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La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, dite loi sur la laïcité, « ne reconnait ne subventionne et ne salarie aucun culte ». Si l’on entend bien le mot « reconnaitre », saluons la perfection de la formulation.

Plus grande encore la perfection de « mais elle assure la liberté de conscience et garantit le libre éxercice des cultes ».

10 décembre 1905. Cent sept ans et pas une ride. Hollande a raison de vouloir en inscrire les termes dans la Constitution.

Cette perfection,  et justement parce qu’elle est telle, ouvre la porte à des développements. Rien n’interdit à cet Etat séparé de l’Eglise et des églises de mettre à leur disposition des lieux de culte afin d’en garantir le libre exercice.

Le drame pascal de Stains me sert d’autorisation pour exprimer ce dont l’expérience bordelaise depuis un certain nombre d’années m’a convaincue : la nécessité de lieux de culte qui ne soient ni improvisés, ni sources de tensions de voisinage, moins encore de dangers pour ceux qui les fréquentent.

Cette conviction vient en compléter une autre, d’un tout autre ordre on en conviendra, et que j’ai à plusieurs reprises exprimée dans ce blog : si Dieu existe, c’est sûr qu’il est unique. Je le vois mal le disputer avec un de ses collègues pour le bénéfice d’un bout de terrain ici ou là, ou tout autre sujet concernant les choses de ce bas monde.

Aristide Briand devait bien être de mon avis et rien dans sa loi n’empêche les communes de mettre à disposition des religions qui n’en ont pas, des lieux qu’ils pourront utiliser pour leur culte. Des lieux indépendants des centres commerciaux (les Bordelais du Grand Parc suivront mon regard), non attenants à des habitations privées denses (ce sont cette fois les Bastidiens qui me comprennent), suffisamment spacieux et répondant à toutes les normes de sécurité nécessaires.

Rien à ma connaissance n’interdit à nos grandes religions d’éxercer leur culte dans un lieu qui ne leur soit pas exclusivement dédié. Toutes prônent la suprématie des biens de l’esprit (au sens le plus large de ce beau mot) sur les biens matériels et nul de leurs fidèles n’a besoin de décors fastueux pour prier. Mais d’un décor paisible, décent, digne, propice au rassemblement comme au recueillement, si.

Autre preuve de la bénévolence du Dieu qui « anime » (sens étymologique) ces religions : pour l’essentiel, leur jour de grande prière n’est pas le même : vendredi pour les musulmans, samedi pour les juifs, dimanche pour les chrétiens. Voilà un argument supplémentaire pour la deuxième des convictions exposées en début de ce billet : un Dieu si prévoyant ne peut être qu’unique.

Il y a bien quelques jours de grandes fêtes où les offices risqueront de se superposer. Comme à la nourriture des oiseaux du ciel, l’intelligence (qui est une des parts de divin dont l’homme peut se targuer) y pourvoira.

Il en faudra en effet pour organiser, apaiser, expliquer, faire comprendre. Mais cela me parait fondamentalement possible et propre à aider à se connaitre et à se comprendre. Tout vaut mieux que des planchers qui s’effondrent sur des fillettes exprimant leur foi en chantant, qu’installer la tension dans des quartiers, condamner à des lieux sinistres l’exercice de la spiritualité et tant d’autres aléas qui font douter de tout, même de l’humain.

 

Comments 29 comments

  1. 09/04/2012 at 14:51 Marc

    Dans l’attente de cette évolution, est-ce que les églises disposant de lieux de culte ne pourraient pas les ouvrir aux autres ?

  2. 09/04/2012 at 15:21 Pierre Feydel

    « Mettre à la disposition », qui? l’État? comment? qui finance?

