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Une forte odeur de stratégie politique

Très gênée par la forte odeur de stratégie politique du casting législatif de ces derniers jours ; les contorsions, les revirements, le dégagisme par l’âge au lieu d’examiner la durée de service dans le tunnel politique ; le parachutage de l’un qui l’a pourtant si souvent dénoncé, les lancements de mouvements aussi inopportuns qu’un vieux cassoulet à l’aube d’un monde nouveau, incertain, certes mais en tout cas nouveau …

Jamais je ne me suis sentie aussi solide dans ma liberté. J’ai adoré l’idée d’un rassemblement d’identités politiques, professionnelles, sociales, variées, d’un creuset de ferveurs, d’un appétit de futur, je cale aujourd’hui sur la logique d’un Parti unique ; d’une France politique qui ne serait plus en tous points métissée mais intellectuellement décolorée, uniformisée, « WHASPisée » , où la défense de la vulnérabilité serait un gros mot mais que pour autant celle du travail comme premier outil d’émancipation et de partage serait rangée aux oubliettes de l’histoire du socialisme comme de celle de l’émancipation des femmes.

Ni moi, ni ma complice et suppléante Emmanuelle Ajon n’avons modifié ces derniers mois, ni nos motifs d’engagements, quelquefois assez vifs et je dirais presque « virils », non plus que la couleur de notre dossard. Et aujourd’hui, c’est ce mélange de liberté, de loyauté et de solidité qui nous fait nous présenter ensemble au suffrage des Bordelais.

« On va s’en débarrasser cette fois ! »

C’est devant un parterre d’affidés qui tenaient bivouac sur un trottoir de la place Gambetta à Bordeaux qu’Alain Juppé a pris la parole pour dire tout le bien qu’il pensait de la candidate Les Républicains qui m’est opposée pour l’élection législative. Toute la majorité municipale était là, ce qu’il faut de personnel municipal, de membres du parti et de courtisans ordinaires.

Jusque-là, rien que de normal ou du moins d’habituel. Quelques phrases pour la candidate, davantage pour la députée en titre (ma pomme en l’occurrence)  qui a, outre le grand tort d’être d’une autre tendance politique que lui, mais aussi de l’avoir délogé de son mandat en 2007, puis d’être réélue en 2012, Alain Juppé s’étant retiré sans panache trois semaines avant le scrutin, les sondages lui étant défavorables. Ce retrait a été d’ailleurs curieusement gommé de toutes ses biographies comme des centaines d’articles qui lui ont été consacré en préparation des primaires de la droite…

On aurait pu attendre quelques éléments politiques pour motiver son choix et soutenir son discours. Un seul en fait est pour lui déterminant me concernant. Si le journal « sudouest » ne le mentionnait pas, on n’aurait sans doute pas cru la phrase dans la bouche d’un ancien Premier Ministre, qui se positionne en homme d’Etat

-« On va bien finir par s’en débarrasser cette fois ! » *

Alain Juppé souffre d’une maladie incurable : le vinaigre lui coule dans les veines. Le mépris lui vient aux lèvres comme un tic de langage, un bégaiement incontrôlable de la pensée. Nous en souffrons régulièrement au Conseil Municipal, où par exemple il parle systématiquement à sa voisine et dauphine quand nous prenons la parole pour bien montrer le peu de cas qu’il fait de son opposition. En 2007, entre les deux tours de la législative, Ségolène Royal était venue avec moi sur le terrain, entrainant derrière une foule qui croissait à chaque pas. Alain Juppé avait déclaré à la presse qui en avait fait un titre  « la candidate socialiste a fait venir le SAMU« . Trois jours après, il était battu.

Pour autant, je demeurerai dans mon attitude de respect, eu égard à ses fonctions. A l’issue de la Primaire qui l’avait vu largement distancé par François Fillon, j’avais demandé à notre groupe de n’y faire aucune allusion et de s’abstenir d’une opposition trop vigoureuse. Tous, sauf un, nous nous y étions conformés. De même et quoi qu’il en dise je ne l’attaque jamais « ad hominem », non plus que sur des questions privées ou passées. Cela aussi me parait relever de l’éthique en politique.

 

  • journal sud-ouest, le 5 avril 2017 (l’un de nous était aussi présent et l’a entendu)

« Fourbe et vicieuse »

« Fourbe et vicieuse », ainsi me qualifie mon concurrent ump en réunion publique, ajoutant aussitôt « j’assume ».

Heureusement tout cela est constaté et consigné. Instruite par la campagne cantonale de 2011 que dirigeait mon concurrent ump, je connais ses méthodes qui m’ont contraintes à prendre toutes dispositions juridiques.

Décidément, injure en réunion publique, éventuels piratages de comptes twitter, l’ump aux abois joue petit bras.

Merci !

Merci aux 15 589 Bordelais qui m’ont portée largement en tête du 1er tour de l’élection législative dans notre circonscription Bordeaux2Rives ;  4000 de plus qu’au premier tour de scrutin en 2007 et cette dynamique me parait valider le travail fait en leur nom à l’Assemblée nationale et à Bordeaux pendant les 5 années précédentes.

Avec 43,5% des suffrages, le tandem que nous formons avec Vincent Feltesse se situe 9 points au dessus de notre concurrent ump, alors que nous étions 9 candidats pour représenter la gauche et que cette première place apparaissait pour cette raison comme inatteignable.

L’ensemble de la gauche réunit 58% des suffrages et je salue Brigitte Comard pour le Front de Gauche et Marie Claude Noël pour Europe-Ecologie-LesVerts qui obtiennent respectivement 7,14 et 6,21 % des voix.

Un vent nouveau souffle sur Bordeaux.