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Logement social : un modèle au coeur du progrès social et de l’emploi

Le logement est notre place sur la terre, comme l’emploi notre place dans la société. Le «logement social » institution modèle est au cœur de l’un comme de l’autre. Cent cinquante ans d’âge mais toujours au cœur de l’innovation, de l’anticipation et, ce qui n’est pas négligeable, d’une gestion saine et responsable, sans actionnaires à satisfaire et avec une pleine conscience de son utilité.

Hier à Bordeaux, les débats économiques de @sudouest ont été l’occasion de décliner à l’échelon régional, l’inquiétude de l’ensemble des acteurs du secteur. Des interventions brillant par leur solidité et leur complémentarité auxquelles je rends hommage.

Cinquante pour cent des locataires du logement social appartiennent à la tranche des 25% les plus pauvres de notre pays. Sans lui, 11 millions de Français seraient à la rue, privés d’une part de leur identité et de leur dignité. Dans la région NouvelleAquitaine, ce sont 600 000 locataires qui comptent sur leur bailleur pour le présent comme pour l’avenir. Ce sont ces locataires qui seront les premiers pénalisés  par la décision subreptice, venue brutalement et sans concertation de faire payer au secteur la baisse de 5% des APL. Une facture de 1 milliard 800 0000 euros pour l’ensemble du secteur qui le prive, si rien n’est fait, de toute capacité d’investissement (réhabilitation, construction) alors que rarement le besoin n’a été si grand sur l’ensemble du territoire.

Bordeaux en est l’exemple, qui tarde à progresser pour atteindre le seuil minimal de 25% de logements sociaux, mais aussi les territoires ruraux ou semi-ruraux avec l’urgence de la réhabilitation des petits bourgs.

L’emploi est lourdement concerné par cette décision que l’on espère non définitive ; emploi dans le bâtiment puisque l’habitat social représente globalement 12% de toute l’activité du secteur (30% en nouvelleAquitaine) ; emploi aussi de l’ensemble des Français, car il ne peut y avoir de mobilité, si l’on n’a aucune chance de trouver un logement accessible dans la zone où l’on déniche un emploi.

C’est un effet domino lourd d’inquiétudes que provoque cette mesure : moins de construction, monisme réhabilitation, moins d’innovation, moins d’emplois dans le bâtiment qu’il s’agisse de grosses entreprises ou de PME), moins de mobilité… Et Hélas les effets dominos ne se font jamais que dans un sens et les pièces ne remontent jamais.

Le débat a été focalisé sur cette mesure hâtive du Gouvernement et ces effets, alors que nous aurions aimé mettre en valeur les avancées du logement social en matière de prise en compte de la transition démographique, du numérique et des économies d’énergies. Notons que cette mesure vient dans le projet de loi de finances (PLFSS) et qu’elle sera en contradiction totale du plan logement annoncé pour le printemps, lequel repose sur le « choc de l’offre » pour contrer l’enchérissement du foncier. Le choc sera pour le logement social, à l’inverse : ce sera celui du manque, particulièrement lourd et injuste pour ces 50% de locataires qui n’ont pas d’autre perspective, sinon des logements injustes dans le privé.

Collectivités, entreprises du batiment, PME, bailleurs et locataires, espérons que l’unité dont tous ont fait preuve hier à Bordeaux, comme la semaine dernière au congrès de l’ union HLM de Strasbourg,  fera positivement avancer le dossier.