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A Bordeaux comme ailleurs, le commerce est l’affaire de tous

Aimez-faire vos courses en centre ville ? Le prix des parkings constitue-t-il un frein ? Quelle est la part dans vos achats -des achats en ligne -des achats en grande surface?…
J’ai appelé hier 20 novembre, en Conseil Municipal de Bordeaux, à des assises du commerce urbain ouvertes à tous les Métropolitains, avec diffusion d’un questionnaire, puis débat lors d’une réunion publique.
Car, enfin, des projets nous sont présentés, issus principalement de grandes agences, mais dans lesquels les acheteurs potentiels ne sont jamais appelés à donner leur avis.

J’ai posé moi aussi en séance des questions auxquelles je n’ai pas eu l’ébauche d’une réponse. Pourquoi les enseignes en centre-ville changent-elles à grande vitesse, ne permettant plus les achats de confiance auprès d’un fournisseur que l’on connait ? Pourquoi dans ce que l’on appelait « le triangle d’or » voit-on s’installer un loueur de voitures ? Pourquoi des rues entières ne connaissent-elles plus que la séquence agence bancaire-agence immobilière-assureur ? Pourquoi dans le nouveau quartier « Euratlantique » réserve-t-on 60% des surfaces commerciales à « l’équipement de la personne » alors que l’habillement ne représente plus que 7,3 % des dépenses des Français, et qu’en outre, on risque de ne trouver-là que des n-ièmes filiale de HM ou Zara ?

Nulle réponse à ces questions de bon sens. Le mot d’ordre a été hier « Circulez, y’a rien à voir. Le commerce bordelais va bien. Point ».
Le commerce bordelais de centre ville tire en effet son épingle du jeu en grande partie grâce aux touristes. Mais les Bordelais et les habitants de la Métropole qui mettent des heures à accéder au centre ville, eux, comment vont-ils?

Mme Calmels (adjointe à l’économie) a eu le mot de la fin : « les Bordelais que je rencontre tous les jours, sont satisfaits ». Elémentaire, mais peut-être pas suffisant…

Un lieu d’accueil fait pour la dignité et la solidarité

Un lieu d’accueil et d’hébergement fait pour la dignité et la solidarité. De l’architecte aux associations et aux élus, tous peuvent être fiers du très beau lieu que constitue le pôle social Ravezies, bd Alfred Daney. Ce projet, comme toujours, est le fruit d’un effort conjugué, et aujourd’hui, il fonctionne…

Trois associations ont mené cette bataille et vont gérer ce « pôle social » Ravezies : le Diaconat, la halte 33 et les restos du coeur. Il est aussi le fruit de la coopération ville de Bordeaux-BordeauxMétropole et Département de la Gironde ainsi que du bailleur social DomoFrance.

L’inauguration d’hier constituait en quelque sorte les « travaux pratiques » de la séance de Bordeaux métropole consacrée la veille à l’hébergement d’urgence.
Continuons ainsi… Et félicitons tous les acteurs qui permettent de traduire en actes la vocation d’accueil de notre territoire.

L’hébergement d’urgence dans Bordeaux Métropole

Demandeurs d’asile, réfugiés, roms, SDF.. Bordeaux-Métropole a eu l’initiative d’une séance exceptionnelle sur le thème de l’hébergement d’urgence, en présence du Préfet de région, Pierre Dartout.

Il s’est agi davantage d’un « point de situation » en Aquitaine et en Gironde que d’un plan d’action. En 2017, la Gironde a connu une augmentation de 64% des demandeurs d’asile par rapport à 2016, ce qui sollicite fortement l’implication des communes et en particulier celles de la métropole. A été souligné, pour s’en féliciter, que c’est en Aquitaine qu’a été dégagée la plus grande capacité d’accueil pour les migrants calaisiens et que cet accueil s’est très bien passé.
Deux particularités à notre territoire : -la présence des Sahraouis, qui ont des nationalités différentes et posent des problèmes particuliers du fait de leur grand mobilité avec l’Espagne; -La forte migration issue d’Albanie, comme dans les grandes villes de l’ouest, Nantes et Rennes.

Les Maires de la métropole sont intervenus pour dire à la fois leur volonté d’accueil -inégale selon les communes- et leurs difficultés.Le projet d’une répartition « raisonnée », c’est à dire tenant compte de l’importance et des particularités de chaque ville a été programmée.

