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Pour la France, pour la Gauche

Élue à plusieurs reprises sous le dossard du Parti Socialiste, je suis fière de le porter, aujourd’hui comme députée, hier comme ministre déléguée. Je pense même que c’est dans les périodes difficiles qu’il faut le porter d’autant plus haut et avec plus de force.

Dans une Europe fragilisée par les difficultés économiques et la crise des réfugiés, tous les partis de gouvernement sont aujourd’hui secoués. L’un vient aujourd’hui même d’être gravement désavoué, entraînant la sortie – plus grave encore – du Royaume Uni de l’Union Européenne.

De tous ces gouvernements, le nôtre est sans discussion celui qui se situe le plus à gauche. Ses engagements sont clairs mais il a, comme cette fois tous les autres, à affronter le poids de la réalité. La faible croissance (la nôtre se situera cette année dans la moyenne européenne) n’autorise pas autre chose qu’un grand sérieux budgétaire. Pour autant la courbe du chômage s’inverse enfin, malgré les stratégies politiques de deux syndicats et en premier lieu du MEDEF.

Les critiques sont plus aisées que l’effort, plus aisées aussi à traduire dans les médias que les résultats. Avec la grande majorité des élus socialistes, je ne suis pas prête à les subir sans non seulement résister, mais réagir, c’est à dire expliquer, démontrer, porter ce qui a été fait au Gouvernement comme au Parlement.

Que l’on ne croit pas que chacun d’entre nous n’ait pas de réserves sur tel point ou sur un autre : nous ne serions pas socialistes sinon. Mais ce qui nous unit, hier comme aujourd’hui, est sans commune mesure plus fort que ce qui nous divise ou même ce qui nous interroge

C’est pourquoi les 13 parlementaires PS de la Gironde* ont choisi de s’exprimer autour de plusieurs ministres du Gouvernement ce mercredi 29 juin à Bordeaux,  fief de l’un des 13 candidats aux primaires de la droite dont les propositions ultra libérales suffisent à démontrer que notre ancrage est, lui, bien à gauche.

Je vous invite à venir nombreux pour cet enjeu collectif (Athénée municipal de Bordeaux, 18h 30). Les interventions seront suivies d’un débat avec la salle, républicain et respectueux de chacun, ce qui est l’esprit même de notre Gironde et de la Nouvelle Aquitaine toute entière.

Soyons unis, soyons forts, soyons libres.

 

*Florent Boudié, Michèle Delaunay, Sandrine Doucet, Martine Faure, Pascale Got, Conchita Lacuey, Arnaud Leroy, Philippe Plisson, Marie Recalde, Alain Rousset, Gilles Savary (députés)
Alain Anziani, Françoise Cartron, Philippe Madrelle (sénateurs)

Un candidat sérieux

J’ai plus qu’au-delà de par-dessus la tête de lire ou d’entendre à Bordeaux, que la gauche ne dispose par de « candidat sérieux » pour affronter la droite aux prochaines municipales de 2020. Ce 20 février encore  dans un article de @sudouest (non encore en ligne) qui m’avait été présenté comme un « état du PS bordelais », sinon je n’y aurais pas répondu, comme j’ai décidé désormais de le faire quand il s’agit de parler de Juppé ou de Calmels à droite, de Vincent Feltesse ou de tout autre de mes amis à gauche. Mais là n’est que l’accessoire.

Qu’est-ce qu’un « candidat sérieux ». C’est très simple : c’est un candidat qui a des chances d’être élu, dans les circonstances du moment, avec le « bagage » qui est le sien (dans le cas: sa capacité d’affronter la difficulté des scrutins et, avec cette expérience, de l’emporter ), son adéquation aux attentes des électeurs et au terrain concerné.

Est-ce aux médias de décerner ce brevet ? Radicalement non. Deux sont légitimes au contraire à le faire : l’avis de ces électeurs, le « ressenti » qui est le leur , le vote du parti de l’éventuel candidat.

