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C’est dans une délicieuse odeur de cire et de parquet fraîchement lustré que nous avons accueilli ce matin les nouveaux Français, ceux qui ont fait le choix cette année de la nationalité française.

Pourquoi ont-ils été reçus dans leur nouvelle nationalité à la Mairie plutôt qu’à la Préfecture quand c’est de l’Etat qu’il s’agit en cette matière ? Mon aménité naturelle me fait proposer que c’est à cause de la beauté et de la grandeur de notre Palais Rohan. Mais le Préfet ne doit pas pour autant être trop timide : l’hôtel préfectoral, dit Hôtel de Nesnin, n’est pas moins propre à cette haute destination.

Une conférence a ouvert la cérémonie, où il a été rappelé que la Constitution de 1958 pose le principe que la République française est une « République laïque, démocratique et sociale ». Avouons que le troisième mot est bien souvent trop oublié de nos gouvernants eux-mêmes. La deuxième phrase de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, beaucoup moins connue que la première (« les hommes naissent et grandissent libres et égaux en droit ») mérite elle-aussi qu’on s’y attarde : « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité générale », c’est à dire l’intérêt public. Là encore, il y a des distinctions sociales que l’on devait épousseter solidement et revoir à l’aune de cette ‘utilité générale ».

Avec plusieurs de ces nouveaux compatriotes, nous avons très librement ensuite discuté des termes utilisés dans ce domaine. Avouons que celui de « naturalisé » ou de « naturalisation », n’est pas évident à comprendre, ne serait-ce que par la multiplicité de ses sens, l’un d’eux étant celui d' »empaillement » quand il s’agit d’oiseaux ou d’animaux que l’on souhaite conserver dans leur forme et avec leur plumage ou leur pelage naturel. Nos nouveaux Français doivent au contraire être actifs et bien vivants dans l’exercice de leurs droits et de leur devoirs civiques.

Vint ensuite celui d’ « assimilation », heureusement très peu utilisé aujourd’hui et rejeté par tous. « Intégration » n’est pas non plus exempt d’ambiguïtés et a suscité la discussion. Une des participantes à notre petite cercle, dont on devine qu’il s’agit d’une femme, a proposé de lui préférer « adoption ». J’ai demandé qu’on l’accompagne de « réciproque » et alors en effet, il est assez beau de pouvoir dire que la France adopte un nouveau venu qui, en retour, adopte sa nouvelle nationalité.

Les paroles de la Marseillaise que je n’ai pas besoin de rappeler, encore que très peu la connaissent au delà du premier couplet, ont très fort besoin que l’on se souvienne de l’époque où le texte a été écrit pour qu’on ne s’offense pas de leur ferveur guerrière. Tous autour de moi ont reconnu que l’envolée et le rythme de la musique faisaient beaucoup lui pardonner.

Belle cérémonie, où j’ai exhorté les femmes présentes à n’être pas trop timides et à participer à la vie publique. Elles représentent un pourcentage considérable de notre population et notre pays a grand besoin de leur expérience particulière de femmes d’origine étrangère.

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