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Chers vieux

Vous, je sais pas, mais moi, j’en suis sûre. J’ai reçu personnellement un courrier du Maire de Bordeaux, à mon adresse d’inscription sur les listes électorales.

Ce courrier fort civil au demeurant, je dirais presque cordial, me saluait pour mon âge et me proposait à ce titre de retirer en la Mairie de notre ville mon « pass senior ».

J’ai pensé d’abord qu’Alain Juppé saluait ainsi mon action ministérielle et mon engagement pour cette belle cause de l’âge. Las, il n’en était rien puisque tous mes proches et amis, nés avant 1948 avaient eux  aussi reçu un courrier personnel strictement identique.

Incrédule, je poursuivai mes investigations et j’allai de surprise en étonnement à découvrir que c’est bien l’ensemble des Bordelais de plus de 65 ans qui ont reçu un courrier timbré leur étant personnellement adressé.

Ce qui fait un total appréciable de 11 122 courriers. Je me suis tout d’abord réjouie qu’un nombre aussi élevé des ressortissants de mon Ministère habitent notre belle ville et soient en bons citoyens inscrits sur les listes électorales; pour autant, j’en suis venue peu après à regretter que notre pays n’ait plus la chance d’avoir un Ministre des postes : celui-ci se serait réjoui de l’apport substantiel et répété du Maire de Bordeaux à son budget.

 

Scène de la vie ordinaire à Bordeaux

Moment joyeux hier au Parc Rivière de Bordeaux. Le Maire avait invité par voie de presse les seniors à partager avec lui une « marche active » et rendez-vous avait été donné à 10 heures dans ce bel endroit.

Pour une fois dès le samedi matin dans ma ville,  je rejoins le jardin à 10 heures pile. Marche et éxercice physique sont la clef de la prévention non seulement de la fonte musculaire mais du maintien du capital cognitif. Oui, et c’est une des découvertes essentielles des recherches sur le vieillissement, les informations montant des muscles et de l’intention même du mouvement sont capables de reconnecter des neurones qui se laissaient un peu aller… Je ne manque donc aucune occasion d’en parler et d’illustrer cette thérapeutique somme toute assez simple et sympathique.

A la porte, je croise mon Maire qui repartait déjà, les journalistes sur ses talons. Cet excellent homme (je parle du Maire) avait devancé l’horaire pour être bien sûr qu’aucun dangereux gauchiste ne serait sur la photo du top départ. Vieille habituée de ces pratiques, j’en avais fait le pari : je l’ai une fois de plus gagné !

Il n’empêche, je salue ce sportif de petit fond  et l’invite à poursuivre la marche avec moi. Sans autre explication car les bienfaits en sont précieux dès son âge et le mien.

Je rejoins donc le groupe. Très réduit et à forte dominante des militants ump over-sexagénaires du canton dont j’ai été pendant 8 années l’élue. Les commentaires ne tardent pas :

– « Mais qu’est-ce qu’elle fait ici, celle-là ? A-t-elle même reçu l’invitation de not’ Maire ? »

Je me retourne et ferme le caquet de la dame, réputée pour son tempérament particulièrement acariâtre mais faisant toujours bon office au premier rang des conseils de quartier.

– Vous pensez bien, Madame, que le Maire de Bordeaux qui est un homme d’Etat ne ferait pas une telle faute de méconnaitre les usages républicains et d’omettre de m’inviter à toutes occasions !

La voilà dans la difficulté de douter de la qualité d’homme d’Etat de son hérault. Elle continue pour autant de grogner et d’invectiver ces socialos de grand chemin qui tels de vulgaires torchons se mêlaient aux nobles serviettes du quartier Tivoli.

Lasse de ses grognements, je me retourne avec un avis médical, tout aussi exact et approprié que les bénéfices de la marche nordique:

– Savez-vous bien, Madame, que tous les travaux actuels démontrent que l’irascibilité, la médisance, la rancoeur abrègent de dix années l’espérance de vie ?

Le ton était docte et sérieux. Pas assez sans doute pour convaincre ma mégère. Je décidai de mettre aussitôt une dernière couche :

– D’ailleurs, avez-vous fait depuis longtemps un scanner ?

