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Pour les Députés socialistes, une réforme de la prise en charge des malades psychiatriques est souhaitable. Cependant le projet du gouvernement procède d’une logique sécuritaire plutôt que sanitaire. Il aggrave la stigmatisation dont sont déjà victimes ces patients en assimilant tous les malades à des personnes potentiellement dangereuses. Chaque année, ce sont 70 000 personnes qui sont hospitalisées sous contrainte.

Le texte prévoit notamment la mise en place de soins psychiatriques ambulatoires : une contrainte majeure pourra s’exercer jusqu’au domicile du malade, avec tous les risques que cette intrusion comporte pour son entourage. Sont également prévus une  » période d’observation et de soins  » de 72 heures, ainsi qu’un dispositif de suivi renforcé pour les cas les plus sensibles. Pour notre groupe parlementaire, les soins sous contrainte sont nécessaires dans des cas rares mais ne doivent pas devenir la norme médicale, et doivent rester très clairement encadrés.

Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte de grande souffrance de la psychiatrie publique en France, que je constate malheureusement dans mon rôle de Présidente du centre hospitalier Charles Perrens de Bordeaux. Pour toutes ces raisons, nous avons voté en 1ère lecture contre ce projet de loi, qui ne remédie en rien à la pénurie de moyens humains et matériels de la psychiatrie, qui interdit de répondre aux attentes des malades, de leurs familles et des médecins, que ce soit dans le cadre de l’hôpital ou en dehors.

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