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C’est aussi un message de liberté que porte notre campagne cantonale.

Voilà la quatrième campagne « uninominale » qu’il m’est donné de faire. Pour les oublieux du fond de la classe, les campagnes uninominales (un seul pimpin et, éventuellement son suppléant) s’opposent aux scrutins de liste où l’on vote, non pour une personne, mais pour une liste (municipale, régionale, européenne…). Cette campagne est la première où je ressens, presque physiquement, que l’inapparent est plus important que l’apparent.

Elire une conseillère générale de gauche, c’est desserrer la main mise municipale qui s’alourdit sur notre ville. Soixante quatre ans de pouvoir ininterrompu ne sont jamais bien bons pour une ville mais, hors de cela, tous les signes nous montrent qu’à Bordeaux comme au plan national, les contre-pouvoirs ne sont pas les bienvenus ; les réseaux, les connivences d’intérêt gagnent en force et en poids.

Le découpage des « quartiers » selon le strict ordonnancement des cantons en a été une première preuve. Pour certains « quartiers » comme le 4ième qui s’étend du fleuve jusqu’à Merignac comme un longue écharpe, il défie la raison : il n’y a entre les quartiers déroulés le long de cette écharpe aucune cohérence, aucun lien, que le lien électoraliste de coller aux cantons et de les flanquer d’un « Maire » qui n’est en réalité qu’un adjoint au Maire (il n’y a de « Maires » autre que LE Maire que dans les villes comportant des arrondissements) susceptible de mettre tout son monde en fichiers et en ordre de marche.

Hors de ce signe évident, il n’y en a que trop d’autres. Je fais des permanences d’élue dans quatre lieux différents à Bordeaux. Nombreux sont ceux qui habitant au Grand Parc ou à Saint Augustin, téléphonent à ma permanence personnelle: « Nous préférons venir vous voir là, car à la mairie de quartier, Monsieur David (pour St Aug’) ou Mme Cazalet (pour le Grand Parc) risquerait de nous voir… »

De même dans mes soutiens. Tel ou tel qui appartient à une association, à un groupe ayant quelque lien que ce soit avec la Mairie (subvention, contact, aide quelconque..) me dit: : « Je ne viendrai pas personnellement sur le terrain pour ne pas risquer d’être reconnu, mais j’enverrai ma femme (ou mon fils, ma belle soeur)… »

Elire une conseillère générale de droite (bien qu’elle fasse profil très, très bas de ce point de vue), c’est se priver de ce champ de liberté, de capacité de proposition, de critique, d’aiguillon qui doit être la base de toute démocratie. C’est aussi se priver de l’efficacité de cet aiguillon pour faire sortir des tiroirs les dossiers négligés depuis des années. Nous l’avons montré dans notre canton avec la réouverture de la piscine qui n’aurait jamais eu lieu sans l’élection de 2004. Nous le montrerons de même avec la salle des fêtes, abandonnée aux tags et aux friches depuis 20 ans.

Plus que jamais, à Bordeaux comme dans tout notre pays, cette démocratie – « le plus mauvais système à l’exception de tous les autres » – doit être défendue bec et ongles, et surtout bulletin de vote en mains.

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