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Une campagne difficile, très difficile, en face d’une débauche de forces municipales. A peine suis-je dans une rue, qu’on me prévient que deux conseillers municipaux sont dans une autre, deux autres dans une troisième, la candidate et un autre encore -quand ce n’est pas le Maire- dans une quatrième;.. Et l’on sait que la majorité municipale est forte en nombre, bien au delà de la juste représentation de la ville qui a voté pour 54% à gauche lors des dernières présidentielles.

Ce n’est pas la seule raison de difficulté, mais ce n’est pas ce soir ce que je veux retenir. Les résultats du 1er tour, nationaux et locaux, nous ont appris que le plus grave n’était pas dans cette pratique discutable de la démocratie. Notre pays a mal, mal de ces presque dix ans de pouvoir ump, mal de cet incroyable mensonge qu’a été toute la campagne du candidat Sarkozy, mal de voir la vie rétrécir chaque jour pour tant d’entre nous, mal de ne plus voir ni entendre une parole qui donne envie de redevenir pionnier dans un pays désormais en friches.

Je n’ose penser bien évidemment, qu’à mon niveau, au niveau de mon territoire si bien sillonné, mis en réseau, par ce pouvoir depuis trop longtemps en place, ma seule parole, tous ces moments où j’essaye de perfuser ce que je sens très fortement au fond de moi, suffit. Pourtant je le crois utile et nécessaire. Pourtant, chaque jour, je remets sur le métier cet exercice qui est un mélange de fraternité et de pédagogie : non, la politique, ce n’est pas ce qu’on vous montre depuis des mois, la politique, c’est aider la vie, partager de la force, travailler ensemble, faire aboutir des projets dont on croit qu’ils sont bons.

Dur. Dur parce qu’ils sont si peu nombreux à montrer l’exemple de cet irrésistible mélange d’énergie et d’intelligence que Stephane Hessel nous a fait éclater au visage. Pas besoin de chercher plus loin la raison du succès de son petit livre, ni de son lumineux charisme. Il met son énergie à tout autre chose qu’à une stratégie personnelle dont il n’a cure, et son intelligence au réveil de la conscience collective.

Cet homme lumineux me fait le cadeau de sa confiance, peut-être même de son amitié. Comme l’a fait Jacques Delors. Je suis quelquefois « sans bâtons » (c’est le sens originel du mot « imbécile ») devant les petits coups tordus qui sont mis sur mon chemin, les injures distillées ici ou là, mais l’exemple de ces deux -là, de quelques autres qui m’entourent, me remet -comment dire ?- : droite dans mes ballerines .

Jamais nous n’avons eu autant besoin de politique pour faire prendre le bon tournant à notre pays en ce début de siècle. De plus en plus, je suis persuadée que c’est maintenant, maintenant précisément, dans ces quelques mois à venir, que nous pouvons redresser ou subir, réunir, cristalliser nos forces ou nous dissoudre comme un sucre dans le flot des civilisations qui passent.

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