Le petit groupe, qui n’était guère que d’une douzaine, finit de passer de la marche active à la marche trainante puis à la dispersion pure et simple.

 

 

Premier matin du reste de ma vie

Le jour se lève sur les murs oranges de l’ancien ministère des affaires sociales et c’est une interrogation, un voeu plutôt, presque une prière qui me réveille : puissé-je recommencer à écrire.

Depuis quelques jours impossibilité d’écrire sur ce blog, d’écrire tout court. Ce ne sont ni les événements, ni les chiffres qui ont manqué mais sans doute « le temps de cerveau disponible », celui que Patrick Lelay voulait utiliser à vendre ou à consommer de la pub sur TF1. Est-ce d’ailleurs « le temps de cerveau » ou au contraire le temps de son repos, le temps de vague où j’imagine les synapses se remettre à entrelacer leurs petites mains, à chercher ailleurs pour y trouver un doigt ami branché sur autre chose que l’immédiateté.

Toute la nuit -enfin un morceau- celui sur lequel j’ai été réveillée par le jour- a été occupé d’un étrange rêve : un malade mental, suivi à dix ans d’intervalle et que se dégradait et la personne à ses côtés, toujours la même (époux, épouse, médecin ?), qui vivait ses comportements chaque jour plus étranges et qui étaient en passe d’en faire une sorte d’épave grotesque que l’on devrait bientôt cacher.

Et aussitôt, dans cet étrange décor des hautes façades oranges de la partie ancienne du ministère des affaires sociales aujourd’hui réduite à l’entourage d’une petite cour où donnent mes deux fenêtres, j’ai pensé à Bordeaux.  Pas mon Bordeaux privé, pas même mon jardin qui s’éclaire lui aussi dans une gamme dense de verts frissonnants, mais ce Bordeaux politique dont nous parlions hier soir avec Vincent et Bertrand. Ce que j’ai voulu rendre matériel dans la ville, ma permanence parlementaire, comment la faire évoluer dans la nouvelle configuration qui est la nôtre ? La faire bouger ? L’installer ailleurs ? La faire vivre dans la même harmonie suractive qui fut celle de la campagne ?

Et puis, ma pomme. Après presque deux années de campagne (cantonale, primaires, présidentielle, législative), retrouver le fond. Le retrouver, pas y tomber ! Et retrouver le fond c’est bien davantage monter dans cette part du cerveau qui conçoit, qui se projette, qui met en forme et, finalement, qui écrit.

 

 

Inauguration du Mémorial pour les Républicains Espagnols

Samedi matin se tenait à la Base Sous Marine de Bordeaux, la commémoration du 81e anniversaire de la IIe République Espagnole et l’inauguration du Mémorial, à l’initiative de Monsieur José LOPEZ et de l’association du Mémorial pour les Républicains Espagnols présidée par Joan FABRA-GRATACOS.

Alain ANZIANI, Philippe MADRELLE, Emmanuelle AJON, Martine DIEZ étaient également présents pour cette commémoration symbolique au pied de l’immense Base Sous Marine construite par plus de 3000 espagnols contraints de fuir leur pays, dont 70 sont morts d’épuisements.

A la tribune, Michèle Delaunay n’a pas caché son émotion face à cette barbarie nazie qui entraina la souffrance de milliers d’espagnols mais aussi de français et étrangers obliés de participer à ce chantier morbide.

 

Logement : les chiffres sont têtus

Treize mille demandes de logement conventionné en 2011, 3 ans d’attente, et Bordeaux scotché autour de 15% de logement sociaux alors que le minimum légal est de 20%.

Ces chiffres résument la gravité du problème dans notre ville. S’y ajoute la mauvaise répartition de ces logements sociaux aggravant la ghettoisation croissante des quartiers.

Nous en parlerons ce soir à la maison cantonale de La Bastide avec Jean Yves le Bouillonec, responsable du pôle logement dans l’équipe de François Hollande.

Jean Yves fait partie de ces députés qui m’ont rendue fière, en arrivant à l’Assemblée, de faire partie de ces élus. D’une incroyable compétence, ne parlant jamais pour ne rien dire, gros travailleur, il n’est pas dans le groupe des stars de la politique. Et si c’était une preuve de grande qualité ?