etat, je n’existe pas. En revanche, lors des contrôles, là j’existe. » A l’instar de Jean*, camerounais, les sans-papiers sont nombreux à travailler en Gironde (ils seraient 100 000 en France). Une situation dénoncée par l’Association de solidarité avec les travailleurs immigrés (Asti), alors que dans le pays, plus de 5 000 salariés en attente d’un titre de séjour sont en grève depuis six semaines. Soutenue par les élus girondins Noël Mamère (Verts), Michèle Delaunay (PS) et Natalie Victor-Retali (PCF), l’Asti demande leur reconnaissance.

« Depuis cet été, sur quarante-quatre demandes de régularisation, nous n’en avons obtenu que quinze, dont neuf par le travail. C’est une volonté du préfet, qui n’a pas donné suite aux promesses de réexaminer certains cas, dénonce l’association. Nous demandons une régularisation systématique dans les domaines où les immigrés sont très employés, comme le bâtiment, la viticulture et la restauration. » Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur le sujet la semaine dernière : « Je n’accepterai pas une régularisation globale de ceux qui n’ont pas de papiers. » Le ministre de l’Immigration, Eric Besson, a, lui, précisé « qu’au titre du travail, trois mille sans-papiers sont régularisés chaque année ». Jean, lui, vit en France depuis cinq ans, a travaillé en intérim et s’est impliqué dans le milieu associatif. Mais il ne remplirait pas toutes les conditions de régularisation, dont la justification de ses « capacités d’intégration ». « C’est la posture préélectorale d’un gouvernement en échec », estime Noël Mamère.
Rassemblement de soutien le 12 décembre à 15 h devant la Chambre de commerce.

  • Le prénom a été modifié.

Auteur : Alexandre Ferrer

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