    Cette loi est très claire…
    Étant athée, je suis épuisé par ces débats! La religion ne doit pas être financée par l’État. (financement pour la rénovation du patrimoine à la limite légitime)

    Pas un jour sans religion, pas un. Ce n’est pas elle qui nous rassemblera, nous êtres humains, la preuve est dans l’Histoire.
    Des lieux de cultes pour tous, oui! Mais aux frais de ceux qui croient.
    L’État est là pour en assurer la possibilité morale, la sécurité, le bon fonctionnement…

    Voilà ce que je pense, voilà ce qu’est pour moi la Laïcité. (la libre possibilité de croire en quelque chose, avec la séparation totale entre l’Église et l’État)

    A force de prôner une laïcité « conciliante », les intellectuels du 21ème siècle ne vont-ils pas faire resurgir une laïcité « offensive »?
    Je suis pour une laïcité de principe et ce principe il est républicain.

    Bonne journée à vous,

    Pierre

  3. 09/04/2012 at 15:28 AT

    Il y a des coups de pied au culte qui se perdent!

  4. 09/04/2012 at 18:05 Michele Delaunay

    Pas un jour sans religion, Pierre, c’est vrai, mais faut il pour autant nier que le fait religieux a un impact considérable dans nos quartiers, dans l’équilibre du monde ?… Et qu’il est utilisé, comme depuis des siècles, comme une arme politique ?
    Comment alors faut il répondre ? Par la laïcité. Rien n’empêche les Maires de désigner un lieu public (bâtiment non utilisé, église désaffectée, gymnase.. ) comme un lieu ouvert, que l’on pourra mettre à la disposition des cultes n’ayant pas de lieux de prière ? Ceci au lieu d’accorder une Mairie de quartier puis le 1er étage d’une brasserie comme lieu « temporaire » de prière. Ou de laisser s’installer un tel lieu dans une rangée de petites maisons pour réactiver le vote de droite ?
    Devons nous continuer à nous taire ou proposer des solutions ?

  5. 09/04/2012 at 18:07 Alain

    Gardons-nous ici et maintenant de toute exégèse de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. La pratique de la religion est l’ultime refuge des plus déshérités quand le progrès est durablement en berne. Fixons-nous donc pour priorité absolue de donner à tous les citoyens un égal accès à l’éducation, à la culture, à la santé, au logement et à l’emploi. Les sortir de l’en-deçà demeure en effet à mon sens le plus sûr moyen de les protéger des intégrismes mortifères de l’Au-delà.

  6. 09/04/2012 at 18:08 Michele Delaunay

    A Marc. J’avais proposé il y a de nombreuses années à Bordeaux au Cardinal Maziers d’ouvrir une église désaffectée au culte musulman. Il avait répondu « pourquoi pas ? » mais rien ne s’est passé.
    Nous devons désarmer ceux qui veulent aujourd’hui faire de la religion une arme. Tout cela n’a pas de sens. Changeons de paradigme

  7. 09/04/2012 at 18:17 Michele Delaunay

    Bien sûr, Alain. Mais n’oublions pas ceux qui sont sortis et de beaucoup de l’en deça mais qui utilisent ceux qui ne le sont pas et leur mettent la religion entre les mains comme on mettrait une kalachnikov.
    Tout cela, nous n’avons aucune chance de le combattre avec des armes de fer et de feu. Celles de la laïcité et de la République feront meilleur office.

  8. 09/04/2012 at 19:06 Alain

    @ Michèle

    Toute plante plonge ses racines dans un terreau : la République doit balayer aussi devant sa porte. On se laisse assurément moins facilement mettre la religion entre les mains comme une kalachnikov quand on a trouvé son équilibre et son épanouissement dans une société par laquelle on n’est pas rejeté, méprisé, stigmatisé, relégué, etc.

    S’agissant de l’échange ou du partage de lieux de cultes entre les religions, il peut bien sûr être encouragé, sans immixtion cependant de la République dans les transactions. A ce propos, je signale la « disponibilité » de l’imposant temple protestant de la rue Notre-Dame à Bordeaux (derrière la Cité mondiale), désaffecté depuis de très nombreuses années (à l’exception de son parvis où se réfugient des sans-abri).

