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Plusieurs billets de ce blog rendent hommage à François Hollande. Je ne déments aucune ligne d’aucun de ces billets. J’admire François Hollande  et c’est d’autant plus que je regrette que l’énormité de sa charge, sa difficulté le privent de deux qualités nullement superficielles : l’attention aux autres et le sourire naturel qui manifeste cette attention, je dirais presque qui la sublime.

J’aime le François Hollande qui « aime les gens ». Ces mots qu’il a employé lui-même dans son historique discours du Bourget ne sont plus perceptibles de la même manière. Et c’est ce que j’ai exprimé au journaliste du Nouvel Observateur  qui m’a interrogée sur « mon » Hollande (Julien Martin). Peut-on remercier (« remanier ») un Ministre sans le remercier, sauf s’il a fait quelque faute, été à l’origine d’un seul « couac », abaissé sa fonction, contrevenu aux priorités qui lui étaient indiquées par exemple lors des « introductions » présidentielles à chaque conseil des Ministres?

J’ai exprimé aussi mon regret de n’avoir pu en deux ans obtenir de lui un entretien pour lui présenter les enjeux de la révolution de l’âge ainsi que mon souhait de voir notre Gouvernement porter positivement la transition démographique.  Nous avions, après la période sarkozienne, la belle responsabilité de sortir de la « démographie punitive » présentant l’allongement de la durée de vie comme un coût, une charge, une contrainte et assimilant le vieillissement à la « dépendance » qui ne concerne qu’un sur 15 des 15 millions d’âgés dont j’ai eu l’honneur de porter l’ambition, l’énergie, le désir d’être utile et de participer à la construction du monde nouveau qui est le nôtre.

Par souci de lisibilité, François Hollande martèle sa priorité pour la jeunesse et le redressement économique de la France. Pour autant, je pense qu’il faut parler aux âgés, penser leur rôle et leur place dans la société et, comme en Limousin, région la plus vieille de France, les rallier à la gauche. Hollande, élu de ce territoire, a su le faire. Hollande Président ne m’a pas donné la chance de relever, dans son sillage, ce beau défi.

Dans le même article du Nouvel Observateur, le journaliste narre la superbe histoire que j’ai partagée avec le Président. Il ne dit pas, comme je l’ai fait, l’extraordinaire admiration que j’en ai conçu pour le contrôle de soi, la capacité de concentration et de décision face à un choix grave, pour François Hollande, Président de la République.

Dans un des rares moments de proximité que j’ai partagé avec lui (un voyage en avion en direction de Bordeaux), François Hollande s’est retiré quelques minutes pour un échange téléphonique. Il est revenu vers nous, parfaitement sobre et concentré avec ces mots « nous interviendrons demain au Mali », puis il s’est remis à la rédaction de son discours à Bordeaux sur l’économie de nos territoires.

Ce jour là, j’ai physiquement mesuré à la fois la solitude et l’exigence de cette fonction de « Chef de l’Etat ». Sans doute est ce pour la grandeur de ce moment que mon désir n’est que plus grand que rien ne vienne l’obscurcir ou le diminuer.

 

 

 

Comments 8 comments

  1. 15/05/2014 at 17:27 Michèle Delaunay

    Je regrette que, bien souvent, les articles de presse soient des partis pris. S’il n’a pas trahi mes propos, Le nouvel observateur, n’a pas conservé les passages où la louange l’emporte sur le regret. C’est particulièrement vrai sur l’histoire malienne que je n’ai citée à Julien Martin que pour signaler l’admiration que FH m’inspirait aussi

  2. 15/05/2014 at 21:23 Maité CAZAUX

    Chère Michèle,
    Comme je l’ai dit lundi soir, tu n’as pas heureusement fait partie de ces ministres, pour lesquels l’égo passe avant tout. Je sais que tu as travaillé sans cesse et que tu as été très appréciée de la plupart des professionnels confrontés aux problèmes de gestion de l’âge. Il suffisait pour cela de lire leurs revues, blogs, comme je l’ai fait régulièrement au cours de ces deux années.
    Autant j’approuve nos parlementaires de faire entendre leur parole différente, car la V ème République leur a retiré toute liberté au profit de l’exécutif et même d’une seule personne, le président. Autant, j’estime que qu’un ministre doit être mesuré dans sa parole publique et faire preuve d’une solidarité d’équipe.

  3. 16/05/2014 at 09:32 citoyen

    Cette mise au point était en effet nécessaire pour corriger un article du Nouvel Obs qui avait pour seul but d’apporter de l’eau au moulin des anti-hollandistes. Où est restée l’éthique journalistique? Présenter les seuls passages critiques est une demi-vérité qui en cache l’autre moitié. Cela s’apparente au mensonge. Triste, triste.