Je ne suis aucunement « une femme d’appareil ». Trop le sont, hommes ou femmes bien évidemment. Mais je crois en la démocratie d’un parti. Il faut pour être désigné et porter l’étiquette de quelque parti que ce soit, bénéficier du vote des militants de ce parti. Pour la négation de ce passage obligé, je me suis exprimée contre la distribution de fiefs et de titres à laquelle s’est adonné Alain Juppé en désignant sa successeure à la Mairie et les candidats aux deux circonscriptions recouvrant l’essentiel de la ville de Bordeaux.

Concernant l’élection municipale de 2020 à Bordeaux, et ma propre éventuelle candidature, j’ai toujours exprimé que ce n’était pas mon objet car je pensais qu’il fallait avoir l’objectif de deux mandats pour se porter candidat à tout scrutin municipal, les réalisations projetées demandant un temps souvent supérieur à 5 ans.

Alain Juppé, je l’avoue, de dix-huit mois mon ainé, m’a appris que je devais mieux appliquer ce que j’ai professé avec beaucoup de foi dans les deux années de mon Ministère. Hors impondérables (et le risque de ceux-ci augmente avec les années), l’âge ne doit être jamais une barrière, moins encore un sujet de discrimination.

Concernant la politique, je crois profondément qu’elle doit reproduire les équilibres de la société. Dans ce domaine plus que dans d’autres, l’âgisme (la glorification des jeunes comme universels modèles et solutions) est une stupidité. En politique, les jeunes ont toute leur place mais en aucun cas ils ne doivent avoir toute la place et y faire la totalité de leur carrière, au risque d’ en dépendre et de voir leurs belles idées s’affadir devant la nécessité de durer.

Aujourd’hui, fortement, clairement, SERIEUSEMENT, j’exprime que si je juge en avoir la force et l’envie, que si je pense comme aujourd’hui être une candidate sérieuse, ayant des chances sérieuses elles aussi de pouvoir réaliser ce sur quoi je m’engagerai, je serai candidate en 2020 à l’élection municipale de Bordeaux.

 

Départementales 2015 : sanction du parti de Gouvernement sur fond de forte abstention

Un électeur sur deux n’est pas allé voter hier, dimanche 29 mars, pour le 2e tour des élections départementales.

Ce simple constat montre bien le décalage entre les échéances politiques et les attentes des Français qui semblent ne plus se reconnaître dans leurs représentants et dans des institutions qui pourtant agissent et interviennent dans leur vie au quotidien.

Les prérogatives actuelles du Conseil départemental sont des missions régaliennes qui donnent peu de visibilité à l’action concrète (versement de l’APA, du RSA, entretien des routes…). La redistribution des aides financières en particulier, répondant à des règles nationales, contribue difficilement à montrer l’action politique d’un département.

Hier, la répartition des forces politiques sur le territoire français a profondément changé avec la perte pour la Gauche de 28 départements qui basculent à droite.

Si l’on compare les résultats à ceux des élections cantonales de mars 2011, on observe un rapport des forces similaire entre parti de Gouvernement et opposition (un différentiel entre 11 et 15 points), avec en parallèle une très forte augmentation de la part du Front National (+ 10 points) qui passe de 11,57% au 2nd tour de 2011 à 22,23% hier soir.

En 2011 :

Parti socialiste : 35,43%  => 50,23% pour la gauche parlementaire 
UMP : 20% => 35,56% pour la droite parlementaire

En 2015 :

Parti Socialiste + Union de la Gauche : 25,14%  => 32,12% pour la gauche parlementaire
UMP + Union de la Droite : 36,25% => 45,03 pour la droite parlementaire 

Alors que 28 départements basculent de gauche à droite, dont la très symbolique Corrèze où le canton de Tulle reste cependant à gauche, le Parti socialiste et l’Union de la Gauche ont enregistré de belles victoires.

La première, celle du département de la Lozère, seul département à basculer de droite à gauche à l’issue de ce scrutin, fruit d’un long travail de terrain depuis l’après-guerre.

En Loire-Atlantique, département qui conserve une majorité à gauche, tous les cantons de Nantes sont remportés par le Parti socialiste, preuve une fois encore que Jean-Marc AYRAULT a su préparer  à la fois sa succession sur le terrain et que l’impact de la bonne gestion de la ville, année après année, laisse une marque forte. Ce qui n’est pas le cas à Bordeaux.

