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Enfin, une bonne nouvelle ! Disons : l’espoir de l’ébauche d’une bonne nouvelle. A l’occasion de son discours autour de la réforme des lycées et après avoir déclaré « la fin des privilèges de naissance » (!!!), Nicolas Sarkozy a annoncé un grand plan en faveur de l’enseignement des langues vivantes en France.

Enfin, le gouvernement, semble prendre conscience que, dans un univers mondialisé, dans une Europe qui tarde à s’incarner, il y a peu être lieu de revoir l’enseignement des langues qui n’a aujourd’hui d’autre objectif que de satisfaire aux épreuves écrites du Baccalauréat.

Résultat : les Français sont en queue de peloton pour leur pratique des langues et leur possession d’une deuxième langue vraiment courante. A l’exemple de ses élites il faut le dire comme l’a donné à entendre sur France Info une compilation des discours en Anglais de Raffarin, Sarkozy et quelques autres. Hilarant et affligeant. Sarkozy annonant mot après mot à des chefs d’entreprise internationaux « We want You to make Money with us » est déjà un début d’explication du déficit commercial de la France. A côté de cela, 100% des Suédois et des Norvégiens pratiquent librement une, et quelquefois deux, langues étrangères.

Il faut dire que.. Ceux-là et d’autres commencent leur apprentissage à l’école avant l’âge de 6 ans, voient à la télé les films étrangers en VO avec sous-titrage et n’ont pas l’impression de faire prendre des risques au suédois en parlant couramment anglais.

Dans la foulée de cette annonce, j’ai pris ma plume* (façon de parler) pour suggérer au Ministre de l’Education de (re)mettre en place une initiative qui a déjà fait la preuve de son excellence : l’enseignement d’une langue étrangère dès l’école maternelle. Les jeunes cerveaux logés à l’intérieur de « nos chères têtes blondes » ont un acuité et une perméabilité qui leur permet d’apprendre naturellement ce qui plus tard leur demandera des efforts beaucoup plus grands.

Le linguiste Claude Hagège s’est beaucoup engagé sur le sujet, expliquant les conditions optimales d’acquisition de cette deuxième langue « maternelle », et confirmant que l’apprentissage précoce d’une deuxième langue non seulement ne nuit pas à l’acquisition du Français mais le facilite. Les petits secrets des langues, leurs mécanismes, leur maniement s’éclairent sans avoir besoin d’explication quand une deuxième vient très tôt se confronter à la première.

Cet enseignement a été dispensé en France dans un grand nombre d’écoles maternelles pilotes entre 68 et 73. Il n’est pas indifférent que ce soit à Bordeaux que les premières classes aient été ouvertes et je me souviens de petits enfants parlant Allemand et chantant « O Tannenbaum » pour accueillir, sans aucune gène ni difficulté, l’Ambassadeur de ce qui était alors la République Fédérale d’Allemagne. C’était dans l’atmosphère de « la réconciliation entre la France et l’Allemagne » (Adenauer et de Gaulle), et ce bon ambassadeur avait les larmes aux yeux en entendant toute une classe maternelle le fêter dans sa langue.

Entre nous : qu’est-ce qui aiderait le plus à l’incarnation de la construction européenne ? J’avais été révulsée que le texte du traité constitutionnel qui a subi les avatars que l’on sait ne soufflait mot de l’enseignement des langues, ni de l’effort que devrait faire chaque pays pour enseigner précocement une langue voisine.

Luc Chatel ne parait pas aux premières semaines de son éxercice grand expert en éducation. Mais il est toujours permis d’espérer.

  • voir aussi mon courrier à Luc Chatel en page « Assemblée

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