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En politique, je ne me réjouis jamais des malheurs de l’équipe adverse, ne serait-ce que parce qu’il rejaillissent en général à plein flot sur l’ensemble de la classe politique. Mais là, c’est pire…

Le « PenelopeGate » auquel je ne conserve ce nom parce qu’il était clairement prédestiné : Penelope restait à la maison, attendant le retour de son Ulysse et, très probablement, en plus de tapisser le jour et détapisser la nuit, faisait au vieil Homère quelques notes de lecture qui lui permettraient de faire de sa modeste histoire de famille une Odyssée.

Arrivons-en au plus fâcheux : le PenelopeGate a délié les langues. Ce sont aujourd’hui combien de conjoints et conjointes (tenants du titre ou faisant fonction) qui réclament leur dû et menacent leur élu(e) ( à la fois de leur coeur et du suffrage universel) de dénonciation pour emploi réel, salaire fictif.

J’en ai un de ce modèle à la maison, que je trouve matin et soir, comptant ses kilomètres, à pied dans des buts de tractage, sur 4 roues dans des buts de voiturage, fouillant mes archives pour traquer chaque faute de ponctuation ou d’orthographe dans mes documents électoraux qu’il a corrigé en 10 ans… J’en passe : chaque jour, la liste s’allonge et me condamne.

J’en suis venue au point, en vue de négociations, de comptabiliser les plats Picard que j’ai décongelé pour lui, les « pneus neige » à épaisse semelle de caoutchouc que je lui ai fait troquer pour des chaussures mieux compatibles avec un usage urbain en climat tempéré, aux « kneipp » à lanières que je lui ai fait abandonner en même temps que les chaussettes qu’il portait avec. Ajoutons qu’il dénonce cette dernière action pour atteinte à l’identité germanique et à la liberté d’expression.

Bref, c’est la guerre, d’autant que ses amis se liguent pour témoigner en sa faveur. Même drame chez mon excellente collègue Martine Faure et tant d’autres dont je tairai le nom par pure camaraderie. La politique n’est pas un long fleuve tranquille…

 

Comments 7 comments

  1. 14 février 2017 at 13 h 46 min Albert

    Vous êtes députée, élue de la Nation, et pas simplement représentante d’un quartier de Bordeaux; quelle est votre position sur le CETA? Que pensez vous de la politique allemande à l’égard (l’encontre!)de la Grèce, quel a été votre vote sur l’autorisation de tirer donnée aux policiers, approuvez vous l’absence de coup de pouce au SMIC pendant ce quinquennat, qu’avez vous proposé pour favoriser le pluralisme de l’information, etc… bref, faites vous de la politique?

  2. 14 février 2017 at 17 h 21 min francis-prior

    Excellent.

    • 15 février 2017 at 17 h 46 min Albert

      Le Monde du jour:les quartiers populaires, les oubliés du quinquennat.Un commentaire madame la députée?

  3. 15 février 2017 at 10 h 09 min DR

    Madame Delaunay,

    Le fond du problème est la confusion des genres. L’assistant parlementaire occupe un véritable emploi, l’élu non. On est arrivé à un système où la course à la réélection est devenu une façon de pérenniser un emploi (celui de l’élu) qui n’en est pas un.

    Il existe des solutions pour éviter cette confusion des genres et on ne vous entend jamais porter le message que votre mandat est bel est bien un prolongement éphémère de la voix de vos électeurs. A aucun moment, on vous (vous=les élus) entend dire qu’un mandat doit être limité dans le temps, on ne vous entend pas proposer que toutes ces indemnités (ce ne sont pas des salaires) doivent faire l’objet d’une validation par un comité populaire indépendant comme c’est le cas dans d’autres pays, même si je ne doute pas du sérieux dont une partie des élus peut faire preuve à ce sujet.

    Nombreux sont les français qui attendent des messages forts au sujet du statut d’élu de « premier plan » (député/senateur, maire de grande ville, président/vices presidents de region, élus de CD, etc…) et des fonctions telles que celles des ministres. On ne peut pas comprendre qu’a l’unanimité (moins 5 députés verts) l’assemblées ont voté contre l’alignement des retraites des parlementaires sur le régime général même si cela date déjà d’un moment (ce serait de la démagogie !), à un moment où élus de tout bord s’octroient des augmentations d’indemnités. En face nous, simples « travailleurs » devont faire face à une réduction de nos moyens et des perspectives peu réjouissantes pour notre fin de vie.

    Personnellement j’aurai plusieurs propositions pour cadrer les dépenses et éviter les conflits d’intérêts :
    – restaurer la notion de « mandat » et limiter le nombre total toutes fonctions exécutives confondues pour une personnes : 2 mandats de député max, 2 mandats de maire de grande ville max. 2 rôles de président de la république/1er ministre maximum, etc.. en fixant un total global maximum à 3 par exemple (1 fois député, 1 fois maire, une fois président de région). la bonne formule reste à trouver. Age limite pour exercer un mandat exécutif : entre 65 et 70 ans (si l’age survient en cours de mandat, l’élu doit démissionner). Cela va automatiquement générer un renouvellement des générations et favoriser l’application de mesures plus courageuses qui n’auront pas d’arrières pensées électives.
    – créer un corps d’assistants parlementaires contractualisés par l’état et encadrés. Toute personne pourra y candidater même le proche d’un élu. En revanche comme dans une entreprise, il aura un supérieur hiérarchique (qui n’est pas l’élu) et devra rendre des comptes sur son activité. Le salaire sera encadré et les capacité de l’assistant évaluées. Comme dans une société d’intérim, il sera détaché auprès d’un parlementaire mais ne sera pas payé par ce dernier. Tout parlementaire pourra disposer d’un ou deux assistant.
    – supprimer les dotations globales pour frais et remplacer par un système de notes de frais, validées par une commission « populaire ». La liste des dépenses possibles sera cadrée et les notes seront plafonnées à une dotation max/élu. Suppression des enveloppes distribuables sans justificatifs comme au sénat.

    Sur le fond, ces idées peuvent apparaitre non applicables. Le seul frein est aujourd’hui la volonté d’une caste d’élus et leur capacité à se liguer tous bord confondus dès qu’on parle d’une modification de leur statut. Aujourd’hui il faut restaurer un cadre qui restaure la nature démocratique du mandat au détriment de cette oligarchie.

    Bien cordialement

  4. 15 février 2017 at 14 h 20 min Ulysse Tabasco

    https://www.change.org/p/pour-que-les-bons-comptes-fassent-les-bons-%C3%A9lus-p%C3%A9tition

    Pour rétablir la confiance entre les citoyens et les élus, nous appelons les candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives à traduire en loi la proposition suivante :

    « Tout élu de la République, qu’il soit parlementaire, conseiller municipal, métropolitain, départemental ou régional (en comprenant les exécutifs), doit justifier de l’utilisation des crédits mis à sa disposition : indemnités représentative pour frais de mandat et crédits pour rémunérer ses collaborateurs.
    Il porte sa comptabilité et chacun de ses justificatifs de dépenses à la connaissance du public via un site internet et auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ».

  5. 17 février 2017 at 20 h 28 min Yoann

    Bonsoir M. Delaunay,

    Je relaie l’initiative de l’émission Quotidien pour vous demander si vous êtes favorables à un contrôle plus encadré des dépenses des parlementaires ?

    http://www.parlementtransparent.fr/

    Merci de vos réponses et bon week-end

    Yoann GUERIN

  6. 18 février 2017 at 13 h 38 min david

    ah bon ? ça n’est pas bien de dire que c’est un hobby plutôt qu’un travail ?

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