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La politique est devenue un happening permanent

Est-il besoin de revenir sur l’auto-promotion de Jean-Luc Mélenchon se filmant en train de molester le procureur et les policiers venus perquisitionner son local ? C’est hier un député italien, élu de « la Ligue », qui a écrasé de sa chaussure les papiers de Pierre Moscovici pour protester contre le rejet du budget italien par la commission européenne. Même mise en scène spectaculaire dans les deux cas, même assurance de voir les images faire le tour des médias pendant plusieurs jours.

Le deuxième exemple démontre l’atmosphère délétère de l’Assemblée européenne et de l’Europe elle-même. Ses pères fondateurs en frémiraient, comme en frémissent tous ceux qui croient à cette grande idée devenue notre meilleure assurance-vie pour exister entre les blocs continentaux qui mènent le monde.

Les deux scènes, démontrent aussi l’avidité des médias, traditionnels et sociaux à relayer ces scènes de violence. J’ai envie de dire « on a les médias que l’on mérite » mais ce n’est qu’à moitié juste, car les médias façonnent nos attentes autant qu’ils y répondent.

Mais la plus grande responsabilité est celle des politiques eux-mêmes, qui à la fois bafouent les mandats qui leur ont été confiés et font semblant de méconnaitre le risque de contagion qu’ils induisent.

Dans tout cela, nous sommes nombreux à nous sentir mal.

Certains y voient la vierge et d’autres le démon..

Jean-Luc Mélenchon a vu la vierge dans le drapeau européen et a demandé pour cela sa suppression des estrades. Bien qu’un peu tardive, JLM ayant été député européen, cette révélation témoigne d’une spiritualité exigeante et ouverte à toutes les clartés, ce qui ne doit jamais manquer d’être salué.

De spiritualité, non plus que de symbolisme, on ne discute point. Un mien ami, au demeurant très spirituel et trouvant en toute chose une dose salvatrice de dérision, voyait dans tous les panneaux routiers triangulaires une allusion au sexe de la femme et appelait pour cela à les supprimer radicalement du bord des routes.

A la suite de JL Mélenchon, cette même radicalité se porte aujourd’hui sur la question de la laïcité. Selon @le_gofira (site moins connu mais également impartial que son presque homonyme), c’est aujourd’hui plusieurs députés d’opposition, pas les mêmes, qui s’élèvent au Parlement contre les sous-entendus maçonniques du panneau « Attention Ecole ». Sa forme triangulaire, déjà dénoncée de longue date par mon ami, associée à des silhouettes d’enfants, serait insidieusement propre à influencer de jeunes cerveaux et à les détourner de l’enseignement confessionnel, voire à les conduire à dénier les racines chrétiennes de la France.

Les uns voient la vierge, les autres le diable, les troisièmes ne voient rien. D’autres enfin, comme Vaclav Havel ne voient dans le drapeau européen, comme dans l’hymne européen, que la capacité des hommes à s’unir et, à l’occasion, à regarder les étoiles.

 

 

 

Sans cravate, sans culotte ou… sans pantalon ?

Jean Luc Mélenchon a fait le buzz plusieurs jours durant en déclarant que désormais les « sans cravate » seraient à l’Assemblée les dignes successeurs des « sans culotte ».

Moins révolutionnaire peut-être, mais plus spirituelle, Michèle Alliot Marie avait en son temps installé une petite révolution à l’Assemblée, dont les effets perdurent aujourd’hui dans un consensus général et pacifique.

L’interdiction du pantalon pour les femmes au sein de l’hémicycle n’a été levée que très récemment, alors même d’ailleurs que l’usage de ce vêtement était largement installé. La pionnière fut la Ministre biarrote à l’occasion de son premier portefeuille ministériel. Elle était alors une belle jeune femme très regardée et elle usait volontiers de ce privilège. Elle s’aventure ainsi un jour vers la tribune où elle allait s’exprimer dans un élégant tailleur pantalon…

Elle approchait des premières marches, qu’un huissier s’approche d’elle :

-« Madame la Ministre, puis-je vous rappeler que le pantalon est interdit dans cette enceinte … »

Michèle Alliot-Marie se retourne aussitôt vers ses collègues et lance, à très haute voix pour que chacun l’entende :

– « Qu’à cela ne tienne, Monsieur l’huissier, voulez-vous que je l’enlève ?  »

Rires étouffés mais généraux : le pantalon féminin avait fait son entrée dans la chambre haute … Il y demeure et pour ma part, je préfère cette façon de faire la révolution, à celle, péremptoire, du tribun Mélenchon..