  9. 09/04/2012 at 22:22 Michele Delaunay

    A Alain. Je cherchais un lieu à proposer au Maire de Bordeaux. Vous l’avez trouvé. Mais connaissant le quartier, je sais qu’il ne l’acceptera pas comme « lieu de tous les cultes ». Essayons quand meme.

  10. 10/04/2012 at 00:17 Maïté CAZAUX

    Devenue athée depuis longtemps, je comprends toutefois que tout croyant puisse pratiquer ses rites dans des lieux faits pour cela. Et il est évident que les musulmans, aujourd’hui deuxième communauté religieuse de notre pays, doivent avoir la possibilité de pratiquer leur religion sans aucun problème.
    Pourtant je reste opposée à la participation de l’Etat au financement des cultes, partout sur le territoire français, y compris en Alsace ou en Guyane par exemple. Car l’Etat doit être en cette matière neutre, que ce soit à l’égard des cultes ou de tout courant de pensée philosophique, athée, agnostique. Il appartient à toute communauté de trouver les financements nécessaires au fonctionnement de sa croyance parmi ses fidèles ou ses adhérents.
    Toutefois, cette neutralité ne doit pas être exempte de bienveillance et disons-le de réalisme. C’est pourquoi, je ne suis pas choquée que lors d’évènements importants, fête de grande importance, décès, mariage, il soit prêté de manière ponctuelle des salles.
    De la même manière, il ne faut pas hésiter à subventionner des actions culturelles ou sportives, notamment, quand elles sont organisées par telle ou telle association de nature cultuelle, culturelle ou philosophique quand elles sont ouvertes à tous et basées sur nos principes républicains.
    A ce propos, je regrette que la République n’ait pas su établir des rites spécifiques, permettant, notamment à ceux qui ne croient pas en Dieu ou en des forces spirituelles, de se retrouver ensemble lors de cérémonies funèbres républicaines, de baptêmes républicains (rien n’oblige un maire à en pratiquer) et même de mariages qui peuvent être expédiés en 5mn. Beaucoup de croyants s’y retrouveraient aussi, je n’en doute pas.

  11. 10/04/2012 at 01:00 Pascal PILET

    Je ne sais si la loi de 1905 permettrait de financer un tel lieu de culte (à moins que l’on réaffecte des édifices cultuels désaffectés, auquel cas, il n’y aurait pas à proprement parler détournement du texte).

    Je trouve cependant à l’idée de Michèle un intérêt certain. Même si cela suppose de bousculer des habitudes et de secouer des préjugés.

    Le fait religieux est une réalité, y compris dans une société laïque comme la nôtre. Il est légitime que les croyants puissent avoir accès à des lieux de cultes dignes. Les religions présentes avant 1905 sont affectataires des temples et églises construites avant cette date. Cela leur confère un avantage certain, par rapport aux confessions implantées plus récemment.

    La création de lieux de cultes communs, gérés par les cultes eux-mêmes, pourrait s’effectuer dans les bâtiments désaffectés par leur affectataire initial. L’esprit de la loi serait sauf.

    De tels lieux existent d’ailleurs déjà dans les crématoriums de la région bordelaise… sans que cela pose véritablement de problème pour les cérémonies d’obsèques.
    Lorsque j’étais étudiant, le Centre Catholique de la Paillère, accueillait la prière des musulmans, le vendredi. Cela ne posait aucune difficulté non plus.
    Un nombre significatif d’ églises d’Alsace servent à la fois aux catholiques et aux protestants. Là encore, je n’ai pas l’impression que cela gêne quiconque.

    La proposition de Michèle, qui mérite une réflexion approfondie, a au moins le mérite, de vouloir pacifier des germes de tension que l’on voit apparaître ici et là, à propos de ces questions. Pacifier… c’était également l’objectif de la loi de 1905. Force est de constater que malgré les affrontements très forts au début (particulièrement lors des inventaires) la situation est devenue très paisible. La laïcité est un ferment de paix sociale… Cette proposition y contribue.

