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C’était au temps du prix Nobel, mais aussi celui de la guerre d’Algérie. La France allait quitter ce pays où sa mère vivait encore. Les journalistes harcelaient Camus pour qu’il s’exprime et la réponse était tombée, insurpassable :

« Ma patrie, c’est la langue française »

Le contexte n’est pas inutile à rappeler. A partir de cette période, Camus que le Nobel venait pourtant d’universaliser devenait un travailleur émigré. On sait qu’il n’en a guère eu le temps ensuite.

C’est avec l’immigration en perspective que Sarkozy tente aujourd’hui de se remettre en selle en lançant le débat de l’identité nationale. Le mot n’est pas choisi au hasard, comme il ne l’a pas été au moment de l’accoler à celui d’immigration pour l’intitulé du ministère Hortefeux-Besson. J’imagine avec jubilation ce qu’il écrirait aujourd’hui s’il tenait encore l’éditorial de « Combat » et si « Combat » existait toujours.

Cette réponse est insurpassable, parce qu’elle contient toutes les autres. Le vouloir vivre ensemble, la connaissance des us et coutumes, la volonté de partager le même monde et d’y faire sa place, comment mieux le manifester qu’en s’imbibant d’une langue et en la possédant, de ses petits travers jusqu’à ses plus grandes finesses.

Je m’irrite bien souvent du terme « minorités visibles » et de la discrimination qu’il est supposé générer. Ce qui sépare, ce qui fait peur, c’est bien souvent un maniement incertain de la langue, la connaissance d’un vocabulaire pauvre et fautif au point d’être un marqueur discriminant. Les minorités « visibles », celle qui génèrent de l’incompréhension sont bien souvent des minorités audibles et cela nous donne la mesure de notre mission d’enseignement, d’éducation et de formation.

Ma patrie, c’est la langue française que j’espère partager au plus large. Quant au débat de notre petit Machiavel des Hauts-de-Seine, nous n’en avons rien à faire.

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