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Ce sont en réalité trois affaires qui ne peuvent être réglées ensemble mais qui, ensemble, constituent une authentique affaire d’Etat. Si les questions qu’elles posent ne reçoivent pas de réponse, ce seront encore moins de Français qui iront voter, ce sera encore moins de crédit qu’aura notre pays sur la scène internationale.

– Première affaire : le conflit flagrant d’intérêt entre la position d’Eric Woerth et l’emploi de son épousel

Je devrais dire : les positions d’Eric Woerth. Ex Ministre du budget, Ministre du travail en charge du dossier le plus sensible et le plus décisif de ce quinquennat et trésorier de l’ump. Cela seul est inacceptable et quand nous l’avons dénoncé à l’Assemblée, il nous a répondu avec sa morgue de bon élève « c’est stupide ». Mon collègue Christian Eckert qui posait la question et qui, aujourd’hui, l’a de nouveau interpellé, s’en souvient.

A ces deux positions s’ajoutent celle de son épouse, parent du premier degré s’il en est. Elle ne pouvait, elle ne peut être dans le même temps que son mari exerce ses fonctions salariée de l’héritière de la première fortune de France, en charge de ses « actifs », alors que cette héritère est la première pourvoyeuse de fonds de l’ump.

Cela s’appelle un « conflit d’intérêt ». Le mot m’a toujours amusé car il cache des convergences bien évidente d’intérêts (au pluriel).

Pour cette seule raison, je soutiens qu’Eric Woerth doit démissionner. Cela s’appelle l’honneur, qu’évoquait tout à l’heure dans l’hémicycle François Fillon, volant à l’indéfendable secours (sur ce point) de son Ministre.

Le 18 juin, tout ce gouvernement a célébré le général de Gaulle. N’a-t-il pas honte aujourd’hui de se comporter de manière si contraire à l’idée que se faisait le Général de la France et de son gouvernement ?

Et de notre part, il est d’urgence de proposer une loi rendant désormais impossible ce type de conflit d’intérêt.

– Deuxième affaire : l’affaire Bettencourt et celle de l’emploi de Florence Woerth

Mme Bettencourt avait-elle des comptes en Suisse ? Etait-elle sur la liste des évadés fiscaux dont Eric Woerth s’est flatté de rapatrier les avoirs ? Possède-t-elle des biens non déclarés à l’Etat français ?

Tout cela n’est pas très difficile à savoir et est probablement déjà su. Ce que nous attendons c’est une réponse claire d’Eric Woerth.

Quel était le rôle de Florence Woerth dans la gestion des biens Bettencourt ? Petite main ou authentique gestionnaire ?

Un élèment important de la réponse est le montant de son salaire. Pourquoi n’en savons-nous rien ? Mme Bettencourt figurait-elle sur la liste des « exilés ficaux » . Pourquoi Eric Woerth ne répond-il pas à ces deux questions ?

Remarquons la faiblesse de la défense d’Eric Woerth. « Je suis intègre, je suis intègre, je suis intègre » (premier couplet). « Ma femme démissionne pour des raisons d’incompatibilité d’humeur avec son supérieur » (deuxième couplet). « Tout cela est fait pour me sâlir et je déteste ceux qui salissent » (troisième couplet).

Qu’il me soit permis de dire que cela ressemble à la défense d’Alain Juppé dans l’affaire Saint Eloi-Saint Projet. Premier couplet : « je suis pas intégriste, je ne suis pas intégriste, je ne suis pas intégriste ». Deuxième couplet : « je n’ai rien à voir avec l’association Saint Eloi, ni avec les mouvements qui l’entourent, je ne suis au courant de rien ». Troisième couplet : « c’est une machination contre moi comme dans l’affaire Terrasson ».

Tout cela est très faible alors que, dans les deux cas, il suffit de donner quelques chiffres, une liste, de faire témoigner les services de police/fiscaux, plutôt que de crier au loup. Les Français, Bordelais y compris, ont besoin d’explications claires, pas de proclamations.

– Troisième affaire : la pression de Nicolas Sarkozy sur le procureur Courroye telle qu’elle parait évidente dans les enregistrements disponibles sur mediapart.

L’indépendance de la justice est en cause, dans ce volet si important qu’est « le parquet ». Les faits, tels que révélés dans les enregistrements, sont lourds : annonce de la date d’une décision, aveu d’amitiés et de connivences….

Ces trois affaires ne seront pas réglées dans le même temps. La première relève de l’immédiat et des principes républicains, la seconde relève des services fiscaux et de la justice, la troisième relève de la Justice avec une grande majuscule.

Espérons, très fortement, très profondément, qu’elles ne seront pas mises sous le boisseau : c’est l’honneur de notre pays et la confiance des Français en la politique qui sont en cause;

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