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… et l’imminence d’y succomber. Sous quelques petites conditions (vider le bureau de ses factures, lettres, listes à faire d’urgence..), j’appareille demain en grand équipage vers mes hauts-de-hurlevent, juste à l’aplomb du soleil couchant et de l’Amérique d’Obama.

La préparation du « Grand Equipage » fait partie des conditions suspensives. Réunir en un seul point, puis embarquer, les sacs de « Monde » non lus dans l’année, l’ordinateur et tous les jouets qui vont avec, les cartons de livres, le chien qui prend à lui seul la moitié de la voiture et n’entend pas partager, deux ou trois autres impedimenta, n’est pas gagné à cette heure. Le pire n’est jamais sûr et je reste résolument optimiste.

Je n’aime pas le nom d’Hossegor dont l’origine n’est d’ailleurs pas très claire. Il n’est ni assez couleur locale, en l’occurrence landais, ni assez dépaysant. Reconnaissons que le Cap nègre ou le Cap Ferret ont une autre gueule. Mais c’est à Hossegor que je vais.

Pas n’importe quel Hossegor. Ce bourg paisible du temps de mon enfance a évolué, comme quelquefois deux enfants d’une même famille, en deux territoires qui s’opposent en tout : le calme serein et les belles demeures du Lac, le « front » de mer qui exprime par ce seul mot qu’il est en de toutes autres dispositions.

Mon Hossegor appartient à ce front-là. A lui, les jours de tempête qui interdisent d’ouvrir les volets, le courant d’air permanent et les portes qui claquent ; à lui, les longues marches du matin quand la plage est encore vide, les couchers de soleil que même les Japonais ne parviennent pas à enfermer dans leurs caméras ; à lui le vent, la brise et tous les dérivés de l’un à l’autre, le bruit incessant des vagues et des fonds marins, qui disent la saison et l’heure sans même ouvrir les yeux. Reconnaissons qu’à cela, il faut une cinquantaine d’années d’apprentissage. A lui aussi, la quasi-inexistence de la canicule, mais en échange, l’humidité froide des maisons pendant deux bons tiers de l’année, les cheminées qui hurlent, les vitres givrées de sel et de sable et l’impression d’être seul au bout de la terre dès que le mauvais temps s’en mêle.

Au lac, les paysages paisibles qui évoquent « le bassin » aux Bordelais immigrés jusque-là, deux, trois petits bancs d’huitres en fond de lac pour finir de les combler, les couleurs où les aquarellistes viennent tremper leurs pinceau, les admirables demeures années 30 et, nul ne peut l’éviter, les « têtes couronnées » très républicaines qui y ont posé leurs pénates.

Dès demain, le blog se met, non pas au vert, mais au bleu.

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