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Ségolène Royal (antenne 2, ce soir) pour la première fois libérée des contraintes de l’apparence, ou plutôt de l’excès d’apparence, et de celui de l’exercice oratoire, parlant plus naturellement que dans ses précédentes prestations télévisées, maîtrisant parfaitement les dossiers, ne se laisssant pas dérouter du message qu’elle veut donner tout en répondant aux questions posées.

Les lecteurs de ce blog savent quelle méfiance, et quelle antipathie fondamentale, j’ai de la télévision. Ici, j’ai trouvé l’émission d’Arlette Chabot équilibrée, suffisamment incisive, suffisamment respectueuse, et donnant à chacun à la fois le temps de la question et celui de la réponse. Rien à voir avec la terreur précipitée et agressive des questionneurs de l’émission de TF1.

Tous les grands chapitres ont été abordés. Rapidement par définition, fortement grâce au travail de Ségolène. Je n’ai pas crainte à dire cela : le travail est une garantie de compétence. Ségolène Royal a appris a faire passer son message, les pièces fortes de son programme, sans dévier de sa route. Ce n’est pas aisé. Bravo !

Ceux qui ont suivi mes campagnes précédentes, ou seulement la suite de ces billets depuis maintenant 9 mois, ne seront pas étonnés de me voir réjouie de l’entendre proclamer que le travail est une valeur de gauche*, et sa dépréciation l’effet du précariat et de l’irrespect au sens le plus large de ce terme, ou encore de l’entendre parler de la prévention à la fois comme la première mesure de santé publique et comme une condition de pouvoir financer les soins.

Je m’éxerce une nouvelle fois au difficile exercice du commentaire instantané. Je suis heureuse que cette émission ne se soit pas perdue en vain commentaires sur la manière de réagir à François Bayrou, ou à l’attitude de tel ou tel. Chapeau aussi à Arlette Chabot d’avoir donné un bon exemple d’émission de service public. Plus resserrée sur l’essentiel, sans négliger les questions qui fâchent, comme le livre non encore publié d’Eric Besson. Le seul commentaire de Ségolène : il faut se placer dans l’intérêt général, et en ce qui la concerne, l’intérêt de la France. Que chacun dans son engagement, au niveau de son périmètre d’action, se situe ainsi sans fléchir.

  • cf billet du 5 février 07

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