  12. 10/04/2012 at 11:03 Michele Delaunay

    Mettre à disposition un lieu pour les cultes n’est pas les financer. De même les communes mettent à disposition les salles municipales pour les associations. Nous ne pouvons rester dans la situation actuelle. Le drame de Stains a démontré un des aspects de cette impossibilité, l’atmosphère dans les quartiers où s’installent des lieux de culte plus ou moins dissimulés (et pour autant tolérés voire facilités par la municipalité comme au Grand Parc) en constitue une deuxième raison. Nous allons dans le mur si nous ne prenons pas des dispositions et nous braquons les Français les uns contre les autres.

  13. 10/04/2012 at 11:25 Amy

    Les religions doivent commencer par être tolérantes entre elles, voire ouvrir leurs lieux de culte les unes aux autres. Je sais que nous en sommes loin mais cette proposition marque un pas dans le bon sens

  14. 10/04/2012 at 22:39 cassandre

    La crispation « républicaine » autour de la question des lieux de prière me dérange profondement. Pour beaucoup des purs et durs elle semble la continuation nécessaire de la guéguerre entre l’église (catholique) et les radicaux au 19e siècle avec son anticléricalisme exacerbé. Abstraction faite de ce que la loi de 1905 excluait les musulmans, ce qui nécessite aujourd’hui une correction et réparation, les résistances à l’égard des cultes, surtout islamiques, à la recherche de lieux où ils peuvent exercer leur religion dans des conditions dignes me paraissent refléter une intolérance sectaire inacceptable.

  15. 11/04/2012 at 11:56 francis

    Partager les lieux de culte…
    Si, catholique, je suis bien d’accord avec vous Michele sur l’unicité de nos Dieux entre les trois Fois monothéistes issues de la Bible, je crains que l’utilisation partagée des lieux de culte ne soit difficile car chaque religion est aussi basée sur des rites, des symboles, des représentations, des formes, qui ont tendance à devenir partie prenante de la foi et rendent difficile cette cohabitation dans le temps dans un même bâtiment. Elle est possible, il y en a des exemples : je vais parfois aux Menuires station dans laquelle la salle « polyvalente » ressemble à une Eglise, avec un « clocher » sans croix, un intérieur nu sur lequel chacun peut mettre sa «décoration» pour ses célébrations, ou un écran pour une présentation communale… mais ce qui est possible dans un village de montagne ne me semble pas pertinent dans une ville où chacun veut pouvoir disposer librement d’un lieu pour se réunir, prier, célébrer, fêter…
    Pour ma part, je rêve d’une « Place des cultes », un lieu, dans une ville moyenne, ou nouvelle, où seraient groupés les lieux de culte: Eglise, Mosquée, Synagogue, Temple… voisins et partageant les infrastructures logistiques : salles de réunions, bureaux, cour,… ou symboliques « clocher », parvis… obligeant les responsables à se concerter, à cogérer, incitant les fidèles à se côtoyer, se parler, s’apprécier sans doute. Un vrai lieu visant le dialogue, la connaissance mutuelle, l’échange, l’œcuménisme, la Paix… Je n’en connais pas. Y aurait-il un maire assez fou pour le vouloir, un architecte assez ambitieux pour le concevoir, des fidèles, des pratiquants capables de le faire vivre sans tomber dans le conflit, sans susciter des réactions violentes des extrémismes ?
    Sacré projet, sacré défi, qui pourrait influencer positivement sur ce « vivre ensemble » qui est notre nécessaire ambition.