Les trois ministres-candidats, Patrick KANNER, André VALLINI et Ségolène NEUVILLE ont également gagné dans leurs cantons respectifs.

Je tiens également à rendre un hommage tout particulier à Frédéric CUVILLIER, Maire de Boulogne-sur-mer où j’étais la semaine dernière pour une réunion publique, dont les deux cantons recouvrant sa ville sont restés à gauche.

Un salut particulier aussi à Françoise DUMAS, Députée du Gard, qui a su avec ses équipes sauver le département extrêmement à risque face au Front national.

Le résultat de ces élections, empreintes d’une très forte abstention (50,01%), montre que les Français sont plus prompts à la critique qu’au soutien ; j’inclus bien sûr les électeurs du Parti socialiste qui sont meilleurs pour s’opposer que pour donner du poids à une majorité.

En 2011, à l’issue du deuxième tour des élections cantonales, les titres des différents quotidiens ressemblent à ceux d’aujourd’hui avec cette mise en exergue d’une sanction du parti de Gouvernement : « La majorité présidentielle en proie à la confusion et aux déchirements » (Le Monde), « L’UMP enregistre un recul historique » (Le Figaro), « Cantonales 2011 : l’avertissement » (Libération), « Front national : de plus en plus de voix mais toujours aussi peu d’élus » (Le Figaro), « L’abstention record tempère la victoire du Parti socialiste » (Le Monde), « Cantonales : abstention record, UMP sanctionnée, poussée de la Gauche et du FN » (Sud Ouest), « L’UMP enregistre un recul historique » (Le Figaro). 

La droite, bien que victorieuse, ne doit éviter le  triomphalisme avec une abstention très élevée et une forte poussée du Front national qui même s’il ne remporte aucun département, aura une soixantaine d’élus contre 1 seul conseiller général sortant (qui n’a d’ailleurs pas été reconduit).

Je regrette vivement que Jérôme GUEDJ soit battu dans l’Essonne en raison en particulier de son action très innovante en faveur des âgés à la tête du Conseil général. Cela démontre  toutefois que la réponse du Parti socialiste n’est pas dans son aile gauche, les territoires dans lesquels les frondeurs constituent des personnalités prééminentes ne font pas de bons scores, à l’exception de Henri EMMANUELLI dans les Landes, dont la personnalité et la politique sont unanimement reconnus et salués.

Le Parti socialiste doit rassembler, d’abord SE rassembler et au-delà, rassembler ses partenaires afin de constituer une Gauche unie seule capable de réussir le redressement de la France.

La lumière viendra d’Afrique

Dix ans que j’en parle et huit dans ce blog.. Chaque visite en Afrique m’en a davantage convaincue : la lumière viendra d’Afrique.

Au sens propre et au figuré. L’ électrification de l’Afrique lui apportera sa revanche sur la dureté des conditions de vie dans une très grande partie de sa superficie du fait de la chaleur et de l’ensoleillement. L’énergie solaire y est surabondante et elle peut à elle toute seule permettre l’électrification du continent -et donc son développement- mais aussi celle de l’Europe à moindre coût.

Au sens figuré aussi : enfin un idéal que nous pouvons partager à la fois avec l’Afrique elle-même et entre les pays européens ! L’enjeu géopolitique est considérable. Grâce à ce futur, les relations nord-sud entre nos deux continents seront sur le principe gagnant-gagnant. Les solutions techniques existent.

Aujourd’hui, Jean-Louis Borloo a inauguré sa fondation « énergies pour l’Afrique », avec la venue imprévue de François Hollande à  ses côtés et devant un parterre d’industriels. A plusieurs reprises, j’ai regretté que le Parti Socialiste ne se soit pas emparé  de cet enjeu qui réunit environnement et cause sociale et qui peut constituer pour le XXIème siècle la lumière d’un idéal contemporain.

Je me réjouis que cet idéal trouve une forme et un porte parole. Combien j’ai souhaité que ma voix fût assez forte pour le faire se lever et enfler, sur les bancs de l’Assemblée, dans les médias. Le défi est aujourd’hui relevé et je salue celui qui en a eu la force et la ténacité.