  4. 16/05/2014 at 09:44 claude waret

    Personnellement je regrette qu’on ne vous ai pas permis de poursuivre votre travail,notamment dans le domaine de la Silver Economie.Il ne faut pas arréter les lancements…au démarrage !Keep momentum!
    Vous aviez su,en un laps de temps tres court ,créer une filiere qui a un fort potentiel de développement international,ce n’est pas rien!
    Vous aviez le soutien de la gauche comme d’une large partie de la droite sur l’ensemble de vos activités,bravo!
    Quand à FH j’espere qu’il va commencer à comprendre l’impact de la démographie et les changements sociétaux que celà implique,par exemple sur l’emploi des seniors.
    Ce pays ne réussira qu’en étant intergénerationnel.

  5. 16/05/2014 at 12:01 Marc Loraison

    je regrette pour ma part que le journaliste n’ait pas équilibré les points de vue des Ministres. Vous n’êtes certainement pas la seule à avoir mis en regard de regrets ou de reproches des éléments positifs. L’article avait un but : aller dans le sens de l’opinion au lieu de l’informer loyalement

  6. 16/05/2014 at 12:19 Maité CAZAUX

    Entièrement d’accord avec Claude Waret, si les jeunes sont l’avenir de la France, leur avenir est grandement entre les mains des seniors. Car effectivement leur poids démographique est très important et à ce titre, une source d’emploi par leur capacité à consommer que ce soit directement ou indirectement en apportant leur aide aux enfants et petits enfants. Source d’emploi dans les métiers de la culture, du loisir, de la santé, par exemple. Mais aussi, par leur capacité de s’investir dans un tout un tas d’associations qui relève de l’économie sociale et solidaire : aide et conseils à l’emploi, parrainage de chômeurs, associations culturelles, sportives, d’insertion etc.
    La génération actuelle à la retraite n’est pas celle qui a le plus souffert du chômage et les revenus de retraités sont en moyenne de bons revenus, notamment parce que cette génération née juste avant, pendant et juste après la 2ème guerre mondiale a pu se constituer un patrimoine, devenir propriétaire.
    Se préoccuper des seniors, c’est également répondre efficacement au souci de maîtriser les dépenses de santé : faire réellement de la prévention pour maintenir les seniors en bonne santé le plus longtemps possible, et les maintenir chez eux, le plus longtemps possible. Au-delà de l’aspect humain, c’est aussi la clé pour une meilleure économie car le placement en maison de retraite médicalisée revient aussi très cher à la collectivité comme aux enfants.
    La politique menée par Michèle Delaunay, ministre, était dans le droit fil des préconisations qu’elle ne cesse d’exposer depuis des années parce que c’est celle tout simplement du bon sens, de l’efficacité, alliée à l’humanisme qui, si je me souviens bien, est une valeur de gauche.

  7. 16/05/2014 at 15:06 Alain

    L’homme qui aimait les gens, quoi qu’il en pense et quoi qu’il veuille, est aujourd’hui prisonnier du président de la Ve République qu’il est devenu, autrement dit du monarque républicain oint par le peuple ou, si l’on préfère, de la citrouille magiquement transformée pour cinq ans en carrosse dans les urnes. Cette charge en l’élevant l’isole et chacun, même ministre, découvre que le carrosse est finalement moins accessible aux « transports » que la citrouille.

    Peu importe, rétorquera-t-on, puisqu’il y a un Premier ministre pour conduire la politique de la Nation ? En théorie, oui, sauf que – grâce en soit rendue à Lionel Jospin et à Jacques Chirac – le quinquennat a introduit la concordance des temps entre le Président de la République et le Premier ministre, transformant de fait, selon la formule de Sarkozy, le Premier ministre en « collaborateur » d’un président-Premier ministre. D’où la difficulté pour un ministre de s’adresser à l’un comme à l’autre, puisqu’ils ne font qu’un.

    Si tel n’était pas le cas, on peut imaginer que la ministre des personnes âgées et de l’autonomie aurait pu obtenir de l’hôte de Matignon, plus accessible, qu’il convainquît celui de l’Elysée de l’importance cruciale des enjeux de la « silver economy », véritable « golden economy » du XXIe siècle. En lieu de quoi nous avons assisté au « débarquement » du début d’avril, mois à la perfidie proverbiale.

    Le tragique de la situation, c’est que cumulant les fonctions de Premier ministre et de président, François Hollande est un fusible qui ne peut pas sauter. Cela me rappelle l’histoire africaine du crocolion, animal bicéphale doté à une extrémité d’une tête de crocodile et à l’autre d’une tête de lion.

    – Mais s’il a une tête à chaque bout, fait remarquer un enfant, il ne peut pas « cabiner » !
    – Non, lui répond le conteur, c’est pour ça qu’il est très très méchant.

    Et si, madame la ministre, François Hollande ne pouvait tout simplement plus « cabiner » ?

  8. 16/05/2014 at 15:39 Louis

    C’est vrai, il a de plus en plus l’air constipé. Il devrait essayer les grains de Valls !

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