  16. 11/04/2012 at 13:00 francis

    Au-delà des aspects cultuels traités ci-dessus, un vrai défi est le partage des investissements réalisés dans les bâtiments, les équipements…
    Beaucoup d’entre eux pourraient être mieux utilisés,
    avoir un « taux d’occupation » plus élevé.
    J’ai proposé à mon maire que les parkings des bureaux prévus dans les nouveaux projets soient, les samedi et dimanche, utilisables par les véhicules des familles qui venaient dans le parc en face. Refus. Trop compliqué. Dommage.
    Autre exemple : moins de 10% des véhicules sont en mouvement en même temps : essayer d’éviter d’investir pour laisser la voiture au garage, au parking, dans la rue, beau challenge! Au-delà du covoiturage, quelques villes essayent l’autopartage : les volontaires peuvent laisser leur voiture à disposition des autres sous la surveillance, et avec localisation par un service municipal…
    Il y a tant d’autres exemples à imaginer, créer… La société de demain, plus économe, frugale, écologique est peut-être en partie là : comment, avec nos techniques, partager, mutualiser nos moyens, mieux utiliser et moins dépenser, gâcher….

    Le slogan qui résume tout cela…

    Moins construire, moins produire, et plus partager, échanger, réutiliser, recycler,
    pour vivre mieux.

  17. 11/04/2012 at 16:56 Denise Y.

    Il est un lieu de culte dans cette ville, madame, que mon mari partage volontiers avec lui-même, bien que sa présence y soit essentiellement virtuelle, comme celle du Saint-Sacrement dans le Tabernacle. Très pessimiste, il pense n’avoir d’autre lieu où se réfugier deux années durant après les échéances électorales d’avril à juin. C’est ce que, lucide et résigné, il raconte dans le dernier billet de son blogue, sobrement intitulé « Pécuchet ».
    http//www.alain-youpi.blogspot.com/

  18. 11/04/2012 at 20:05 JCS

    Madame Delaunay, je fais suite à votre conte rendu sur le site du Grand Parc. Vous citez In’Cité qui à autorisé un lieu de prière au dessus du Bar puisqu’il faut le citer. Pour avoir discuter avec le nouveau directeur fraichement débarqué, je n’ai pas le même son de cloche puisque selon ses propos, une action contre ce lieu illégal et pas aux normes est engagée auprès de la préfecture. Il ajoute que ce lieu fait l’objet de surveillance policière.
    Mais cela nuit aussi au bon fonctionnement de ce centre commercial puisque cet établissement ferme les jours de prières. Ce qui est contraire à la charte selon lui de tout centre commercial.
    Mais j’ajoute pour ma part que le commerce jouxtant le lieu de culte fait l’objet d’insultes, de menaces et de pressions envers sa propriétaire.
    Quand on connait les déboires de la tentative avortée d’acquisition d’un lieu de culte appartenant au diocèse, cochée par des supposés intégristes, tels les faits relaté par le journal Sud-Ouest, il vaut mieux être prudent dès lors que l’on recommande l’existence d’un lieu de culte pour les musulmans.

    Sans langue de bois ni réponse théologienne, j’aimerai bien connaître votre opinion là-dessus.

  19. 11/04/2012 at 22:53 Bernard BLANC

    La laïcité est la garantie de pouvoir pratiquer sa religion en toute liberté et dans des conditions de parfaite dignité. La contre-partie de ce doit fondamental est de respecter celle des autres pour une véritable harmonie sociale. Tout cela serait très simple si le prosélytisme de quelques uns, souvent à des fins politiques, ne mettait ce fragile équilibre millénaire en échec. La rôle de l’Etat pour garantir cette liberté de culte est central, ce devoir s’appelle depuis la Loi de 1905 le respect du principe de laïcité. Pour cela, les pouvoirs publics doivent mettre à la dispositions des pratiquants des lieux de culte dignes, fonctionnels et adaptés à l’exercice religieux dans les meilleures conditions. Aujourd’hui, l’Etat n emplit pas correctement cette mission, notamment vis à vis de la religion musulmane. Il est anormal de laisser pratiquer une religion par des dizaines de milliers de croyants dans des conditions parfois indignes, comme c’est trop souvent le cas à Bordeaux. Cette situation est la porte ouverte aux extrémismes. Inscrie la , trop heureux de pouvoir exploiter à des fins

  20. 11/04/2012 at 23:39 Pascal PILET

    @Bernard.

