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C’est pas comme si les écarts de revenus entre les plus riches et les plus pauvres, en France comme dans tant de pays, ne cessaient d’augmenter. Pas comme si, la question du logement n’avait jamais été aussi déterminante parmi les facteurs de santé sociale d’un territoire. Pas comme si la ghettoïsation, urbaine mais aussi et de plus en plus entre urbain, suburbain et rural, ne devenait chaque jour plus prégnante et politiquement plus dangereuse. C’est pas comme si, la ghettoïsation sociale ET DONC scolaire ne montaient pas dangereusement comme le niveau des fleuves par gros temps..

C’est pas comme si, tout cela ne nourrissait pas un grondement lourd, montant des fonds marins avant un tsunami… Ni comme si le logement n’était pas la première clef à faire jouer pour les générations actuelles comme pour les futures.

Eh bien, justement, ça ne doit pas être comme si, c’est nous qui nous trompons. Le Gouvernement, après avoir choisi de présenter la facture de la baisse des APL au secteur du logement social, ce qui signifie réduire sa capacité d’investissement (construction et  réhabilitation), veut assouplir l’article 55 de loi SRU fixant aux communes l’objectif d’atteindre un taux de 25% de logement social en 2025. Juste au passage, cet objectif n’est en aucun domaine inatteignable, la ville de Paris -la plus contrainte de France en terme de foncier- ayant doublé son taux de logement social en 10 ans (20% aujourd’hui), temps pendant lequel Bordeaux ne progressait que de 2 points.

Dés le mois de décembre 2017, la loi a commencé d’être écornée par une liste d’exemptions. Mais la « conférence (dite) de consensus » qui vient de s’achever sous la direction du Ministre Jacques Mézard a plus d’un tour dans son sac et accumule les propositions : repousser le délai d’ici à 2025 , intégrer dans le calcul du quota des logements de fonction qui n’en sont pas (comme par exemple, le logement des militaires à Versailles) ou y conserver pendant 10 ans les logements sociaux qui ont fait l’objet d’une cession.

A la manoeuvre, au sein de l’Association des Maires de France, nombre de municipalités de droite mais aussi des tenants de la construction de logements intermédiaires aux loyers bien supérieurs à ceux du logement social.

A suivre de très près… Ce deuxième coup porté au logement social aurait des conséquences très lourdes pour tous ceux pour qui maintenir et développer l’objectif de mixité sociale constitue la base de l’équilibre de notre société. Imaginons Paris (ou Bordeaux demain) sans logement social : plus d’infirmières, de postiers, d’employés de restaurants.. pour y habiter…

Juste l’entre-soi et les touristes, que des flopées de trains et de métros de banlieue tenteraient de faire survivre.

 

Comments 1 commentaire

  1. 15 février 2018 at 17 h 02 min Philippe Rennes

    Bonjour, vos analyses toujours très justes et proches du terrain, ce qui se passe est dramatique pour une partie importante de la population aux revenus faibles, que veut-on? de plus en plus de SDF? Alors sans doute que pour certains favorisés, rémunérer un bailleur social n’a pas la même saveur que financer un rentier déjà bien gâté par les abattements fiscaux lié aux investissements fonciers. Un autre aspect de la difficulté d’accès au logement: pas assez rémunérés pour accéder au logement privé dont les propriétaires deviennent de plus en plus exigeants avec des niveaux de loyer élevés, et légèrement trop rémunéré pour avoir droit au logement social, une frange de la population est confrontée aussi à un vrai problème de logement.
    Petite info : votre adresse courriel sur votre blog est refusée (orange.fr)

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