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Extrême tension ce soir à l’Assemblée. Non pas tant dans l’hémicycle lors des questions d’actualité qu’avant et après elles. Nous sommes au coeur du système, dans le noyau dur de la Sarkozie, celui où tout le monde (la majorité) fait bloc parce que tout le monde en dépend. L’argent…

Bien sûr, une évidence n’est pas une preuve, mais elle reste une évidence. Et nous en sommes là.

Pour aller où ? C’est la question et elle est grave. Remontant dans mon bureau, après m’être arrêtée un moment dans la cour d’honneur de l’hôtel de Lassay pour chercher des réponses, je n’ai trouvé que des hypothèses ou plutôt d’autres questions dont aucune n’est rassurante.

La remise de fonds non déclarés pour la campagne présidentielle pourra-t-elle être démontrée ? Rien n’est moins sûr. Non que les renseignements donnés par la comptable ne paraissent pas fondés ni, partiellement au moins, vérifiables. Les dates sont précises que tous les banquiers du monde enregistrent avec précision et peuvent confirmer.

Les motivations du témoin (cette comptable) paraissent recevables. Du moins, comprendrait-on plus facilement qu’elle ait fait des déclarations contraires ou qu’elle n’en ait fait aucune. Se serait-elle tue, elle aurait certainement été accueillie de manière « amicale » par ceux qui avaient intérêt à ce qu’elle se taise.

Les banquiers livreront-ils les renseignements nécessaires ? Rien n’est moins sûr et, pour autant, pas impossible.

. Imaginons que l’on parvienne à faire de l’évidence une preuve. Que peut-il advenir ? J’ai interrogé sur ce point nos plus fins constitutionnalistes. L’élection présidentielle , au contraire de la plus modeste élection cantonale, ne s’invalide pas. Le Président ne pourrait être sanctionné que par un vote de l’Assemblée (trahison, prise illégale d’intérêt) : la majorité lui est acquise. Cela ne sera pas.

. Hypothèse 2. Le Président, sentant la situation perdue, garde le pouvoir de la dissolution. La gauche a, alors, de fortes chances de l’emporter. Le Président peut miser sur son épuisement en face du double enjeu de faire face au discrédit du pouvoir et de la préparation de la prochaine présidentielle.

Pari hautement risqué, dont l’expérience de 1997 parait préserver le pays. Peu probable mais possible cependant.

. Hypothèse 3 , le contraire de la campagne de Russie : l’enlisement. Non dans l’hiver russe, mais dans la torpeur du mois d’août. Sarkozy et Woerth font le gros dos, tiennent et tiennent la majorité et on recommence à la rentrée avec deux ans de plus de décadence morale et de naufrage économique.

On comprendra aisément que mon moral n’est pas ce soir à la hauteur du déficit public. Je compte très fort sur les fidèles de ce blog pour apporter l’éclaircie d’une hypothèse 4 (ou, comme on voudra, d’un « plan D ») qui nous permette de nous sentir moins mal ou moins inquiets.

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