    Je partage totalement tes observation quant à la difficulté d’accès des musulmans à des lieux de culte décents et dignes…

    Je suis plus circonspect sur l’obligation pour l’État de mettre à disposition des lieux de cultes. Si l’on se réfère à la l’esprit de la loi de 1905, la mise à disposition des édifices religieux résulte de la recherche d’un modus vivendi acceptable, entre une puissance publique qui a voulu se réapproprier les édifices religieux, considérés comme un patrimoine collectif, et les Églises qui en étaient les utilisatrices traditionnelles. Le droit d’usage est en quelque sorte la contrepartie de l’incorporation au patrimoine public de ces bâtiments.

    L’État ne subventionnant aucun culte, tous les édifices religieux postérieurs à 1905 (à quelques très rares exceptions notables) ont été construits par les cultes, qui jouissent de leur pleine propriété en même temps que du droit d’usage.

    En parallèle un droit fiscal exorbitant du droit commun a permis aux cultes de se constituer des patrimoines privés, notamment par le truchement des legs.

    Garant de la laïcité, l’État républicain ne peut déroger à ces principes fondamentaux sans malmener la loi de 1905, qui est par ailleurs un pilier de la paix sociale dans notre pays.
    Le catholique que je suis pourrait être naturellement favorable à une telle évolution mais le républicain respectueux de la laïcité républicaine que je suis également repousse cette tentation, à cause des risques qu’elle fait courir à ce subtil équilibre…

    Il existe en revanche des lieux construits avant 1905, qui ont été désaffectés par les Églises au fil du temps… Et qui sont le plus souvent fermés. Peut-être pourrait-on imaginer de les mettre à disposition d’associations pluri-cultuelles constituées sur le modèle de la loi de 1905, qui pourraient en déterminer l’usage.

    @ Francis… La symbolique et les rites diffèrent c’est vrai ! Mais on pourrait sûrement penser des modalités d’occupation de l’espace et du temps qui permettent à chacun de s’y retrouver, dans le respect des autres occupants !

  21. 12/04/2012 at 07:32 Denise Y.

    PÉCUCHET ? C’est là : https://www.alain-youpi.blogspot.com/

  22. 13/04/2012 at 21:39 Tancrède

    les églises de Dieu doivent rester les églises de Dieu Trinité Père, Fils et Saint-Esprit et affectées à son culte public par la célébration du Saint Sacrifice de la Messe.

    Non, nous ne cèderons pas nos églises, nos chapelles, nos basiliques, nos cathédrales!

    L’âme de la France catholique, fille aînée de l’Eglise y demeure et jamais ô grand jamais nous ne cèderons au relativisme croissant

    Surtout quand les églises des catholiques sont détruites chaque jour au Mali, en Indonésie, au Pakistan et ailleurs et que des chrétiens sont persécutés par les tenants de cette « confession » qui s’installe chaque jour plus en France, quand bien même on nous opposerait qu’il ne s’agit pas des mêmes!

    Je ne pratique pas pour autant l’amalgame et critique surtout l’Islam pour être clair et pas les musulmans en eux même

  23. 18/04/2012 at 11:25 Louise V.

    Madame,

    Permettez-moi d’exprimer ma surprise au regard de ce que vous proposez.

    « Rien à ma connaissance n’interdit à nos grandes religions d’éxercer leur culte dans un lieu qui ne leur soit pas exclusivement dédié », dites vous, mais je suis ici assez embarrassée d’avoir à vous dire que c’est probablement parce que vous n’avez pas fait assez de recherches sur le sujet.

    Un lieu de culte se doit d’être consacré, pour les chrétiens comme pour les musulmans (je m’abstiendrai de parler des juifs parce que je ne sais pas ce qu’il en est pour eux). C’est important. On ne peut pas avoir une église qui soit en même temps un temple ou une mosquée, et inversement. Pour les musulmans, c’est même doublement important, parce qu’un lieu de culte musulman appartient à l’Islam et qu’il ne peut être prêté à qui que ce soit d’autre.

