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Augmentation du prix du tabac : le back office

Au 1er mars 2018, le paquet de cigarettes coûtera un euro de plus grâce à une hausse de la fiscalité amenant à une augmentation théorique de prix de 1,10 euros. Enfin, une mesure significative qui vient après celle de novembre dernier de 30 centimes et démontre la volonté incontestable de la Ministre de la santé de parvenir en novembre 2020 au paquet à 10 euros.

Cette mesure ne va cependant pas sans arrière-plans et sans surprises. Le leader du marché français Philip Morris qui détient la marque Marlboro  (25% des ventes en France) a décidé de réduire ses marges et de n’augmenter ses prix que de 0,70 euros, ce qu’il va récupérer largement en gagnant des parts de marché sur ses concurrents avec un paquet à 8 euros nets. Il est ainsi assuré de ne pas souffrir de la réduction globale des ventes qui est attendue.

Attendue en particulier par… les buralistes, qui ont eux aussi bien l’intention de n’en pas pâtir. Ils viennent de signer avec l’Etat un nouveau « contrat » augmentant de 100 millions d’euros les libéralités dont ils bénéficient déjà. Cette augmentation est présentée comme une aide à la diversification de leur activité , ce qui est formulé avec un vocabulaire finalement assez cynique « il s’agit de diminuer la dépendance des buralistes au tabac ».

Cent millions d’euros…  Pour (courte) mémoire, il y a 48 heures, le Président Macron s’est déplacé le 3 février au Sénégal pour annoncer une contribution de 200 millions d’euros au Partenariat mondial pour l’Education en Afrique ; la Ministre de la santé elle-même a promis un supplément de 50 millions d’euros au budget prévu pour les EHPAD. Le lien avec le contrat obtenu par les buralistes n’a été fait par personne. Et me vaudra certainement de généreuses insultes.