J’ai interrogé le préfet sur l’accueil citoyen (c’est à dire auprès de particuliers). Cet accueil est particulièrement inclusif et il doit être facilité. Nous n’entendons plus parler de l’aide de 1500 euros pour chaque foyer accueillant, laquelle avait été proposée par le gouvernement précédent.
Dans les cas où une famille met à disposition un lieu d’habitation, j’ai suggéré qu’elle bénéficie d’un allègement de ses taxes fiscales et bien sûr que les accueillis aient un accompagnement social. Je me suis beaucoup investie pour cet accueil citoyen et je salue les associations qui oeuvrent pour le développer et l’accompagner.

Le Département, son Président et sa vice présidente Emmanuelle Ajon ont été salués pour leur action auprès des mineurs isolés ; sujet fréquemment évoqué par Emmanuelle dans son Facebook.

Réforme de la Légion d’honneur : le mérite ni la vertu ne commencent aujourd’hui

Il y a dans la communication qui entoure certaines mesures d’Emmanuel Macron une atmosphère de mépris qui est très désagréable. J’ai ainsi été choquée du tweet d’une députée LREM de la Gironde à propos de la « réforme » de la légion d’honneur : « On ne l’obtiendra plus par copinage mais uniquement par mérite. 50% de lauréats en moins dès l’année prochaine ».

Outre que les « distingués dans l’Ordre de la Légion d’honneur » ne sont pas des « lauréats », pas plus que la légion elle-même n’est un concours dont on régule le taux d’admission, ce tweet signifie mathématiquement que 50% des décorés l’ont été par copinage. Merci pour eux. Et merci pour les gouvernements antérieurs qui se sont conduit bien légèrement.

Pour ma part dans mon temps de Ministre, j’ai proposé , obtenu et/ou remis, très peu de légions d’honneur. Ce fut toujours à des personnes qui méritaient cette distinction par leur engagement durable pour la cause de l’âge et de la vulnérabilité. Une seule de mes propositions concernait une personne ayant une forte notoriété : il s’agit de Roselyne Bachelot et ceci pour l’énergie qu’elle a mise à pouvoir réaliser ce qu’on appelait alors « la réforme de la dépendance ». Ministre elle-même à ce moment, elle fit avec énergie et enthousiasme un vrai tour de France de concertation et de mobilisation. Hélas, en dernière heure, le Président Sarkozy préféra réduire la TVA des restaurateurs. Cela avait le même impact sur la dépense publique : la différence est que la baisse de la TVA n’a servi à rien et que la « réforme de la dépendance », telle que Roselyne l’envisageait, eût amélioré la vie d’à peu près toutes les familles françaises.

Roselyne n’était pas ma « copine », ni aucun de ceux que j’ai proposé, mais ils avaient tous ce mérite que le Président de la République réclame aujourd’hui. Certains Députés s’expriment un peu hâtivement : la vertu, ni le monde lui-même ne commencent avec eux.

Le temps des cimetières

Le temps des cimetières, du souvenir, du poids du temps déjà passé.. Mais ce n’est pas de cela que je veux écrire, mais de la minéralité de nos cimetières alors que nous sommes tous ou presque désireux de végétaliser la ville et de la repeindre aux couleurs de la nature.

Pierres tombales, petites chapelles, monuments orgueilleux.. Nos cimetières ne célèbrent pas cette symbiose entre la mort, la nature, la re-naissance, que la conscience universelle traduit en formules philosophiques, religieuses ou en simples mots (inhumation, enterrement..).

Certes, le temps du jour des morts et de la Toussaint voit refleurir les tombes. Mais les fleurs en pot, que le premier froid, le premier grand vent, abattra, montre bien la brièveté de cette floraison, son caractère circonstanciel, alors que c’est l’éternité de la nature qu’il faudrait célébrer. Les cimetières allemands sont de ce point de vue tellement plus éloquents et j’ose dire plus rassurants : fleurs en terre, arbustes se penchant sur de sobres pierres tombales dressées comme de minuscules menhirs au lieu de ces couvercles pesants dont nous couvrons les tombes pour être bien sûrs que les défunts ne s’en échapperont pas. Point d’oiseaux, point de saisons, point de vie dans nos cimetières, alors que c’est l’éternité du souvenir et la continuité de la vie au travers des générations que nous allons y chercher.

A Bordeaux, j’exprimerai en conseil municipal, ce souhait partagé de voir plus de vert entourer les défunts, réchauffer les voies qui nous font circuler entre eux ; plus d’oiseaux accompagner les paroles que nous leur disons en silence.. Et dans le bref espace laissé entre les tombes, des herbes vivaces apporter témoignage que la vie est toujours la plus forte.