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Les mots des médias ont un poids

Je déteste que les journalistes utilisent des mots qui impliquent un jugement. C’est particulièrement le cas dans les médias non écrits mais les textes écrits peuvent aussi y succomber.

L’affaire Bénalla et les auditions qui s’en suivent en donnent malheureusement force exemples. J’ai entendu déjà de nombreuses fois que Pierre ou Paul « se défaussait sur telle institution ou telle personne » ; c’est en soi une faute: un journaliste rapporte des faits, mais il n’a pas à les juger, moins encore de cette manière subreptice (ou alors il le fait à l’occasion d’une tribune, voire -et encore je n’en suis pas sûre- d’un éditorial signé)

Les auditions qui ont lieu en ce moment à l’Assemblée se font sous serment, dire que l’un ou l’autre « se défausse » en vient à dire que celui-ci ment et trahit son serment, ce qui passible de peine.

« Se défausser » veut dire à l’origine « abandonner (se débarrasser) d’une carte encombrante ou sans intérêt ». Il est utilisé aujourd’hui pour dire que l’on se débarrasse de sa responsabilité ce qui est grave quand il s’agit d’une personnalité détentrice d’un pouvoir au nom de l’Etat.

Si le journaliste a des doutes sur la sincérité de la personne entendue, il peut dire ou écrire « Selon lui .. » ou « selon ses affirmations.. » , mais exprimer que Pierre ou Paul a, a priori, l’intention de se décharger de sa responsabilité est une faute.

J’ai eu ce type de remarques quand le hollande bashing était à son comble, je l’ai de la même manière sous un autre gouvernement et concernant des Ministres ou des hauts fonctionnaires qui engagent leur honneur dans des auditions publiques et sous serment. Et si on assermentait aussi ceux qui les commentent ou, pour le moins, s’ils se sentaient eux-aussi tenus par un devoir de vérité et de neutralité ?