    Vous parlez également de cette utile coïncidence: les musulmans prient le vendredi, les juifs le samedi, les chrétiens le dimanche, comme c’est pratique. Pensez-vous donc, Madame, qu’un musulman ne prie qu’un seul jour de la semaine? N’avez-vous jamais vu des messes du samedi soir?

    Enfin, dire que Dieu est unique, certes. C’est même le principe à la base des trois religions du Livre. Le problème vient de ce que, précisément, il s’agisse de trois religions différentes et non pas de la même. Prier ensemble reviendrait à dire que nous croyons tous la même chose, et ce n’est pas le cas. Pour qu’il y ait de la tolérance et de l’acceptation, il faudrait peut-être commencer par reconnaître que nous sommes différents.

    Le dialogue entre les religions, les prières communes, les tentatives de dépassement de nos différences sont des choses très belles, mais qui n’appartiennent pas à la Mairie, ni même à la politique. La laïcité ne devrait pas signifier l’insulte que serait un lieu de culte d’où l’on enlèverait un croissant pour y mettre une croix aux horaires définis par les statuts, et où un fonctionnaire qui ne reconnaît pas la Présence réelle mettrait l’eucharistie dans un placard tous les deux jours.

  24. 19/04/2012 at 22:27 Fabien L

    Je suis désolé de doucher l’enthousiasme utilitariste de certains, enthousiasme qui me semble témoigner d’une certaine forme d’ignorance de la situation des croyants.

    Le « petit » problème que vous avez oublié, en ce qui concerne les cathos, est que dans une église affectée, il y a en permanence le Christ réellement présent dans les hosties consacrées (présence indiquée par une petite lampe rouge, lampe qui est un héritage du judaïsme, soit dit en passant).

    Alors qu’on puisse trouver des arrangements pour dire la messe dans une chapelle provisoire dans un hôpital ou un crématorium, soit. Mais pour une église catholique, la présence des hosties consacrées, donc du Christ lui-même est un « bien matériel » dont il est rigoureusement impossible de faire abstraction.

    Ceci explique aussi que les églises sont loin de servir uniquement pour les « jours de grande prière ». A vrai dire, quand on rentre dans l’église de ma petite ville, dans la journée, huit fois sur dix il y a des personnes en prière présentes. Sans compter qu’on y pratique l’adoration eucharistique de façon continue (nuit comprise) 24 heures durant deux jours dans la semaine. Et puis, voici un autre scoop : chez les cathos, il y a des messes tous les jours !

    Les églises sont loin de servir uniquement pour les « jours de grande prière ». A vrai dire, quand on rentre dans l’église de ma petite ville, dans la journée, huit fois sur dix il y a des personnes en prière déjà présentes. Sans compter qu’on y pratique l’adoration eucharistique de façon continue (nuit comprise) 24 heures durant deux jours dans la semaine. Et puis, voici un scoop : chez les cathos, il y a des messes tous les jours.

    Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un cas exceptionnel : les églises qui ont des problèmes de fréquentation sont celles situées en campagne, où la question du partage ne se pose pas !

    Et bien évidemment j’ai développé ce qui gêne un catho-de-base-même-pas-intégriste. Mais il va de soi que ce n’est pas la seule difficulté posée par cet « accommodement », il suffirait de laisser la parole à un Juif ou un Musulman.

  25. 17/08/2012 at 03:51 マークバイマーク

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  26. 17/08/2012 at 07:45 塔羅牌教學

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  28. 20/08/2012 at 09:44 mbt ウォーキング

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  29. 20/08/2012 at 16:09 nu skin

    洗臉跟刷牙洗澡一樣重要…認同嗎?(還是有人不洗澡刷牙也無所謂的!?)nu skin

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